RSII en Belgique : peut-on demander le régime impatrié après le délai de 3 mois pour les revenus 2025 ?
RSII après 3 mois en Belgique ? La demande est en principe hors délai, sauf vérification de la date d’entrée et des conditions exactes.

En principe, une demande de régime spécial des contribuables impatriés introduite après le délai de trois mois suivant l’entrée en fonction en Belgique risque fortement d’être irrecevable. Le RSII n’est pas automatique : il doit être demandé par l’employeur auprès du SPF Finances, et le délai est prévu sous peine de déchéance. La réponse dépend toutefois de la date réelle d’entrée en fonction et de la situation exacte du contribuable.
Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent les revenus 2025 — exercice d’imposition 2026, notamment après la réforme applicable aux rémunérations payées ou attribuées à partir du 1er janvier 2025.
Le RSII n’est pas automatique
Le régime spécial des contribuables impatriés, souvent appelé RSII, permet, sous conditions, d’appliquer un traitement fiscal favorable à certains travailleurs recrutés à l’étranger ou mis à disposition en Belgique.
Mais ce régime ne s’applique pas simplement parce qu’une personne arrive de l’étranger pour travailler en Belgique. Il doit être demandé formellement par l’employeur ou la société auprès du SPF Finances.
Le dossier comprend notamment :
le formulaire de demande RSII ;
l’attestation signée par le contribuable impatrié ;
le contrat de travail ou un document équivalent ;
le calcul détaillé de la rémunération brute annuelle.
Le SPF Finances indique que le formulaire et ses annexes doivent être transmis dans un seul fichier PDF, par e-mail ou via MyMinfin, au nom de l’entreprise.
Le délai de trois mois est le point central
La demande doit être introduite dans les trois mois suivant l’entrée en fonction en Belgique.
Ce délai est particulièrement important, car il n’est pas présenté comme un simple délai administratif indicatif. Il est prévu sous peine de déchéance. En pratique, cela signifie qu’une demande tardive peut être considérée comme irrecevable.
Par exemple, si un travailleur commence effectivement à travailler en Belgique vers la fin de l’année 2025, l’employeur doit en principe introduire le dossier dans les trois mois qui suivent cette entrée en fonction. Une demande introduite seulement plusieurs mois plus tard, en 2026, présente donc un risque élevé de rejet pour dépôt tardif.
L’absence de première déclaration fiscale belge ne change pas cette conclusion. Le délai de demande du RSII n’est pas lié au dépôt de la déclaration à l’impôt des personnes physiques. Il est lié à la date d’entrée en fonction en Belgique.
De même, le fait que le travailleur soit déjà soumis au précompte professionnel belge est normal, mais cela ne prolonge pas le délai de demande du régime impatrié.
Exemple anonymisé : salarié recruté depuis l’étranger avec une rémunération élevée
Prenons le cas typique d’un salarié recruté depuis un pays voisin par une entreprise belge, avec un contrat à durée indéterminée et une rémunération brute annuelle d’environ 100.000 €.
Sur le fond, un tel profil peut sembler favorable, car la rémunération dépasse le seuil prévu par le régime réformé. Depuis la réforme applicable aux rémunérations payées ou attribuées à partir du 1er janvier 2025, le seuil de rémunération du RSII est de plus de 70.000 € par année civile.
Le régime peut permettre d’exonérer fiscalement certaines dépenses propres à l’employeur répétitives jusqu’à 35 % de la rémunération brute. Pour une rémunération brute annuelle d’environ 100.000 €, cela représente une enveloppe théorique d’environ 35.000 €.
Attention toutefois : ce montant n’est pas automatiquement un gain net pour le travailleur. Tout dépend :
de la structure de rémunération ;
de ce que l’employeur accepte de mettre en place ;
du traitement en payroll ;
de l’accord préalable de l’administration ;
et du respect de toutes les conditions du régime.
Le RSII fonctionne en principe via une prise en charge ou un remboursement de frais propres à l’employeur. Il ne s’agit pas d’une déduction que le travailleur pourrait réclamer seul dans sa déclaration fiscale.
Les conditions de fond restent à vérifier
Même lorsque le délai a été respecté, le travailleur doit encore remplir les conditions de fond du régime.
Pendant les 60 mois précédant l’entrée en fonction en Belgique, le contribuable ne doit notamment pas :
avoir été résident fiscal belge ;
avoir résidé à moins de 150 km de la frontière belge ;
avoir été soumis à l’impôt belge des non-résidents sur des revenus professionnels belges.
La condition des 150 km est souvent sous-estimée. Une personne peut ne jamais avoir vécu en Belgique, mais avoir résidé dans une zone proche de la frontière belge. Dans ce cas, le régime peut poser difficulté.
Il faut aussi vérifier si le travailleur a déjà travaillé en Belgique ou perçu des revenus professionnels imposables en Belgique durant les 60 mois précédents.
La mesure transitoire 2025 ne sauve pas tous les dossiers tardifs
La réforme récente du régime prévoit une mesure transitoire pour certains contribuables entrés en fonction entre le 1er janvier 2025 et le 9 janvier 2026.
Mais cette mesure vise principalement les personnes qui ne remplissaient pas l’ancien seuil de rémunération de plus de 75.000 €, tout en remplissant désormais le nouveau seuil de plus de 70.000 €.
Elle ne permet donc pas nécessairement de corriger tous les dossiers tardifs. Par exemple, un travailleur qui dépassait déjà l’ancien seuil de 75.000 € ne peut pas automatiquement s’appuyer sur cette mesure pour rouvrir un délai expiré.
En outre, cette fenêtre transitoire devait elle-même être utilisée au plus tard le 9 avril 2026.
Ce qu’il faut vérifier avant de conclure que le dossier est perdu
Avant de conclure définitivement qu’une demande RSII est impossible, plusieurs vérifications pratiques sont utiles.
La première concerne la notion exacte d’entrée en fonction en Belgique. Il faut vérifier si la date retenue correspond :
à la signature du contrat ;
à la date Dimona ;
à la première fiche de paie ;
à la première prestation effective en Belgique ;
ou à une période de travail effectuée depuis l’étranger avant l’arrivée effective.
Cette distinction peut être importante. Si la signature du contrat a eu lieu avant le début réel des prestations en Belgique, il peut exister une discussion sur le point de départ du délai de trois mois.
La deuxième vérification consiste à demander à l’employeur ou au secrétariat social de confirmer par écrit si une demande RSII a déjà été introduite. Dans certaines entreprises, une démarche peut avoir été lancée par un secrétariat social ou un mandataire sans que le travailleur en ait une vision claire.
Si aucune demande n’a été introduite, l’employeur ne peut pas simplement appliquer le régime dans le payroll ou requalifier une partie de la rémunération en frais propres à l’employeur sans accord préalable de l’administration.
Une demande tardive reste possible matériellement, mais risquée fiscalement
Un employeur peut encore matériellement envoyer un dossier au SPF Finances après l’expiration du délai. Mais fiscalement, les chances d’acceptation sont faibles si la date réelle d’entrée en fonction en Belgique confirme que les trois mois sont dépassés.
Si une demande tardive est malgré tout introduite, elle devrait être présentée comme une demande motivée, avec :
un dossier complet ;
une explication claire du retard ;
les justificatifs relatifs à la date réelle d’entrée en fonction ;
les preuves de résidence antérieure ;
et les éléments démontrant que les conditions du régime sont remplies.
Il ne faut toutefois pas créer de fausse attente. Le simple fait que l’employeur ignorait l’existence du régime ou n’avait pas l’habitude de recruter à l’étranger ne constitue normalement pas un motif suffisant pour neutraliser un délai prévu sous peine de déchéance.
La marche à suivre en pratique
Lorsqu’un travailleur pense être éligible au RSII mais découvre que la demande n’a pas été introduite à temps, la démarche prudente consiste à agir rapidement.
Il faut d’abord demander à l’employeur et au secrétariat social si une demande a déjà été déposée. Ensuite, il faut vérifier la date exacte d’entrée en fonction effective en Belgique et la comparer au délai de trois mois.
Il faut également contrôler l’adresse de résidence étrangère des 60 mois précédents, en particulier la distance par rapport à la frontière belge.
Enfin, seulement s’il existe un argument sérieux sur la date de début ou une circonstance objectivable, l’employeur peut envisager d’introduire un dossier motivé auprès du SPF Finances. Mais sur base des règles rappelées ci-dessus, l’issue la plus probable d’un dépôt tardif reste une irrecevabilité.
Questions fréquentes
Peut-on demander le RSII après trois mois en Belgique ?
En principe, une demande introduite après le délai de trois mois suivant l’entrée en fonction en Belgique risque fortement d’être irrecevable. Le délai est prévu sous peine de déchéance.
Le travailleur peut-il demander lui-même le régime impatrié ?
Non. Le RSII doit être demandé par l’employeur ou la société auprès du SPF Finances. Le travailleur signe une attestation, mais il ne peut pas appliquer seul le régime dans sa déclaration fiscale.
L’absence de déclaration fiscale belge prolonge-t-elle le délai RSII ?
Non. Le délai de demande du RSII n’est pas lié à la première déclaration fiscale belge. Il dépend de la date d’entrée en fonction en Belgique.
Quel est le seuil de rémunération pour le RSII à partir de 2025 ?
Depuis la réforme applicable aux rémunérations payées ou attribuées à partir du 1er janvier 2025, le seuil est de plus de 70.000 € par année civile.
Le régime permet-il d’exonérer 35 % du salaire ?
Le régime peut permettre d’exonérer certaines dépenses propres à l’employeur répétitives jusqu’à 35 % de la rémunération brute. Ce n’est pas automatiquement un gain net ni une déduction personnelle dans la déclaration du travailleur.
La règle des 150 km peut-elle bloquer le régime ?
Oui. Pendant les 60 mois précédant l’entrée en fonction en Belgique, le contribuable ne doit pas avoir résidé à moins de 150 km de la frontière belge. Cette condition doit être vérifiée avec précision.
Sources
SPF Finances — Contribuables et chercheurs impatriés — https://finances.belgium.be/fr/entreprises/personnel_et_remuneration/contribuables-et-chercheurs-impatries
SPF Finances — Formulaire de demande RSII — https://finances.belgium.be/sites/default/files/downloads/122-formulaire-demande-statut-contribuable-impatrie-RSII.pdf
SPF Finances — Attestation du contribuable impatrié RSII — https://finances.belgium.be/sites/default/files/downloads/122-attestation-contribuable-impatrie-RSII.pdf
Circulaire 2026/C/51 — Modifications du régime spécial d’imposition des impatriés — https://blog.oeccbb.be/fr/article/circulaire-2026c51-relative-aux-modifications-apportees-au-regime-special-dimposition-pour-les-contribuables-impatries-et-au-regime-special-dimposition-pour-les-chercheurs-impatries/30928
Liantis — Déchéance en cas de dépôt tardif du dossier RSII/RSICI — https://www.liantis.be/fr/nouvelles/modification-du-regime-special-dimposition-pour-les-contribuables-et-chercheurs
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent évoluer chaque année, et le traitement correct dépend toujours des dates, montants, documents et circonstances exactes de chaque situation.
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