Retour en Belgique depuis le Luxembourg en 2026 : que déclarer pour les revenus 2025 et 2026 ?
Retour en Belgique depuis le Luxembourg en 2026 : que déclarer ? Comptes, pensions, loyers et dividendes dépendent du statut fiscal.

Pour les revenus 2025, une personne encore résidente fiscale au Luxembourg reste en principe non-résidente belge : elle ne déclare en Belgique que ses revenus de source belge, par exemple des revenus immobiliers belges. Les comptes luxembourgeois ne doivent être déclarés en Belgique qu’à partir du moment où la personne devient résidente fiscale belge, avec une déclaration au PCC et une mention annuelle en IPP. Le traitement exact dépend toutefois de la situation individuelle.
Les chiffres et dates ci-dessous sont illustratifs et concernent principalement l’année de revenus 2025 et l’année de revenus 2026, avec dépôt des déclarations correspondantes en 2026 et 2027.
Pour les revenus 2025 : rester non-résident belge
Lorsqu’une personne a résidé et travaillé toute l’année au Luxembourg en 2025, elle est en principe considérée comme non-résidente belge pour cette année-là.
Dans ce cas, elle ne doit pas introduire une déclaration ordinaire à l’impôt des personnes physiques belge, mais une déclaration à l’impôt des non-résidents — personnes physiques.
Le fait de revenir vivre en Belgique en 2026 ne modifie pas rétroactivement le statut fiscal de l’année 2025. La résidence fiscale s’apprécie année par année.
Pour la déclaration INR relative aux revenus 2025, l’adresse fiscale de référence reste donc celle du pays de résidence durant l’année concernée. Si la personne est déjà revenue en Belgique au moment du dépôt, elle peut communiquer sa nouvelle adresse belge comme adresse de correspondance, tout en restant imposée comme non-résidente pour l’année 2025.
La déclaration INR pour les revenus 2025 s’ouvre, selon les informations reprises dans l’analyse, le 3 septembre 2026 et court jusqu’au 20 novembre 2026. Le dépôt se fait de préférence en ligne via MyMinfin.
Revenus immobiliers belges : loyers réels ou revenu cadastral ?
Pour un non-résident qui détient un ou plusieurs biens immobiliers en Belgique, les revenus immobiliers belges doivent en principe être repris dans la déclaration belge.
Lorsque les biens sont loués à des particuliers qui les affectent à leur habitation privée, la base imposable n’est généralement pas le loyer réellement encaissé. Elle est calculée sur la base du revenu cadastral indexé majoré de 40 %.
Une déclaration à l’impôt des non-résidents est requise lorsque l’ensemble des revenus immobiliers belges atteint le seuil de 2.500 €.
En pratique, pour un contribuable qui possède plusieurs biens immobiliers belges, ce seuil peut être rapidement atteint. Il est donc important de vérifier les revenus cadastraux et la nature exacte de l’occupation des biens.
Les comptes luxembourgeois doivent-ils être déclarés pour 2025 ?
Non, pas en principe, si la personne était encore résidente fiscale luxembourgeoise pendant toute l’année 2025.
L’obligation belge de déclarer les comptes étrangers vise les habitants du Royaume, c’est-à-dire les résidents fiscaux belges. Tant que la personne est non-résidente belge, ses comptes luxembourgeois ne doivent pas être déclarés au Point de contact central de la Banque nationale de Belgique ni mentionnés dans une déclaration IPP belge.
Il n’y a donc pas d’obligation déclarative belge rétroactive pour les comptes luxembourgeois détenus avant le transfert de résidence en Belgique.
Année 2026 : une année de transition fiscale
L’année de revenus 2026 peut être une année charnière lorsqu’une personne transfère sa résidence du Luxembourg vers la Belgique en cours d’année.
La situation se divise alors généralement en deux périodes :
avant le transfert de résidence : la personne reste non-résidente belge et la Belgique ne peut imposer que certains revenus de source belge ;
après le transfert de résidence : la personne devient résidente fiscale belge et la Belgique tient compte de ses revenus mondiaux, sous réserve des conventions préventives de double imposition.
Concrètement, l’année du retour en Belgique peut impliquer une articulation entre une déclaration de non-résident pour la période antérieure et une première déclaration de résident pour la période postérieure.
Pour les revenus 2026, cette première déclaration de résident sera en principe déposée en 2027.
À partir de quand déclarer les comptes luxembourgeois au PCC ?
L’obligation commence lorsque la personne devient résidente fiscale belge.
À partir de ce moment, les comptes détenus à l’étranger doivent être déclarés au Point de contact central des comptes et contrats financiers, généralement appelé PCC, auprès de la Banque nationale de Belgique.
Cette déclaration au PCC est une démarche distincte de la déclaration fiscale annuelle. Elle doit être effectuée par le contribuable lui-même, en indiquant notamment :
le numéro du compte ;
le nom de la banque ;
le code BIC ;
le pays ;
l’année d’ouverture du compte.
Sont visés notamment les comptes courants, les comptes d’épargne et les comptes-titres détenus à l’étranger.
Dans un cas de retour en Belgique en 2026, la déclaration au PCC doit en principe être faite au plus tard lors du dépôt de la première déclaration IPP belge relative aux revenus 2026, donc en 2027.
Mention annuelle dans la déclaration IPP : cadre XIII, code 1075
En plus de la déclaration unique au PCC, le contribuable doit mentionner chaque année ses comptes étrangers dans sa déclaration belge.
Cette mention se fait au cadre XIII, rubrique A, code 1075.
Il faut indiquer l’existence des comptes étrangers, le titulaire, le pays, et confirmer que les comptes ont bien été communiqués au PCC.
Cette obligation existe même si le contribuable reçoit une proposition de déclaration simplifiée. Dans ce cas, il faut vérifier la proposition et la corriger si les comptes étrangers n’y figurent pas correctement.
Revenus des comptes luxembourgeois après le retour en Belgique
Une fois résident belge, le contribuable doit aussi tenir compte des revenus et opérations liés à ses comptes luxembourgeois.
Les intérêts perçus sur des comptes luxembourgeois doivent en principe être déclarés en Belgique, car la banque luxembourgeoise ne retient pas le précompte mobilier belge.
Les opérations de bourse effectuées via un compte-titres luxembourgeois peuvent également entraîner des obligations belges, notamment la taxe sur les opérations de bourse, à déclarer et payer soi-même.
Si la valeur moyenne d’un compte-titres dépasse 1.000.000 €, la taxe annuelle de 0,15 % sur les comptes-titres peut également devoir être déclarée spontanément lorsque l’intermédiaire étranger ne s’en charge pas.
L’analyse mentionne également qu’à partir du 1er janvier 2026, une taxe belge de 10 % sur certaines plus-values réalisées sur actifs financiers peut devoir être prise en compte, avec une exonération annuelle de base. Une planification peut donc être utile avant des cessions importantes de titres après l’installation en Belgique.
Le fisc belge reçoit-il automatiquement les informations luxembourgeoises ?
Oui, mais dans certaines limites.
Le Luxembourg participe à l’échange automatique international d’informations financières, notamment via la norme CRS. Lorsqu’une banque luxembourgeoise connaît la nouvelle résidence fiscale belge de son client, elle peut transmettre des informations à l’administration luxembourgeoise, qui les relaie ensuite au fisc belge.
Les informations transmises peuvent comprendre :
l’identité du titulaire ;
les numéros de comptes ;
les soldes en fin d’année ;
les intérêts ;
les dividendes ;
certains produits bruts de cession.
En pratique, les informations relatives à l’année du transfert de résidence peuvent parvenir au fisc belge l’année suivante. L’administration peut alors comparer ces données avec la déclaration IPP et demander des explications en cas de discordance.
Pour les années où la personne était encore résidente luxembourgeoise, la Belgique ne peut en principe pas imposer les revenus mobiliers luxembourgeois. Le point sensible est surtout la preuve de la date réelle du transfert de résidence.
Il est donc recommandé de conserver les pièces utiles : désinscription à l’étranger, inscription communale en Belgique, bail ou acte de logement, documents professionnels, fiches de pension et correspondance bancaire.
Délais de contrôle : 3, 4 ou 7 ans selon les cas
Pour les années où la personne est résidente belge, l’administration dispose de délais de contrôle et d’imposition.
L’analyse reprend les délais suivants depuis la réforme de 2025, applicable rétroactivement à l’exercice d’imposition 2023 :
3 ans en situation ordinaire ;
4 ans en cas d’absence de déclaration ou de dépôt tardif ;
7 ans en cas de fraude, avec notification préalable et écrite d’indices précis de fraude.
La jurisprudence citée dans l’analyse rappelle aussi que l’administration ne peut pas utiliser des fiches CRS relatives à certaines années pour taxer par simple extrapolation des années qui ne sont pas couvertes par ces informations.
La meilleure protection reste de déclarer correctement les comptes étrangers et les revenus concernés dès la première année de résidence belge.
Pensions luxembourgeoises et belges : qui impose quoi ?
Le traitement des pensions dépend de leur nature et de la convention préventive de double imposition applicable.
Pour une pension légale luxembourgeoise versée au titre d’une carrière dans le secteur privé, l’analyse indique que la pension devrait rester imposable au Luxembourg même après le retour en Belgique, lorsqu’elle est versée en application de la législation sociale luxembourgeoise.
La Belgique doit toutefois en être informée. Elle peut l’exonérer, mais la prendre en compte pour déterminer le taux applicable aux autres revenus via la réserve de progressivité. Elle peut également intervenir dans le calcul de la taxe communale.
Une pension belge du secteur privé est, quant à elle, en principe imposable en Belgique lorsque le bénéficiaire devient résident belge. Pour la période antérieure au transfert de résidence, elle peut déjà relever de l’imposition belge comme revenu de source belge.
Il faut donc bien distinguer :
la source de la pension ;
le régime légal dont elle dépend ;
la période de résidence fiscale ;
la convention applicable.
Dividendes d’actions belges : récupération possible du précompte
Pour une personne résidente fiscale luxembourgeoise qui perçoit des dividendes d’actions belges, la convention belgo-luxembourgeoise peut limiter le précompte belge à 15 %.
Si un précompte belge de 30 % a été retenu à la source, il peut être possible de demander le remboursement de la différence, soit 15 points, via le formulaire 276 Div.
Cette récupération peut concerner les dividendes perçus pendant la période de résidence luxembourgeoise, y compris jusqu’au transfert effectif de résidence en Belgique.
Après l’installation comme résident belge, le précompte de 30 % devient en principe libératoire. Il reste toutefois possible de récupérer, via la déclaration IPP, le précompte relatif à la première tranche exonérée de dividendes, soit environ 833 € de dividendes par contribuable, correspondant à environ 250 € de précompte récupérable.
Et si le conjoint a un statut fiscal international particulier ?
Certaines situations familiales peuvent compliquer la première déclaration belge après un retour en Belgique.
C’est notamment le cas lorsque le conjoint bénéficie d’un statut fiscal particulier, par exemple en tant que fonctionnaire d’une institution européenne ou internationale.
Pour les fonctionnaires des institutions européennes, l’analyse rappelle que les traitements européens sont exonérés d’impôt national et que la personne peut être réputée conserver son domicile fiscal dans son État d’origine.
En pratique, cela peut limiter l’impact direct des revenus européens du conjoint sur l’impôt belge de l’autre époux. Mais les modalités exactes dépendent notamment :
de l’année du mariage ;
de la résidence fiscale de chacun ;
de la nature des revenus ;
de l’existence d’une imposition commune ou séparée ;
de l’éventuel quotient conjugal ;
des règles patrimoniales ou successorales applicables.
L’année du mariage, les époux sont en principe encore imposés isolément. Une analyse dédiée peut donc être utile avant la première déclaration commune ou lorsque plusieurs pays sont impliqués.
Frequently asked questions
Dois-je déclarer mes comptes luxembourgeois pour les revenus 2025 si je reviens en Belgique en 2026 ?
En principe non, si vous étiez encore résident fiscal luxembourgeois pendant toute l’année 2025. L’obligation belge de déclarer les comptes étrangers naît lorsque vous devenez résident fiscal belge.
Quand dois-je déclarer mes comptes luxembourgeois au PCC ?
La déclaration au PCC doit être faite à partir du moment où vous devenez résident belge. Dans un retour en Belgique en 2026, elle doit en principe être faite au plus tard lors du dépôt de la déclaration IPP relative aux revenus 2026.
Les loyers de biens belges loués à des particuliers sont-ils taxés sur les loyers réels ?
Pas en principe lorsque les biens sont loués à des particuliers qui les utilisent comme habitation privée. La base imposable est généralement le revenu cadastral indexé majoré de 40 %.
Une pension luxembourgeoise reste-t-elle imposée au Luxembourg après un retour en Belgique ?
Selon l’analyse, une pension légale luxembourgeoise issue du secteur privé peut rester imposable au Luxembourg lorsqu’elle est versée en application de la législation sociale luxembourgeoise. La Belgique peut toutefois la prendre en compte pour le taux applicable aux autres revenus.
Le fisc belge reçoit-il automatiquement les informations de mes comptes luxembourgeois ?
Oui, lorsque la banque luxembourgeoise connaît votre résidence fiscale belge, des informations peuvent être transmises via la norme CRS. Il est donc important que les comptes et revenus concernés soient correctement repris dans la déclaration belge.
Puis-je récupérer une partie du précompte sur des dividendes belges ?
Oui, dans certains cas. Un résident luxembourgeois peut demander le remboursement de la partie du précompte belge qui dépasse le taux conventionnel de 15 %, et un résident belge peut récupérer le précompte lié à la première tranche exonérée de dividendes.
Sources
Déclaration à l’impôt des non-résidents — SPF Finances — https://fin.belgium.be/en/private-individuals/tax-return/non-resident/tax-return
Impôt des non-résidents : revenus immobiliers — https://www.pim.be/faq-items/declaration-a-limpot-des-non-residents/
Déclarer des comptes étrangers au PCC — Banque nationale de Belgique — https://www.nbb.be/en/central-credit-registers/central-point-contact-accounts-and-financial-contracts-cpc-5
Cadre XIII : déclaration des comptes étrangers — https://billy.tech/guide/fiscalite/impot/ipp/declaration-impot/cadre-13-declaration-comptes-etrangers/
Déclarer vos comptes à l’étranger — Wikifin (FSMA) — https://www.wikifin.be/fr/impots-emploi-et-revenus/declaration-dimpots/vos-revenus-mobiliers/declarer-vos-comptes-letranger
Comptes à l’étranger et échange automatique (CRS/FATCA) — SPF Finances — https://fin.belgium.be/en/private-individuals/international/foreign-income-accounts/accounts
Les délais fiscaux de contrôle et d’imposition — La Libre — https://www.lalibre.be/economie/decideurs-chroniqueurs/2026/02/17/3-4-7-ou-10-ans-que-signifient-vraiment-les-delais-fiscaux-J3XXDTLU2ZDGPG6EBN46RPIQT4/
Taxation basée sur les fiches CRS : limites — Afschrift Tax & Legal — https://www.afschrift.com/2023/05/24/taxation-basee-sur-les-echanges-dinformations-automatiques-crs-uniquement-pour-les-annees-visees-par-linformation-crs/
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales changent chaque année et le traitement correct dépend de la situation exacte, des montants, des dates, des conventions applicables et des documents disponibles.
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