Retraite en Nouvelle-Zélande en 2027 : où imposer pensions françaises et loyers ?

Retraite en Nouvelle-Zélande : où payer l’impôt ? Pensions et loyers français à examiner selon la résidence, la convention et l’exonération temporaire.

Un départ en Nouvelle-Zélande ne met pas fin à toute imposition française : les pensions françaises de sécurité sociale et les loyers d’un bien situé en France peuvent rester imposables en France. La résidence fiscale, la nature des revenus et les exonérations néo-zélandaises doivent être examinées selon les circonstances individuelles.

Cet article envisage un départ en 2027 ; l’exemple chiffré est illustratif et les seuils cités concernent exclusivement les revenus 2025, déclarés en 2026.

Un cas type : partir à la retraite tout en gardant des revenus français

Une personne retraitée envisage de vivre plusieurs années en Nouvelle-Zélande tout en percevant une retraite française et des revenus d’une location meublée en France. Trois questions doivent être traitées séparément : sa résidence fiscale, le pays autorisé à imposer chaque revenu et les modalités de déclaration.

Le visa, la conservation d’un compte bancaire français ou une adresse postale ne suffisent pas, isolément, à répondre à ces questions.

Comment déterminer la résidence fiscale ?

Il faut d’abord examiner les critères internes des deux pays. En France, le foyer, le séjour principal, l’activité professionnelle et le centre des intérêts économiques doivent être analysés : percevoir ses ressources depuis la France reste un élément important.

En Nouvelle-Zélande, la résidence fiscale peut notamment résulter d’un lieu de vie permanent ou d’une présence de plus de 183 jours sur une période de douze mois. Dans ce second cas, le début de résidence est rétroactif au premier jour retenu dans ce décompte. Le statut fiscal est distinct du statut d’immigration.

En cas de double résidence interne, l’article 4 de la convention examine successivement le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité. Une simple adresse postale et un logement réellement disponible ne sont pas équivalents.

Le régime transitoire néo-zélandais impose aussi de vérifier l’accès aux avantages conventionnels. L’analyse doit donc partir des conditions réelles de logement et d’assujettissement, sans présumer que le départ suffit.

Quelles pensions restent imposables en France ?

L’article 18 distingue les pensions liées à un emploi antérieur des pensions versées selon la législation de sécurité sociale. Ces dernières sont imposables uniquement dans l’État qui les verse, sous réserve de l’application de la convention.

L’administration française classe dans cette catégorie les retraites de base et les régimes complémentaires obligatoires, notamment Agirc-Arrco. Une pension privée facultative ne doit donc pas être assimilée automatiquement à ces retraites.

Pour les pensions françaises imposables en France d’un non-résident, une retenue à la source spécifique peut remplacer le prélèvement à la source ordinaire. Elle est partiellement libératoire ; son calcul exige le barème de l’année concernée et les montants effectivement versés.

Avant le départ, il convient de faire confirmer la catégorie de chaque pension par la caisse et de lui communiquer la résidence fiscale retenue. Les pensions restent à déclarer dans les rubriques adaptées, même lorsqu’une retenue a déjà été opérée.

Location meublée en France : calculer le résultat avant l’impôt

La convention permet à la France d’imposer les revenus d’un immeuble français. Un départ à l’étranger ne supprime donc pas les obligations déclaratives de la location.

Pour une activité relevant du LMNP au régime réel, le montant pertinent est le résultat fiscal, et non les loyers bruts. Les charges admises, les intérêts d’emprunt et les amortissements utilisables influencent ce résultat. Le remboursement du capital d’un emprunt ne se confond pas avec une charge d’intérêts.

La liasse 2031 et ses annexes permettent de déterminer le résultat, ensuite reporté sur la 2042 C PRO. Le maintien du statut non professionnel et les obligations exactes doivent être vérifiés à partir de l’activité réellement exercée.

Taux minimum ou taux moyen ?

Pour les revenus 2025, le taux minimum applicable aux revenus français concernés des non-résidents est de 20 % jusqu’à 29 579 €, puis 30 % au-delà. Ce seuil ne constitue pas un barème garanti pour 2027.

Sur demande et justification des revenus mondiaux, un taux moyen plus favorable peut s’appliquer aux revenus imposables en France.

Exemple illustratif : pour un résultat locatif imposable de 3 000 € entièrement soumis au minimum de 20 %, l’impôt correspondant serait de 600 €, avant prélèvements sociaux et autres particularités du dossier. Ce calcul ne porte pas sur les loyers encaissés et ne préjuge pas du taux moyen.

Les prélèvements sociaux doivent être examinés séparément, selon le régime d’affiliation et les règles de l’année concernée. Cet exemple n’est pas un budget fiscal total.

Que change le régime de résident transitoire néo-zélandais ?

Une personne éligible peut bénéficier automatiquement, une seule fois, d’une exonération temporaire sur la plupart de ses revenus étrangers, notamment les loyers. Il faut notamment ne pas avoir été résident fiscal néo-zélandais au cours des dix années précédentes.

L’exonération dure environ quatre ans. Ses dates de début et de fin suivent des tests distincts : la fin ne se calcule pas systématiquement en ajoutant 48 mois au mois d’arrivée. Il faut vérifier les dates de présence et l’existence d’un lieu de vie permanent.

Les revenus d’emploi ou de prestations personnelles ne bénéficient pas de cette exonération générale.

À son expiration, les revenus étrangers concernés entrent dans le champ néo-zélandais, sous réserve de la convention. Pour les loyers, le crédit d’impôt français s’apprécie dans les limites conventionnelles : il ne garantit pas l’absence de complément à payer. Les bases fiscales des deux pays peuvent différer.

Quelles déclarations prévoir pour un départ en 2027 ?

Si la résidence fiscale est effectivement transférée en cours d’année 2027, la déclaration déposée au printemps 2028 distingue :

  • les revenus de la période de résidence française, sur la 2042 ;

  • les revenus français imposables après le départ, sur la 2042-NR, avec les annexes nécessaires.

Le changement d’adresse doit être signalé au service des impôts. Les caisses de retraite doivent également être informées, avec des renseignements cohérents avec la situation déclarée.

En Nouvelle-Zélande, conserver les preuves de présence et de logement aide à établir le calendrier fiscal. Une déclaration IR3 peut devenir nécessaire selon les revenus imposables ; l’année fiscale néo-zélandaise court du 1er avril au 31 mars.

La couverture santé constitue un dossier distinct. Une conclusion sur l’impôt ne permet pas de déduire automatiquement les droits aux soins ou les assurances exigées par le visa.

Questions fréquentes

Un visa de visiteur empêche-t-il de devenir résident fiscal ?

Non. Les critères fiscaux néo-zélandais s’appliquent indépendamment de la catégorie du visa.

Une adresse conservée en France suffit-elle à y maintenir la résidence ?

Non, pas à elle seule. Il faut examiner l’usage réel du logement, les liens personnels et économiques et, si nécessaire, la convention.

Toutes les retraites françaises suivent-elles la même règle ?

Non. La qualification de pension de sécurité sociale, privée ou publique détermine la disposition conventionnelle applicable.

Le taux minimum de 20 % est-il inévitable sur les loyers ?

Non. Un taux moyen inférieur peut être demandé, avec justification des revenus mondiaux ; il s’applique s’il est plus favorable.

L’exonération néo-zélandaise couvre-t-elle automatiquement cinq années ?

Non. Sa durée est d’environ quatre ans, avec des dates à établir selon les critères fiscaux ; un séjour plus long nécessite d’anticiper la période suivante.

Sources

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles évoluent chaque année et le traitement applicable dépend de la situation exacte.

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