LLC au Wyoming depuis la Belgique : faut-il déclarer les revenus en Belgique pour l’année de revenus 2026 ?

LLC au Wyoming depuis la Belgique : les revenus restent déclarables en Belgique. Fiscalité, TVA, comptes étrangers et statut étudiant.

Oui. Un résident belge qui crée une LLC américaine mais gère l’activité depuis la Belgique doit en principe déclarer en Belgique les revenus liés à cette activité. Le fait que la LLC soit immatriculée au Wyoming ne suffit pas à rendre l’activité fiscalement étrangère. Le traitement exact dépend toutefois de la structure, des flux, de la TVA, du statut social et de la situation personnelle.

Les montants et seuils ci-dessous sont donnés à titre illustratif et se rapportent principalement à l’année de revenus 2026.

Une LLC américaine ne rend pas l’activité invisible en Belgique

Créer une LLC au Wyoming peut avoir un intérêt juridique ou opérationnel aux États-Unis. Mais, pour un résident fiscal belge, la question principale n’est pas seulement le lieu d’immatriculation de la société. Il faut regarder où l’activité est réellement gérée.

Si une personne vit en Belgique, prend ses décisions commerciales depuis la Belgique, gère le site, les publicités, les commandes, le service client et les paiements depuis la Belgique, l’activité conserve un lien fiscal fort avec la Belgique.

Un résident fiscal belge doit déclarer ses revenus mondiaux, y compris les revenus provenant de l’étranger ou transitant par une structure étrangère. Une LLC américaine ne doit donc pas être vue comme une solution permettant de ne rien déclarer en Belgique.

Deux lectures fiscales peuvent se présenter.

D’abord, la LLC peut être traitée comme une structure transparente ou quasi transparente pour le résident belge. Dans ce cas, les bénéfices de l’activité sont en pratique analysés comme des revenus professionnels personnels.

Ensuite, la LLC peut être considérée comme une société étrangère distincte. Même dans ce cas, si sa direction effective, son administration ou son principal établissement se trouvent en Belgique, l’administration belge peut considérer qu’il existe des obligations déclaratives en Belgique, voire une imposition belge de la société selon les faits.

Les revenus à déclarer ne se limitent pas aux montants retirés

Une erreur fréquente consiste à penser qu’il ne faut déclarer en Belgique que les montants transférés depuis la LLC vers le compte privé. Ce raisonnement est trop simpliste.

Dans une activité e-commerce ou dropshipping structurée, il faut pouvoir déterminer :

  • le chiffre d’affaires total ;

  • les ventes par pays ;

  • les frais de publicité ;

  • les frais de plateforme e-commerce ;

  • les frais de paiement ;

  • les achats de produits ;

  • les frais de livraison ;

  • les remboursements clients ;

  • les frais bancaires ;

  • les frais liés à la LLC ;

  • les frais comptables ;

  • les frais liés à la TVA, à l’IOSS ou à la douane.

En impôt belge, ce n’est généralement pas le chiffre d’affaires brut qui est imposé comme tel, mais le bénéfice net : recettes moins frais professionnels admissibles.

En revanche, pour la TVA, le raisonnement est différent. La TVA dépend notamment du pays du client, du lieu d’importation, de la valeur des colis, du rôle du vendeur et des règles applicables aux ventes à distance.

Une activité organisée sera rarement un simple revenu occasionnel

Un e-commerce structuré avec site internet, publicité payante, fournisseurs, moyens de paiement, plateforme de vente et objectif de chiffre d’affaires régulier ressemble à une activité professionnelle organisée.

Même si l’activité démarre modestement, elle peut difficilement être présentée comme un revenu purement occasionnel si elle est préparée, répétée et exploitée dans un but lucratif.

La qualification prudente est donc celle de revenus professionnels, avec les conséquences qui en découlent :

  • inscription correcte à l’activité indépendante ;

  • obligations comptables ;

  • déclaration des revenus nets ;

  • éventuelles cotisations sociales ;

  • analyse TVA ;

  • suivi des comptes étrangers ;

  • conservation des justificatifs.

Les comptes étrangers doivent aussi être analysés

Une LLC étrangère s’accompagne souvent de comptes ou services de paiement étrangers : compte bancaire américain, compte Wise Business, Payoneer, Stripe, PayPal Business ou autre solution similaire.

En Belgique, les comptes bancaires étrangers doivent être communiqués au Point de contact central et mentionnés dans la déclaration fiscale. Certains comptes de paiement peuvent également devoir être déclarés lorsqu’ils sont liés à une activité professionnelle ou lorsqu’ils ne servent pas uniquement à de simples paiements techniques de courte durée.

La prudence consiste donc à documenter tous les comptes utilisés pour l’activité et à vérifier lesquels doivent être déclarés.

La LLC peut aussi poser la question des constructions juridiques

Une LLC américaine peut, selon sa qualification fiscale exacte, son régime d’imposition aux États-Unis et son fonctionnement concret, soulever la question d’une construction juridique à mentionner dans la déclaration belge.

Il ne faut pas conclure automatiquement que toute LLC est toujours visée de la même manière. Mais lorsque la LLC est détenue par un résident belge et utilisée pour exploiter une activité depuis la Belgique, ce point doit être analysé avant la création.

En pratique, il peut être nécessaire de vérifier si l’annexe 276 CJC est pertinente dans la situation concernée.

TVA, franchise TVA et ventes à distance depuis un pays tiers

Dans un modèle de dropshipping où les produits sont expédiés depuis un pays tiers vers des clients européens, la TVA est un point central.

En Belgique, le régime de franchise TVA est limité à 25.000 € de chiffre d’affaires annuel, avec un calcul proratisé en cas de début d’activité en cours d’année. Un projet visant environ 50.000 € de chiffre d’affaires annuel ne doit donc pas être construit sur l’idée que la franchise TVA restera durablement applicable.

Pour les ventes à distance de biens importés dans l’Union européenne, tous les biens importés sont en principe soumis à la TVA. Le système IOSS peut être utilisé pour les ventes de biens importés d’une valeur ne dépassant pas 150 €.

L’IOSS permet en pratique de facturer la TVA du pays du client au moment de la vente et de la déclarer via le guichet prévu. Sans ce mécanisme, le client peut devoir payer la TVA et des frais de dédouanement à la livraison, ce qui augmente les risques de refus de colis, litiges et remboursements.

Il faut aussi tenir compte de l’évolution annoncée par la Commission européenne : une redevance douanière forfaitaire de 3 € pour certaines importations de faible valeur est prévue à partir du 1er juillet 2026 et jusqu’au 1er juillet 2028. Pour un modèle de petits colis importés depuis un pays tiers, cela peut avoir un impact important sur les marges.

Vendre au Royaume-Uni nécessite une analyse séparée

Depuis le Brexit, le Royaume-Uni suit un régime distinct.

Pour les ventes directes de biens situés hors du Royaume-Uni à des clients britanniques, lorsque la valeur du colis ne dépasse pas 135 £, le vendeur peut devoir comptabiliser la TVA britannique au point de vente, sauf cas spécifique, notamment certaines ventes via marketplace.

Un vendeur belge utilisant une LLC américaine ne doit donc pas supposer que le système TVA européen règle automatiquement les ventes au Royaume-Uni. Une analyse spécifique de la UK VAT est nécessaire avant de lancer ce marché.

Statut étudiant-indépendant et cotisations sociales

Pour un étudiant qui lance une activité e-commerce depuis la Belgique, le statut d’étudiant-indépendant peut être pertinent si les conditions sont remplies.

Pour 2026, l’INASTI indique que l’étudiant-indépendant ne paie pas de cotisations sociales si son revenu net imposable comme indépendant reste inférieur à 8.687,04 € par an. Des cotisations réduites s’appliquent entre 8.687,04 € et 17.374,08 €. À partir de 17.374,08 €, les cotisations sont dues comme pour un indépendant à titre principal.

Il faut bien distinguer le chiffre d’affaires et le bénéfice net. Un e-commerce peut réaliser environ 50.000 € de chiffre d’affaires mais dégager un bénéfice beaucoup plus faible, voire une perte, si les frais de publicité, de produits, de livraison, de retours et de TVA sont élevés.

Le quota étudiant pour les cotisations sociales réduites dans le cadre d’un job étudiant est de 650 heures par an. L’activité e-commerce indépendante ne correspond pas à ces heures de job étudiant, mais les revenus de l’activité peuvent influencer la situation fiscale globale.

Risque de ne plus être fiscalement à charge

Un étudiant ou jeune adulte qui est encore fiscalement à charge d’un proche doit vérifier l’impact de son activité indépendante.

Pour l’année de revenus 2026, un enfant peut rester à charge si ses ressources nettes ne dépassent pas 12.300 €. Une activité e-commerce peut donc faire perdre cet avantage si le bénéfice net devient significatif.

Ce n’est pas nécessairement une raison de ne pas lancer l’activité, mais cela doit être intégré dans le calcul global. La perte de la qualité de personne à charge peut augmenter l’impôt de la personne qui bénéficiait de cet avantage fiscal.

Logement social : les revenus peuvent avoir un impact

Lorsqu’une personne vit dans un logement social, les revenus du ménage peuvent influencer le loyer, certaines conditions ou certaines obligations d’information.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’un revenu e-commerce entraîne la perte du logement. Mais si l’activité devient rentable, les revenus peuvent avoir une conséquence sur le calcul du loyer ou sur la situation du ménage.

Avant de lancer une activité avec un objectif de chiffre d’affaires significatif, il est prudent de vérifier les obligations d’information auprès de l’organisme de logement social ou d’un assistant social.

Obligations américaines de la LLC

Créer une LLC au Wyoming entraîne aussi des obligations américaines.

Pour une LLC américaine détenue à 100 % par une personne étrangère et traitée comme disregarded entity, l’IRS prévoit notamment des obligations déclaratives, dont le Form 5472 accompagné d’un Form 1120 pro forma dans certains cas. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des pénalités importantes aux États-Unis.

Le Wyoming impose également des obligations de maintien, notamment un rapport annuel et une license tax, avec un minimum indiqué à 60 USD selon les informations du Secretary of State.

Concernant la déclaration des bénéficiaires effectifs aux États-Unis, FinCEN indique actuellement que les sociétés créées aux États-Unis sont exemptées de l’obligation de déclaration BOI, tandis que certaines entités étrangères enregistrées pour faire des affaires aux États-Unis peuvent encore être concernées. Cela ne signifie pas pour autant que le propriétaire réel sera anonyme : banques, prestataires de paiement, registered agents et plateformes peuvent demander l’identité du bénéficiaire effectif.

Une LLC ne doit pas servir à contourner une suspension de plateforme

Certains entrepreneurs envisagent une LLC étrangère pour apparaître sous une autre identité auprès de plateformes publicitaires ou de paiement.

C’est risqué. Une structure fiscale ou sociétaire ne doit pas être utilisée comme outil de contournement d’une suspension de plateforme. Google Ads interdit notamment les comportements visant à contourner ses systèmes, par exemple en créant ou utilisant d’autres comptes pour éviter les conséquences d’une suspension.

Google peut aussi demander une vérification de l’annonceur et suspendre ou limiter la diffusion si la vérification n’est pas complétée ou si les informations ne correspondent pas.

D’un point de vue fiscal, créer une LLC uniquement pour ne pas être reconnu par une plateforme publicitaire est une mauvaise base de structuration. La meilleure approche consiste à traiter le problème à la source : audit du site, des produits, des mentions légales, des politiques de livraison et de retour, puis demande de réexamen si possible.

La structure la plus prudente pour démarrer

Pour un résident belge qui démarre une activité e-commerce depuis la Belgique, la structure la plus simple est souvent un cadre belge clair au départ :

  • étudiant-indépendant ou indépendant personne physique si les conditions sont remplies ;

  • numéro d’entreprise ;

  • analyse TVA et IOSS avant les ventes ;

  • comptabilité simple mais complète ;

  • suivi des comptes de paiement ;

  • calcul de rentabilité réel ;

  • passage éventuel plus tard en SRL belge si l’activité grandit.

Une SRL belge peut devenir pertinente si l’activité se développe, si les risques commerciaux augmentent ou si l’entrepreneur souhaite mieux séparer son patrimoine privé de l’activité. Mais elle n’est pas toujours la meilleure première étape pour un modèle encore non testé.

Une structure étrangère comme une LLC ne devrait être envisagée que si elle a une vraie justification commerciale, bancaire ou opérationnelle, et pas seulement une logique d’anonymat ou de simplification apparente.

Les calculs à faire avant de lancer

Avant toute vente, il faut calculer la rentabilité par produit vendu, en intégrant :

  • le prix de vente TTC ;

  • le coût du produit ;

  • la livraison ;

  • les frais de paiement ;

  • les frais de plateforme ;

  • la TVA du pays du client ;

  • les frais IOSS éventuels ;

  • les frais de douane ou redevances sur petits colis ;

  • les frais publicitaires ;

  • les remboursements ;

  • les litiges ;

  • les frais comptables ;

  • les cotisations sociales ;

  • l’impôt belge.

Beaucoup de projets de dropshipping semblent rentables avant TVA, publicité et retours clients, puis deviennent déficitaires une fois tous les coûts intégrés.

La route la plus prudente est donc de clarifier le cadre fiscal belge, la TVA, les comptes étrangers, les obligations sociales et la rentabilité avant de créer une structure étrangère.

Frequently asked questions

Faut-il déclarer une LLC américaine en Belgique si on vit en Belgique ?

Oui, si vous êtes résident fiscal belge et que vous gérez l’activité depuis la Belgique, les revenus liés à l’activité doivent en principe être déclarés en Belgique. Le traitement exact dépend de la qualification de la LLC et de son fonctionnement réel.

Est-ce que je dois déclarer seulement l’argent que je retire de la LLC ?

Pas nécessairement. Il faut analyser l’activité complète : chiffre d’affaires, frais, bénéfice net, comptes étrangers et éventuelle qualification de la structure. Se limiter aux montants retirés peut être fiscalement insuffisant.

Une LLC au Wyoming permet-elle d’éviter la TVA belge ou européenne ?

Non. La TVA suit les flux de marchandises, le pays du client, la valeur des colis et le rôle du vendeur. Pour des ventes importées dans l’Union européenne, l’IOSS peut être pertinent pour les colis ne dépassant pas 150 €.

Puis-je rester étudiant-indépendant avec une activité e-commerce ?

Oui, si les conditions sont remplies, mais il faut surveiller le revenu net imposable. Pour 2026, les seuils importants sont 8.687,04 € et 17.374,08 €.

Une activité via LLC peut-elle faire perdre le statut de personne fiscalement à charge ?

Oui, si les ressources nettes deviennent trop élevées. Pour l’année de revenus 2026, le seuil cité pour rester à charge est de 12.300 €.

Une LLC peut-elle résoudre un blocage Google Ads ou Merchant Center ?

Il ne faut pas créer une LLC pour contourner une suspension de plateforme. Les règles Google interdisent les comportements de contournement, et l’identité du bénéficiaire effectif peut être demandée par les plateformes, banques et prestataires de paiement.

Sources

  1. SPF Finances — Revenus étrangers — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/international/revenus-comptes-etrangers/revenus

  2. SPF Finances — Comptes à l’étranger — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/international/revenus-comptes-etrangers/comptes

  3. SPF Finances — Déclaration à l’impôt des sociétés — https://finances.belgium.be/fr/entreprises/impot_des_societes/declaration

  4. SPF Finances — Régime de franchise TVA — https://finances.belgium.be/fr/entreprises/tva/assujettissement-tva/regime-franchise-taxe

  5. SPF Finances — IOSS et ventes de biens depuis des pays tiers — https://finances.belgium.be/fr/entreprises/tva/e-commerce/oss/vente-biens-de-pays-tiers

  6. Commission européenne — Redevance temporaire sur les importations de faible valeur — https://taxation-customs.ec.europa.eu/news/guidance-and-legal-text-temporary-flat-fee-low-value-imports-which-will-apply-until-1-july-2028-2026-06-08_en

  7. GOV.UK — TVA sur les biens vendus directement à des clients UK — https://www.gov.uk/guidance/vat-and-overseas-goods-sold-directly-to-customers-in-the-uk

  8. IRS — Instructions Form 5472 — https://www.irs.gov/instructions/i5472

  9. FinCEN — Beneficial Ownership Information Reporting — https://www.fincen.gov/boi

  10. Wyoming Secretary of State — Business entities FAQ — https://sos.wyo.gov/faqs.aspx

  11. SPF Économie — Travailleurs indépendants — https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/pme-et-independants-en/les-travailleurs-independants

  12. INASTI — Cotisations sociales de l’étudiant-indépendant — https://www.inasti.be/fr/cotisations-sociales-en-tant-quetudiant-independant

  13. ONSS — Quota 650 heures pour les étudiants — https://www.onss.be/actualites/2025/03/31/650-heures-par-an-nouveau-quota-pour-un-jobiste

  14. SPF Finances — Enfants à charge — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/situation-personnelle/personnes-a-charge/enfants

  15. SLRB — Loyer et charges en logement social — https://slrb-bghm.brussels/fr/etre-locataire/votre-loyer-et-vos-charges

  16. Google Ads — Contournement des systèmes — https://support.google.com/adspolicy/answer/15938075

  17. Google Ads — Vérification des annonceurs — https://support.google.com/adspolicy/answer/9703665

  18. SPF Finances — Formulaires IPP et annexe 276 CJC — https://finances.belgium.be/fr/experts_partenaires/professions-economiques/formulaires-ipp

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales, sociales, TVA et déclaratives peuvent évoluer chaque année. Le traitement correct dépend de la situation exacte, des montants, de la structure utilisée et des pays concernés.

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