En Belgique, combien d’impôt payer sur une plus-value en bourse pour les revenus 2026 ?
Plus-value en bourse en Belgique : taxation à 10 %, TOB et risque de 33 % selon le profil. Exemple de calcul et points à vérifier pour 2026.

Pour l’année de revenus 2026, une plus-value réalisée par un résident belge sur des actions, ETF ou autres actifs financiers peut en principe être soumise à une taxe de 10 %, après une exonération annuelle de 10.000 €. Il faut aussi tenir compte de la taxe sur les opérations de bourse, des dividendes, des ETF obligataires et du risque de requalification à 33 % si les opérations sortent de la gestion normale d’un patrimoine privé. Le traitement exact dépend toujours de la situation individuelle.
Les montants ci-dessous sont illustratifs et concernent l’année de revenus 2026.
Le principe général : gestion privée, spéculation ou activité professionnelle
En Belgique, le fisc ne regarde pas seulement le montant gagné en bourse. Il examine aussi la manière dont les opérations sont réalisées.
Une plus-value boursière peut relever de trois logiques différentes :
gestion normale d’un patrimoine privé ;
opération spéculative ou anormale, susceptible d’être taxée comme revenu divers ;
activité professionnelle de trading, si l’organisation, la fréquence et les moyens utilisés ressemblent à une vraie activité économique.
Depuis le 1er janvier 2026, il faut ajouter une nouvelle règle : les plus-values réalisées par des personnes physiques résidentes belges sur des actifs financiers, notamment les actions, obligations, ETF, options, produits dérivés et crypto-actifs, sont en principe soumises à une taxe de 10 %, avec une exonération annuelle de 10.000 € pour l’année de revenus 2026.
Cette exonération peut partiellement se reporter si elle n’est pas utilisée, à hauteur de 1.000 € par an, avec un plafond de 15.000 € après cinq ans.
La taxe sur les opérations de bourse reste due
À chaque achat ou vente d’actions, d’ETF ou d’autres titres, une taxe sur les opérations de bourse, ou TOB, peut être due.
Pour des actions ordinaires, le taux mentionné dans l’analyse est généralement de 0,35 % à l’achat et 0,35 % à la vente, avec un plafond par opération.
Pour certains ETF, fonds ou produits assimilés, le taux peut être différent : 0,12 %, 0,35 % ou 1,32 %, selon la nature exacte du produit, son enregistrement et sa forme juridique.
Avec une banque ou un courtier belge, la TOB est souvent prélevée automatiquement. Avec un courtier étranger, la situation peut devenir plus administrative : le contribuable peut devoir déclarer et payer lui-même la TOB, et déclarer le compte étranger au Point de contact central ainsi que dans sa déclaration fiscale.
La nouvelle taxe de 10 % sur les plus-values en 2026
Pour la taxe sur les plus-values, le calcul de base est le suivant :
prix de vente – prix d’achat = plus-value fiscale
Point important : pour cette taxe, les frais et taxes liés à l’opération ne sont en principe pas déductibles de la plus-value imposable. Par exemple, si une action est achetée 1.000 € et revendue 2.000 €, la plus-value de base est 1.000 €, même s’il y a eu des frais bancaires ou de la TOB.
Le taux normal est de 10 %, mais l’exonération annuelle de 10.000 € peut réduire l’impôt à zéro si les plus-values annuelles restent sous ce seuil.
Exemples pour l’année de revenus 2026 :
plus-values taxables totales de 1.000 €, 3.000 € ou 8.000 € : en principe, l’exonération annuelle peut couvrir l’ensemble ;
plus-values taxables totales de 14.000 € : l’excédent de 4.000 € serait taxé à 10 %, soit 400 €.
Certaines banques peuvent appliquer un système de retenue à la source. L’analyse mentionne notamment que Keytrade indique appliquer, depuis le 1er juin 2026, un régime d’opt-in, c’est-à-dire une retenue de la taxe sur les plus-values à la source, sauf opt-out valable.
Mais cette retenue ne tient pas nécessairement compte de l’exonération annuelle ou de toutes les moins-values. Il peut donc arriver qu’une retenue soit opérée alors que le contribuable peut ensuite récupérer tout ou partie du montant via sa déclaration fiscale.
Exemple : acheter une action 1.000 € et la revendre 2.000 € après 100 jours
Prenons un exemple purement illustratif : une action ordinaire est achetée 1.000 € puis revendue 2.000 € après 100 jours.
Si l’action est soumise à une TOB de 0,35 %, le calcul donne :
Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
TOB à l’achat | 1.000 € × 0,35 % | 3,50 € |
TOB à la vente | 2.000 € × 0,35 % | 7,00 € |
Plus-value fiscale brute | 2.000 € – 1.000 € | 1.000 € |
Taxe normale sur la plus-value | 1.000 € × 10 % | 100 € |
Taxe finale si l’exonération annuelle de 10.000 € est encore disponible | 0 € sur la plus-value | 0 € |
Taxe finale si l’exonération annuelle est déjà utilisée | 10 % sur 1.000 € | 100 € |
Dans un scénario de gestion normale de patrimoine privé :
si les plus-values annuelles restent sous l’exonération de 10.000 €, l’impôt final sur la plus-value peut être de 0 €, et l’État prélève surtout la TOB, soit environ 10,50 € dans cet exemple ;
si l’exonération est déjà épuisée, l’impôt total serait d’environ 110,50 €, soit 10,50 € de TOB et 100 € de taxe sur la plus-value ;
si une banque retient automatiquement 10 % à la source, une retenue de 100 € pourrait intervenir même si l’exonération annuelle permet ensuite une récupération via la déclaration fiscale.
Ce calcul ne tient pas compte des frais de courtage, car ce ne sont pas des impôts dus à l’État. Il ne tient pas non plus compte des dividendes, des retenues étrangères ou des particularités fiscales de certains ETF.
Le risque de requalification à 33 %
La nouvelle taxe de 10 % ne supprime pas le risque de requalification.
Si l’administration estime que les opérations sortent de la gestion normale d’un patrimoine privé, les plus-values peuvent être qualifiées de revenus divers et taxées à 33 %, en principe avec déclaration fiscale.
Les indices de risque peuvent notamment être :
des achats et ventes très fréquents ;
des risques démesurés ;
le recours à l’emprunt ou à l’effet de levier ;
des produits complexes ou spéculatifs ;
une logique de gains rapides plutôt qu’une stratégie patrimoniale ;
une organisation structurée proche d’une activité de trading.
Dans l’exemple d’une plus-value de 1.000 €, une taxation comme revenu divers à 33 % représenterait environ 330 € d’impôt, hors additionnels communaux éventuels, au lieu du régime normal de 10 % avec exonération éventuelle.
Dans les cas les plus extrêmes, si l’activité ressemble à une véritable activité professionnelle de trading, les gains peuvent être traités comme des revenus professionnels. Ce risque augmente avec une fréquence élevée, une méthode systématique, un temps important consacré à l’activité, une dépendance économique aux gains ou l’utilisation de moyens professionnels.
Les dividendes : un régime distinct
Les dividendes ne suivent pas exactement la même logique que les plus-values.
En Belgique, les dividendes d’actions sont généralement soumis à un précompte mobilier de 30 %. Si ce précompte belge a été retenu par une banque belge, il est en principe libératoire : les dividendes ne doivent généralement plus être déclarés, sauf cas particulier.
Pour l’année de revenus 2026, il existe toutefois une exonération sur une première tranche de dividendes ordinaires de 833 € par contribuable. Si le dividende a subi un précompte de 30 %, cela peut permettre une récupération maximale de 249,90 € via la déclaration fiscale.
Pour les dividendes étrangers, il peut y avoir une double couche fiscale : une retenue à la source dans le pays étranger, puis le précompte mobilier belge de 30 % sur le solde. L’analyse cite notamment le cas des dividendes américains, pour lesquels la retenue américaine peut en principe être réduite à 15 % pour les résidents belges lorsque la convention est appliquée, avant application du précompte belge sur le solde.
ETF, fonds obligataires et taxe Reynders
Les ETF doivent être analysés avec prudence, car leur traitement fiscal dépend de leur composition.
Un ETF d’actions pur ne se traite pas nécessairement comme un ETF obligataire ou mixte. Si un fonds ou tracker est investi à plus de 10 % dans des obligations ou produits à revenu fixe, une taxe dite Reynders peut s’appliquer.
Cette taxe correspond à un précompte mobilier de 30 % sur la partie de la plus-value qui provient de la composante obligataire ou liquidités.
La taxe Reynders reste pertinente en parallèle de la nouvelle taxe sur les plus-values. L’analyse précise toutefois que, selon Keytrade, il n’y a pas de double imposition : la partie déjà soumise à la taxe Reynders est exclue de la base de la nouvelle taxe sur les plus-values.
Avant d’acheter un ETF, il faut donc vérifier :
le taux de TOB applicable ;
la forme distributive ou capitalisante ;
la part obligataire ou monétaire ;
l’éventuelle application de la taxe Reynders ;
le pays de domiciliation et la documentation fiscale du produit.
Taxe annuelle sur les comptes-titres
La taxe annuelle sur les comptes-titres ne concerne pas les petits portefeuilles ordinaires.
Elle vise les comptes-titres dont la valeur moyenne dépasse 1.000.000 €. Le taux mentionné dans l’analyse est de 0,30 % pour les périodes de référence se terminant à partir du 1er juin 2026.
Pour un portefeuille très inférieur à ce seuil, cette taxe ne devrait donc pas s’appliquer.
Plus-values réalisées avant 2026
Il faut distinguer les plus-values réalisées avant et après l’entrée en vigueur de la nouvelle taxe.
Pour les plus-values réalisées avant 2026, l’ancien régime s’appliquait encore : une plus-value sur actions réalisée dans le cadre de la gestion normale du patrimoine privé n’était en principe pas taxée.
Elle ne devait donc normalement pas être déclarée, sauf si l’opération sortait de la gestion normale du patrimoine privé. Dans ce cas, elle pouvait être taxée comme revenu divers à 33 %.
Pour les plus-values réalisées à partir du 1er janvier 2026, le nouveau régime de taxe de 10 % entre en ligne de compte, avec l’exonération annuelle de 10.000 €.
Comment réduire le risque fiscal en tant qu’investisseur privé
Un investisseur particulier qui souhaite rester dans une logique de gestion normale de patrimoine privé doit veiller à la cohérence de son comportement.
Les éléments généralement rassurants sont :
ne pas emprunter pour investir ;
éviter la marge, les CFD, les turbos, les produits à levier et les options spéculatives ;
conserver une fréquence raisonnable d’opérations ;
éviter les allers-retours très courts et répétés ;
garder une logique de portefeuille diversifié ;
ne pas concentrer une part excessive du patrimoine sur des titres très volatils ;
documenter les raisons d’achat et de vente ;
vérifier chaque année les relevés fiscaux du courtier ou de la banque ;
éviter de transférer des titres sans preuve claire du prix d’achat.
Il n’existe pas de durée magique qui rend automatiquement une opération non spéculative. Une vente après 100 jours peut rester compatible avec une gestion patrimoniale normale si elle s’inscrit dans une stratégie raisonnable. En revanche, des opérations très fréquentes, rapides, répétées et risquées peuvent modifier l’analyse.
Faut-il tout déclarer automatiquement ?
La réponse dépend du type de revenu, de l’année concernée, de la banque utilisée et du mécanisme de retenue appliqué.
La TOB est souvent prélevée automatiquement par les banques belges. Le précompte mobilier sur dividendes peut aussi être retenu à la source. Mais cela ne signifie pas que tout est toujours réglé.
Certaines situations nécessitent une vérification dans la déclaration fiscale, notamment :
récupération du précompte sur dividendes exonérés ;
récupération éventuelle d’une retenue sur plus-value si l’exonération annuelle s’applique ;
moins-values à prendre en compte selon les règles applicables ;
courtier étranger ;
compte étranger à déclarer ;
produits complexes ou ETF soumis à un régime particulier ;
risque de requalification en revenus divers ou professionnels.
Questions fréquentes
Est-ce qu’une plus-value boursière est toujours taxée en Belgique en 2026 ?
Non. Pour l’année de revenus 2026, la nouvelle taxe de 10 % s’applique en principe aux plus-values sur actifs financiers, mais une exonération annuelle de 10.000 € peut couvrir tout ou partie des gains. Le traitement dépend aussi du caractère normal, spéculatif ou professionnel des opérations.
Si j’achète une action 1.000 € et la revends 2.000 €, combien dois-je payer ?
Dans l’exemple d’une action ordinaire soumise à une TOB de 0,35 %, la TOB serait d’environ 10,50 € au total. La taxe de 10 % sur la plus-value de 1.000 € serait de 100 €, mais elle peut être neutralisée si l’exonération annuelle de 10.000 € est encore disponible.
Une vente après 100 jours est-elle automatiquement spéculative ?
Non. Il n’existe pas de durée fixe qui rend une opération automatiquement spéculative. Le fisc regarde l’ensemble du comportement : fréquence, risque, recours à l’emprunt, produits utilisés, méthode, montants investis et intention économique.
Quelle est la différence entre la taxe de 10 % et la taxation à 33 % ?
La taxe de 10 % vise les plus-values financières dans le nouveau régime applicable à partir de 2026, avec exonération annuelle. La taxation à 33 % concerne les revenus divers lorsque l’opération est considérée comme spéculative ou anormale par rapport à la gestion normale d’un patrimoine privé.
Les dividendes sont-ils compris dans la taxe sur les plus-values ?
Non. Les dividendes suivent un régime distinct, généralement avec un précompte mobilier belge de 30 %. Pour l’année de revenus 2026, une première tranche de 833 € de dividendes ordinaires peut donner droit à une récupération maximale de 249,90 € si un précompte de 30 % a été retenu.
Un courtier étranger change-t-il quelque chose ?
Oui. Avec un courtier étranger, certaines taxes ou obligations ne sont pas toujours gérées automatiquement. Il peut notamment falloir déclarer le compte au Point de contact central, le mentionner dans la déclaration fiscale et gérer soi-même certaines obligations comme la TOB ou les revenus mobiliers non précomptés.
Sources
SPF Finances — Taxe sur les plus-values — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/revenus/taxe-plus-values
SPF Finances — Taxe sur les opérations de bourse — https://finances.belgium.be/fr/experts_partenaires/investisseurs/taxe-sur-les-op%C3%A9rations-de-bourse
Wikifin — Les taxes sur vos investissements belges — https://www.wikifin.be/fr/impots-emploi-et-revenus/declaration-dimpots/vos-revenus-mobiliers/les-taxes-sur-vos
SPF Finances — Revenus de l’épargne et des placements — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/revenus/epargne-placements
SPF Finances — Exonération des dividendes — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/avantages-fiscaux/exoneration-dividendes
Keytrade Bank — FAQ taxe sur la plus-value — https://www.keytradebank.be/fr/aide/faq-taxe-sur-la-plus-value
Keytrade Bank — Dividendes : taxes — https://www.keytradebank.be/fr/aide/dividendes-taxes
SPF Finances — Comptes à l’étranger — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/international/revenus-comptes-etrangers/comptes
SPF Finances — Taxe annuelle sur les comptes-titres — https://finances.belgium.be/fr/entreprises/autres-taxes/taxe-annuelle-comptes-titres
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer chaque année et le traitement correct dépend de la situation exacte, des montants, des produits utilisés, du courtier et du comportement d’investissement.
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