Divorce en 2025 : comment déclarer les enfants, les pensions alimentaires, les immeubles et une activité complémentaire pour les revenus 2025 ?
Divorce en 2025 : enfants, pensions alimentaires, immeubles et activité complémentaire doivent être déclarés avec prudence.

Pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026, un divorce peut modifier plusieurs parties de la déclaration : déclaration séparée, enfants à charge, pensions alimentaires, revenus immobiliers et revenus d’indépendant complémentaire. En pratique, il n’existe généralement pas d’avantage fiscal proratisé pour les enfants à charge sur une partie de l’année : l’avantage passe plutôt par la déclaration correcte des pensions alimentaires payées, si les conditions sont remplies. Le traitement exact dépend toujours de la situation individuelle.
Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent les revenus 2025, exercice d’imposition 2026.
Le régime de déclaration après un divorce en 2025
Pour les revenus 2025, la situation familiale à prendre en compte dépend notamment de la situation au 1er janvier 2026 et, en cas de divorce, de la date à laquelle le divorce a été inscrit dans les registres de l’état civil.
Si le divorce a pris effet en 2025, chacun des ex-époux rentre en principe sa propre déclaration et est imposé séparément. Dans ce cas, le code 1001 peut être concerné.
Il faut toutefois distinguer deux choses :
la déclaration séparée après divorce ;
le calcul définitif de l’impôt.
Une diminution de pension nette ou de salaire net en cours d’année peut simplement venir d’une adaptation du précompte professionnel. Le calcul final se fait ensuite via l’avertissement-extrait de rôle, après prise en compte de la situation familiale réelle, des pensions alimentaires, des revenus immobiliers et des éventuels revenus professionnels complémentaires.
Même lorsque certaines pensions sont correctement préremplies, par exemple aux codes 1228 pour les pensions ordinaires et 1225 pour le précompte professionnel, d’autres parties de la déclaration peuvent encore devoir être corrigées.
Peut-on récupérer un avantage fiscal pour les enfants sur une partie de l’année ?
En pratique, il n’existe pas de droit général à un avantage fiscal proratisé pour les enfants à charge sur quelques mois de l’année.
Pour les enfants à charge, la date déterminante est en principe le 1er janvier de l’exercice d’imposition, donc le 1er janvier 2026 pour les revenus 2025. Un enfant doit normalement faire partie du ménage du parent qui le prend fiscalement à charge à cette date.
En cas de séparation sans coparentalité fiscale, un seul parent peut généralement déclarer l’enfant à charge : celui chez qui l’enfant fait partie du ménage au 1er janvier de l’exercice d’imposition.
Le fait qu’un parent ait supporté économiquement une grande partie des charges familiales pendant les premiers mois de l’année ne suffit donc pas, à lui seul, à créer un avantage fiscal proratisé.
Coparentalité fiscale : pourquoi elle ne s’applique pas toujours
La coparentalité fiscale peut permettre de répartir l’avantage fiscal lié aux enfants, mais elle suppose des conditions strictes.
En pratique, il faut notamment :
un hébergement réparti de manière égalitaire ;
une convention ou décision qui prévoit explicitement ce régime ;
l’absence de déduction de pension alimentaire pour les enfants pendant la période concernée.
Si les enfants sont principalement domiciliés chez un parent, que l’autre parent dispose seulement d’un hébergement secondaire, et qu’une contribution alimentaire est payée pour les enfants, la coparentalité fiscale peut être exclue.
Dans ce type de situation, la piste fiscale correcte n’est généralement pas de déclarer les enfants à charge, mais de déclarer les pensions alimentaires et contributions alimentaires effectivement payées, si les conditions de déductibilité sont réunies.
Pensions alimentaires payées : le levier fiscal principal
Les pensions alimentaires payées en 2025 peuvent être fiscalement déductibles à concurrence de 70 % du montant effectivement payé.
Attention : dans la déclaration, il faut déclarer le montant total payé, et non uniquement la partie déductible de 70 %. L’administration applique ensuite elle-même la déduction.
Par exemple, si un parent paie à partir du printemps 2025 :
environ 400 € par mois à son ex-conjoint ;
environ 660 € par mois pour les enfants ;
pendant environ 9 mois,
le total payé sur l’année peut atteindre environ 9 500 €.
Dans ce cas, la partie fiscalement déductible serait d’environ 70 %, soit environ 6 700 €.
Le montant total payé doit en principe être repris au cadre VIII, rubrique rentes alimentaires payées, au code 1390-65, pour autant que les conditions soient remplies.
Quelles conditions pour déduire une pension alimentaire ?
Pour qu’une pension alimentaire soit déductible, il faut notamment pouvoir démontrer :
une obligation alimentaire, par exemple prévue par une convention homologuée ou par le droit civil ;
que le bénéficiaire ne fait plus partie du ménage du débiteur au moment du paiement ;
des paiements réguliers ou clairement justifiés ;
des preuves bancaires ;
l’identification du ou des bénéficiaires dans la déclaration.
Pour les enfants, les bénéficiaires réels sont en principe les enfants, même si le paiement est effectué à l’autre parent pour leur compte.
Il faut aussi rappeler qu’une pension alimentaire déductible chez celui qui la paie est en principe imposable chez le bénéficiaire.
Peut-on ajouter des frais extraordinaires pour les enfants ?
Certains frais extraordinaires ou complémentaires peuvent, dans certains cas, être assimilés à des pensions alimentaires, mais seulement s’ils sont clairement liés à l’entretien, l’éducation, la santé ou la scolarité des enfants.
La prudence est importante.
Un versement global sur un compte ou fonds commun n’est pas nécessairement déductible en entier s’il ne correspond pas encore à des dépenses alimentaires clairement identifiées. La position la plus prudente consiste à ne reprendre que les dépenses réellement payées en 2025 au bénéfice des enfants, avec justificatifs et preuves de paiement.
Revenus immobiliers : pourquoi la déclaration préremplie peut être incomplète
Une déclaration préremplie peut ne pas reprendre correctement la situation immobilière après un divorce, surtout en présence de biens en indivision.
Lorsqu’un contribuable est copropriétaire d’un immeuble belge qui n’est pas son habitation propre, sa quote-part du revenu cadastral doit en principe être déclarée.
Si un immeuble bâti est loué à une personne physique qui ne l’utilise pas à des fins professionnelles, il ne faut normalement pas déclarer le loyer réel. Il faut déclarer le revenu cadastral non indexé correspondant à la quote-part et à la période imposable.
L’administration calcule ensuite automatiquement le revenu imposable sur base du revenu cadastral indexé, majoré de 40 %.
Pour les revenus 2025, le coefficient d’indexation mentionné dans l’analyse est de 2,2446.
Par exemple, si un contribuable détient 50 % d’une habitation familiale et 50 % d’un appartement, il faut déterminer, période par période, quel bien constitue l’habitation propre et quels biens doivent être déclarés comme revenus immobiliers.
Location privée : faut-il déclarer le loyer réel ?
Non, pas dans le cas classique d’une location à une personne physique qui utilise le bien exclusivement à titre privé.
Dans ce cas, le revenu imposable ne se calcule pas sur base du loyer réel, mais sur base du revenu cadastral non indexé, ensuite indexé et majoré par l’administration.
La situation change si le bien est utilisé professionnellement par le locataire, ou si la location comprend un volet mobilier, par exemple une location meublée avec loyer mobilier distinct.
Dans une location meublée, une partie du loyer peut devoir être traitée comme revenu mobilier. Cette question doit être vérifiée séparément.
L’appartement attribué après divorce peut-il rester une habitation propre exonérée ?
Le revenu de l’habitation propre est en principe exonéré à l’impôt des personnes physiques.
Normalement, l’habitation propre est celle que le contribuable occupe personnellement. Mais une habitation peut parfois conserver ce statut même lorsqu’elle n’est pas occupée personnellement, notamment pour des raisons professionnelles, sociales, des travaux, ou des entraves légales ou contractuelles.
Dans une situation de divorce, un contribuable peut vouloir soutenir qu’un appartement attribué après la séparation reste son habitation propre, même s’il ne l’occupe plus, parce qu’il a dû se reloger près des enfants pour exercer concrètement son droit d’hébergement.
Cet argument peut être défendable au titre de raisons sociales, mais il n’est pas automatique.
Le risque augmente notamment si :
le contribuable a effectivement pu occuper le bien pendant une période ;
le bien est ensuite donné en location à un tiers ;
un autre immeuble familial existe encore en indivision ;
la situation n’est pas clairement documentée.
Dans ce cas, il faut choisir entre une position prudente et une position plus favorable mais défendable.
Exemple de calcul : approche prudente ou approche défendable
Prenons un exemple simplifié.
Un contribuable détient 50 % :
d’une ancienne habitation familiale avec un revenu cadastral non indexé d’environ 2 100 € ;
d’un appartement avec parking avec un revenu cadastral non indexé total d’environ 1 300 €.
Si l’ancienne habitation familiale n’est plus occupée par lui à partir du printemps, sa quote-part de revenu cadastral peut devoir être déclarée pour la période postérieure à son départ.
Si l’appartement est considéré comme habitation propre uniquement pendant une courte période d’occupation effective, le revenu cadastral correspondant peut devoir être déclaré pour les périodes où il ne constitue pas l’habitation propre.
Dans une approche prudente, le montant total à déclarer au code 1106-58 pourrait être de l’ordre de 1 350 € de revenu cadastral non indexé, selon la quote-part et le nombre de jours.
Avec le coefficient 2,2446 et la majoration de 40 %, ce montant pourrait représenter un revenu immobilier imposable d’environ 4 300 € avant application du taux d’impôt global.
Dans une approche plus favorable, le contribuable pourrait soutenir que l’appartement reste son habitation propre pour raisons sociales après son déménagement. Dans ce cas, le montant à reprendre pourrait être plus faible, par exemple autour de 1 000 € de revenu cadastral non indexé.
La différence peut représenter plusieurs centaines d’euros d’impôt, mais la position favorable doit être documentée et assumée.
Quelle note explicative ajouter à la déclaration ?
Lorsqu’une position défendable mais non certaine est retenue, il peut être utile d’ajouter une note explicative via Tax-on-web.
Cette note peut expliquer que l’appartement constituait l’habitation propre après la séparation, mais n’a plus été occupé pour des raisons sociales liées à l’exercice effectif des obligations parentales et du droit d’hébergement.
Il faut alors conserver les justificatifs pertinents, par exemple :
la convention de divorce homologuée ;
les éléments relatifs à la résidence des enfants ;
le bail du nouveau logement ;
le bail éventuel de l’appartement donné en location ;
les preuves d’exercice effectif de l’hébergement ;
tout élément montrant la contrainte pratique ou sociale du relogement.
Cette démarche ne garantit pas l’acceptation par l’administration, mais elle permet d’expliquer la cohérence de la position adoptée.
Activité indépendante complémentaire : ne pas oublier la partie 2
Si un contribuable commence en 2025 une activité complémentaire en personne physique, même avec des revenus nets limités, ces revenus doivent être déclarés.
La déclaration partie 1 ne suffit pas toujours. La partie 2 est notamment destinée aux contribuables qui doivent déclarer des bénéfices, profits ou certains revenus divers.
Pour une activité de prestation de services, les revenus sont généralement à déclarer dans la partie 2, cadre XVIII, comme profits de professions libérales, charges, offices ou autres occupations lucratives, selon la nature exacte de l’activité.
Il faut déclarer :
les recettes perçues en 2025 ;
les frais professionnels éventuels ;
les cotisations sociales d’indépendant, même provisoires ou limitées.
Le fait d’être sous régime de franchise TVA ou de ne pas facturer beaucoup ne dispense pas de déclarer le revenu à l’impôt des personnes physiques.
Faut-il accepter la proposition de déclaration simplifiée ?
Dans une situation combinant divorce, pensions alimentaires, immeubles en indivision et activité complémentaire, il est souvent risqué d’accepter la proposition de déclaration simplifiée telle quelle.
Les corrections à vérifier peuvent notamment porter sur :
le code 1001 en cas de divorce inscrit en 2025 ;
les pensions alimentaires payées au code 1390-65 ;
les coordonnées des bénéficiaires ;
les revenus immobiliers au code 1106-58 ;
le choix entre position prudente et position défendable pour l’habitation propre ;
les revenus d’activité complémentaire dans la partie 2 ;
l’absence d’enfants à charge si les conditions ne sont pas réunies.
Délais de déclaration pour l’exercice d’imposition 2026
Pour l’exercice d’imposition 2026, les délais mentionnés dans l’analyse sont les suivants :
modification papier d’une proposition simplifiée : 30 juin 2026 ;
modification via MyMinfin / Tax-on-web : 15 juillet 2026 ;
délai en ligne pouvant aller jusqu’au 16 octobre 2026 si la déclaration contient certains revenus spécifiques, notamment des revenus d’indépendant.
Ces délais sont importants, surtout lorsqu’il faut passer d’une déclaration préremplie simple à une déclaration plus complète avec partie 2.
Questions fréquentes
Peut-on déclarer ses enfants à charge pour seulement six mois après un divorce ?
En principe, non. Pour les revenus 2025, la situation des enfants à charge s’apprécie au 1er janvier 2026, et non mois par mois.
Si je paie une contribution alimentaire pour mes enfants, puis-je aussi les déclarer à charge ?
En général, non. La déduction de pensions alimentaires pour les enfants et l’avantage fiscal pour enfants à charge ne se cumulent pas librement. Il faut choisir le régime applicable selon la situation et les conditions légales.
Quel montant de pension alimentaire faut-il indiquer dans la déclaration ?
Il faut indiquer le montant total effectivement payé, par exemple au code 1390-65. L’administration applique ensuite la déduction de 70 % si les conditions sont remplies.
Si je loue un appartement à un particulier, dois-je déclarer le loyer réel ?
En principe, non si le locataire utilise le bien exclusivement à titre privé. Il faut déclarer le revenu cadastral non indexé, et l’administration applique ensuite l’indexation et la majoration de 40 %.
Une habitation non occupée peut-elle rester une habitation propre exonérée ?
Oui, dans certains cas, notamment pour des raisons professionnelles, sociales, des travaux ou des entraves légales ou contractuelles. Mais ce n’est pas automatique et il faut pouvoir justifier la position.
Une petite activité complémentaire doit-elle être déclarée ?
Oui. Même si le revenu net est faible ou si l’activité est franchisée de TVA, les revenus d’activité indépendante doivent être déclarés à l’impôt des personnes physiques, généralement dans la partie 2.
Sources
SPF Finances — Divorce ou fin de cohabitation légale — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/situation-personnelle/separation/divorce-fin-cohabitation-legale
SPF Finances — Enfants à charge — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/situation-personnelle/personnes-a-charge/enfants
SPF Finances — Pension alimentaire payée — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/avantages-fiscaux/pension-alimentaire-payee
SPF Finances — L’habitation propre — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/habitation/revenus-immobiliers/declarer/habitation-propre
SPF Finances — Location à une personne qui n’utilise pas le bien à des fins professionnelles — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/habitation/louer-donner-location/revenus-locatifs/particulier
SPF Finances — Explications déclaration 2026, partie 2 — https://fin.belgium.be/sites/default/files/media/documents/explications-partie-2-2026.pdf
SPF Finances — Déclaration d’impôt 2026 — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/rentrer-declaration/declaration-impot
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles et délais peuvent changer chaque année, et le traitement correct dépend des faits exacts, des documents disponibles et de la situation personnelle du contribuable.
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