Chèque habitat wallon : peut-on encore le déclarer après un regroupement de crédits pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026 ?
Revenus 2025 : chèque habitat après regroupement ? Oui, seulement pour la part du prêt admissible. Cadre wallon, calcul et délais.

Oui, un regroupement de crédits ne fait pas nécessairement perdre tout droit au chèque habitat wallon. En revanche, l’avantage fiscal ne peut généralement être maintenu que pour la partie du nouveau crédit qui refinance réellement l’ancien prêt hypothécaire admissible. La réponse dépend toujours de la ventilation exacte du crédit et de la situation individuelle.
Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent principalement les revenus 2025, exercice d’imposition 2026, avec un rappel possible pour les exercices antérieurs encore corrigeables.
Le principe du chèque habitat wallon
Pour les emprunts conclus à partir du 1er janvier 2016 et jusqu’au 31 décembre 2024, le régime applicable en Wallonie est en principe celui du chèque habitat, pour autant que les conditions soient respectées.
Le chèque habitat n’est pas une simple déduction fiscale. Il s’agit d’une réduction d’impôt, éventuellement convertible en crédit d’impôt.
Il vise notamment certains emprunts liés à :
l’achat d’une habitation ;
la construction d’une habitation ;
le refinancement d’un contrat conclu à partir du 1er janvier 2016.
Les conditions principales portent notamment sur :
l’acquisition d’une habitation propre ;
l’occupation de cette habitation ;
le caractère unique de l’habitation ;
un emprunt garanti par une inscription hypothécaire ;
une durée minimale de 10 ans ;
un plafond de revenus à ne pas dépasser.
Dans un cas classique, un prêt hypothécaire conclu en 2017 pour acheter une habitation propre et unique située en Wallonie peut donc entrer dans le champ du chèque habitat, si les autres conditions sont remplies.
Le regroupement de crédits ne doit pas être traité en bloc
La difficulté apparaît lorsqu’un propriétaire a, quelques années plus tard, regroupé plusieurs crédits dans un nouveau financement.
Par exemple, un nouveau crédit conclu en 2021 peut avoir servi à reprendre à la fois :
le solde restant dû d’un prêt hypothécaire initial conclu pour l’achat de l’habitation ;
un prêt travaux ;
éventuellement certains frais liés au regroupement.
Dans ce cas, il ne faut pas automatiquement considérer que tout le nouveau crédit donne droit au chèque habitat.
Il faut distinguer les différentes composantes du regroupement.
La partie qui refinance l’ancien prêt d’achat peut rester admissible
La partie du nouveau crédit qui sert réellement à rembourser le solde restant dû de l’ancien prêt hypothécaire admissible peut, en principe, continuer à relever du chèque habitat.
La logique est la suivante : lorsqu’un prêt qui ouvrait droit au chèque habitat est refinancé, le refinancement peut conserver le régime fiscal initial, mais uniquement dans la mesure où il refinance effectivement l’ancien emprunt admissible.
Le refinancement ne peut pas servir à :
créer un avantage fiscal plus large que celui du prêt initial ;
inclure des montants qui n’étaient pas admissibles ;
prolonger artificiellement la durée de l’avantage fiscal.
C’est donc la ventilation du nouveau crédit qui devient déterminante.
La partie liée aux travaux est plus délicate
Un prêt destiné uniquement à financer des travaux ne donne pas automatiquement droit au chèque habitat wallon.
Les travaux peuvent parfois être pris en compte lorsqu’ils sont directement liés à l’acquisition, par exemple dans une opération d’achat avec rénovation. En revanche, un prêt travaux conclu séparément ou plusieurs années après l’achat est généralement plus difficile à faire entrer dans le régime du chèque habitat.
Lorsqu’un regroupement de crédits mélange un prêt d’achat admissible et un prêt travaux non admissible, l’administration peut refuser que l’ensemble du nouveau crédit soit déclaré au chèque habitat.
Cela ne signifie pas nécessairement que tout l’avantage est perdu. Cela signifie surtout qu’il faut isoler la partie fiscalement admissible.
Exemple illustratif de ventilation
Prenons un exemple simplifié.
Un propriétaire wallon a acheté son habitation propre et unique avec un prêt hypothécaire admissible conclu en 2017. En 2021, il regroupe plusieurs crédits dans un nouveau financement.
Le nouveau crédit reprend environ :
80.000 € de solde restant dû de l’ancien prêt d’achat ;
20.000 € liés à un prêt travaux.
Dans cette situation, la position la plus prudente n’est pas de déclarer tout le nouveau crédit au chèque habitat.
La bonne approche consiste plutôt à identifier les intérêts et amortissements qui se rapportent à la partie de 80.000 € refinançant le prêt d’achat initial, et à exclure la partie correspondant aux 20.000 € de travaux, sauf si ces travaux peuvent eux-mêmes être fiscalement rattachés à l’acquisition.
La difficulté pratique est que les attestations bancaires ne ventilent pas toujours clairement les deux parties. Il peut donc être nécessaire de demander à la banque une attestation complémentaire ou un courrier explicatif.
Combien peut représenter le chèque habitat ?
Le montant du chèque habitat dépend notamment :
des revenus nets imposables ;
du nombre d’enfants à charge ;
des remboursements effectivement payés ;
de la partie du crédit réellement admissible ;
du nombre d’années pendant lesquelles le contribuable a déjà bénéficié de l’avantage.
Le montant variable maximal est de 1.520 €. À cela peut s’ajouter un forfait de 125 € par enfant, réparti entre les parents lorsqu’il y a deux parents concernés.
Pour les revenus supérieurs au seuil indexé, l’avantage diminue progressivement.
Le chèque habitat est accordé à 100 % les dix premières fois, puis réduit de moitié les dix dernières fois, avec un maximum de 20 avantages au cours de la vie du contribuable.
À titre purement indicatif, pour un contribuable avec un revenu professionnel annuel autour de 40.000 € à 45.000 €, un enfant à charge et une partie admissible suffisante du crédit, l’avantage annuel peut encore représenter un montant significatif, par exemple autour de 1.300 € à 1.600 €.
Ce montant doit toutefois être réduit si seule une partie du crédit regroupé est admissible.
La perte du chèque habitat n’explique pas toujours tout l’impôt à payer
Lorsque le chèque habitat disparaît de la déclaration, l’impôt final peut augmenter sensiblement.
Mais il faut éviter de conclure trop vite que tout l’impôt à payer provient uniquement de cette suppression.
Le montant final dépend aussi :
du précompte professionnel retenu par l’employeur ;
de la taxe communale ;
de la situation familiale ;
des autres réductions d’impôt ;
des éventuels changements de revenus ;
de la manière dont les retenues ont été calculées pendant l’année.
Le chèque habitat peut donc expliquer une partie importante de la variation, mais il doit être analysé dans l’ensemble de l’avertissement-extrait de rôle.
L’acceptation passée par le SPF Finances ne garantit pas les années suivantes
Le fait que l’administration ait accepté l’avantage fiscal pendant une ou plusieurs années ne garantit pas définitivement le droit pour les années suivantes.
Les conditions peuvent être vérifiées annuellement.
Cela dit, une acceptation passée peut être utile dans un dossier, surtout si le contribuable a déclaré les montants sur base des attestations bancaires reçues, sans modification substantielle de sa situation personnelle.
En pratique, il est préférable d’obtenir une position écrite et motivée plutôt que de se limiter à un échange téléphonique.
Que faire pour les années passées ?
Pour les années où l’emprunt n’a pas été déclaré ou a été refusé, il faut examiner chaque avertissement-extrait de rôle séparément.
Les années à vérifier peuvent notamment être :
revenus 2022, exercice d’imposition 2023 ;
revenus 2023, exercice d’imposition 2024 ;
revenus 2024, exercice d’imposition 2025 ;
revenus 2025, exercice d’imposition 2026.
Si l’avertissement-extrait de rôle est encore dans le délai ordinaire, une réclamation motivée peut être envisagée.
Le délai ordinaire est d’un an à compter de l’envoi de l’avertissement-extrait de rôle, selon les règles applicables à l’envoi papier ou à la mise à disposition électronique via MyMinfin.
Si ce délai est dépassé, une procédure de dégrèvement d’office peut parfois être envisagée, notamment lorsqu’une réduction d’impôt n’a pas été correctement appliquée. Le délai peut alors être de cinq ans à compter du 1er janvier de l’exercice d’imposition concerné.
L’argument à développer ne doit pas être que tout le regroupement est fiscalement admissible. L’argument le plus solide est plutôt que la partie du regroupement correspondant au refinancement du prêt d’achat initial reste admissible au chèque habitat.
Les documents à préparer
Pour défendre correctement le dossier, il faut pouvoir reconstituer le regroupement de crédits.
Les documents utiles sont notamment :
le contrat du prêt hypothécaire initial ;
le tableau d’amortissement initial ;
les attestations fiscales annuelles de l’ancien prêt ;
le contrat de regroupement de crédits ;
le tableau d’amortissement du nouveau crédit ;
le décompte de remboursement de l’ancien prêt au moment du refinancement ;
le décompte du prêt travaux repris dans le regroupement ;
les attestations fiscales émises par la banque depuis le regroupement ;
les avertissements-extraits de rôle des exercices concernés ;
tout courrier écrit de l’administration fiscale.
L’objectif est d’établir un tableau de ventilation année par année, montrant quelle partie des intérêts et amortissements se rapporte au refinancement admissible, et quelle partie se rapporte aux travaux ou à d’autres montants non admissibles.
Questions fréquentes
Le regroupement de crédits fait-il perdre automatiquement le chèque habitat wallon ?
Non. Le regroupement de crédits ne fait pas nécessairement perdre tout droit au chèque habitat. La partie qui refinance réellement l’ancien prêt hypothécaire admissible peut rester prise en compte, si les conditions sont remplies.
Peut-on déclarer tout le nouveau crédit regroupé au chèque habitat ?
Pas nécessairement. Si le nouveau crédit finance à la fois un ancien prêt d’achat admissible et un prêt travaux, il faut généralement ventiler les montants. La partie non admissible ne doit pas être déclarée comme si elle ouvrait droit au chèque habitat.
Un prêt travaux donne-t-il droit au chèque habitat en Wallonie ?
Un prêt travaux conclu séparément ou plusieurs années après l’achat ne donne généralement pas automatiquement droit au chèque habitat. Les travaux doivent être analysés selon leur lien réel avec l’acquisition de l’habitation.
Que faire si la banque n’a pas ventilé le regroupement ?
Il est utile de demander à la banque une attestation complémentaire ou un courrier détaillant les montants repris dans le regroupement. La ventilation est souvent l’élément central pour défendre la partie admissible du crédit.
Peut-on récupérer le chèque habitat pour des années déjà imposées ?
Oui, dans certains cas. Selon l’état de l’avertissement-extrait de rôle, il peut être possible d’introduire une réclamation ou une demande de dégrèvement d’office. Les délais doivent être vérifiés année par année.
Le chèque habitat est-il une déduction fiscale ?
Techniquement, non. Le chèque habitat wallon est une réduction d’impôt, éventuellement convertible en crédit d’impôt, et non une simple déduction au sens strict.
Sources
Wallonie — Bénéficier du chèque Habitat — https://www.wallonie.be/fr/demarches/beneficier-du-cheque-habitat
Wallex — Décret wallon du 20 juillet 2016 relatif au Chèque Habitat — https://wallex.wallonie.be/eli/loi-decret/2016/07/20/2016204052/2016/01/01
SPF Finances — Emprunt hypothécaire et assurance-vie individuelle — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/avantages-fiscaux/emprunt-hypothecaire-assurance-vie-individuelle
SPF Finances — Réclamation et dégrèvement d’office — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/avertissement-extrait-de-role/reclamation
SPF Finances/Fisconet — Circulaire 2026/C/61 relative aux avantages fiscaux pour les emprunts hypothécaires en Région wallonne — https://www.minfin.fgov.be/myminfin-web/pages/public/fisconet/document/3ad28698-291f-441c-8bbd-51d79c4a423a
Ce contenu présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer d’une année à l’autre, et le traitement correct dépend toujours des documents, des montants exacts et de la situation individuelle du contribuable.
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