Pourquoi dois-je payer un supplément d’impôt alors que mon partenaire est remboursé pour les revenus 2025 ?

Pourquoi payer un supplément d’impôt en 2026 ? Précompte, enfant à charge, indemnités et chèque habitat peuvent expliquer l’écart final à régulariser.

Un supplément d’impôt ne signifie pas nécessairement que vous êtes davantage imposé que votre partenaire. Il apparaît lorsque le précompte professionnel et les autres retenues déjà versées sont inférieurs à l’impôt définitivement calculé, notamment après la perte d’un avantage pour enfant à charge, la perception d’indemnités peu précomptées ou l’oubli d’une réduction fiscale. Le résultat exact dépend toujours de la situation individuelle.

Les montants ci-dessous sont illustratifs. L’analyse porte principalement sur les revenus 2025 — exercice d’imposition 2026 — avec une comparaison des revenus 2019 à 2024.

Pourquoi deux salariés aux revenus comparables peuvent-ils recevoir des résultats différents ?

Le remboursement ou le supplément indiqué sur l’avertissement-extrait de rôle correspond à la différence entre :

  • l’impôt définitif calculé sur l’ensemble des revenus ;

  • le précompte professionnel déjà retenu ;

  • les éventuels versements anticipés ;

  • les réductions et crédits d’impôt applicables ;

  • les avantages fiscaux propres à chaque contribuable.

Une personne peut donc recevoir un remboursement lorsque son employeur a retenu davantage que l’impôt finalement dû. À l’inverse, une autre personne peut devoir payer un supplément même avec un salaire similaire lorsque les retenues ont été insuffisantes ou lorsqu’un avantage fiscal a disparu.

Le niveau du salaire ne permet donc pas, à lui seul, de prévoir le résultat de la déclaration.

La perte de l’avantage pour enfant à charge peut-elle provoquer un supplément ?

Oui. Après une séparation, le changement de traitement fiscal d’un enfant peut modifier sensiblement le calcul.

Dans un cas illustratif, un parent bénéficiait initialement :

  • de la majoration de la quotité exemptée pour un enfant à charge ;

  • d’une majoration supplémentaire applicable à certaines personnes imposées isolément avec enfant à charge.

Après la séparation, l’avantage a d’abord été partagé dans le cadre de la coparenté fiscale, puis a entièrement disparu de l’imposition de ce parent lorsque l’enfant a été repris fiscalement par l’autre parent.

Cette évolution peut représenter plusieurs centaines d’euros d’impôt par an. Elle explique souvent pourquoi une personne auparavant remboursée commence à recevoir un supplément.

La majoration accordée à une personne isolée avec enfant ne peut par ailleurs pas être récupérée lorsque le contribuable forme effectivement un ménage avec un nouveau partenaire.

Le statut de personne mariée mais séparée de fait augmente-t-il l’impôt ?

Les codes 1002 et 1018, qui peuvent notamment concerner une personne mariée mais séparée de fait, ne provoquent pas automatiquement une pénalisation fiscale.

Dans cette situation, les époux peuvent être imposés séparément. Le contribuable conserve le barème progressif ordinaire et la quotité exemptée de base applicable à sa situation.

Le supplément doit donc généralement être recherché ailleurs : précompte insuffisant, modification de la situation familiale, revenus de remplacement ou réduction fiscale manquante.

Pourquoi les indemnités de maladie entraînent-elles souvent une régularisation ?

Les indemnités de maladie et certains autres revenus de remplacement sont imposables, mais ils font fréquemment l’objet d’un précompte faible ou inexistant.

Lors du calcul définitif, ces indemnités sont ajoutées aux autres revenus imposables. Lorsque le contribuable dispose également d’un salaire relativement élevé, la réduction d’impôt propre aux revenus de remplacement peut être fortement limitée.

Dans un exemple portant sur les revenus 2024, environ 9 400 € d’indemnités avaient été versés avec très peu de précompte. La régularisation finale dépassait alors 2 000 €.

Ce résultat ne révélait pas nécessairement une erreur de l’administration : l’impôt n’avait simplement pas été suffisamment retenu au moment du paiement des indemnités.

Le salaire garanti versé directement par l’employeur peut produire un résultat différent, puisqu’il est normalement soumis au précompte professionnel comme le salaire ordinaire.

Un chèque habitat absent de la proposition de déclaration simplifiée peut-il être récupéré ?

Oui, sous réserve du respect des conditions du régime.

Le chèque habitat wallon reste susceptible de s’appliquer aux crédits conclus avant 2025. Il doit cependant être déclaré chaque année sur la base de l’attestation bancaire 281.61.

La proposition de déclaration simplifiée ne reprend pas nécessairement automatiquement cet avantage. Il est donc indispensable de vérifier si elle contient :

  • les informations relatives au crédit hypothécaire ;

  • les montants indiqués sur l’attestation 281.61 ;

  • la réduction ou le crédit d’impôt correspondant.

Dans un cas illustratif, les réductions obtenues au cours des années précédentes se situaient autour de 1 200 à 1 300 € par an. La proposition relative aux revenus 2025 prévoyait un faible remboursement, mais ne mentionnait aucun chèque habitat.

Si les remboursements du crédit se sont poursuivis en 2025 et que les conditions restent remplies, l’absence de cet avantage peut donc modifier sensiblement le résultat final.

Que faire si le délai de correction de la proposition simplifiée est dépassé ?

Pour les revenus 2025, le délai ordinaire de correction en ligne était fixé au 15 juillet 2026, avec un report exceptionnel au 19 juillet 2026.

Lorsque ce délai est dépassé, il est prudent de :

  1. contacter rapidement le gestionnaire dont les coordonnées figurent sur la proposition ;

  2. transmettre l’attestation bancaire 281.61 ;

  3. demander que l’omission soit prise en compte avant l’établissement définitif de l’impôt ;

  4. conserver les preuves de la démarche et de l’envoi des documents.

Si l’avertissement-extrait de rôle est tout de même établi sans l’avantage, une réclamation peut être introduite via MyMinfin.

L’avertissement relatif aux revenus 2025 doit en principe être établi au plus tard le 30 juin 2027. Le délai de réclamation mentionné dans l’analyse est d’un an à compter de la mise à disposition de l’avertissement-extrait de rôle.

Le dépassement du délai de correction de la proposition simplifiée ne signifie donc pas nécessairement que le droit à la réduction est définitivement perdu.

Peut-on partager fiscalement un enfant après une séparation ?

Le partage de l’avantage fiscal n’est pas libre. Il ne suffit pas que les parents organisent eux-mêmes un hébergement alterné.

La coparenté fiscale, prévue par l’article 132bis du CIR 92, exige notamment que :

  • les parents ne fassent pas partie du même ménage ;

  • chacun remplisse son obligation d’entretien ;

  • l’hébergement soit réparti de manière réellement égalitaire ;

  • l’hébergement égalitaire soit constaté dans une décision judiciaire ou une convention répondant aux exigences légales ;

  • la volonté de partager les majorations fiscales soit formalisée lorsque cela est requis.

Un accord oral ou une organisation informelle ne suffit pas.

Pour que le régime puisse produire ses effets sur les revenus 2026, l’analyse indique que la convention doit être enregistrée au plus tard le 1er janvier 2027.

Le partage signifie également que l’autre parent perd une partie de l’avantage dont il bénéficiait. Une coopération entre les parents est donc généralement nécessaire.

La contribution alimentaire est-elle une alternative à la coparenté fiscale ?

Lorsque l’hébergement n’est pas réellement égalitaire et que l’enfant ne fait pas partie du ménage du parent payeur, une contribution alimentaire peut constituer une autre voie.

Pour être fiscalement prise en compte, elle doit notamment :

  • être versée en exécution d’une obligation d’entretien ;

  • être régulière ;

  • pouvoir être prouvée, de préférence par des virements bancaires ;

  • concerner une personne qui ne fait pas partie du ménage du payeur ;

  • être correctement documentée, idéalement dans une convention ou une décision.

La partie déductible évolue selon l’année du paiement :

  • 70 % pour les paiements effectués en 2025 ;

  • 60 % pour les paiements effectués en 2026 ;

  • 50 % à partir des paiements effectués en 2027.

À titre d’illustration, une contribution d’environ 250 € par mois en 2026 représente 3 000 € sur l’année. Avec une quotité déductible de 60 %, environ 1 800 € seraient déductibles. L’économie réelle dépendrait ensuite du taux marginal d’imposition et de la taxe communale.

La contribution alimentaire déductible et la coparenté fiscale ne peuvent pas être cumulées pour le même enfant et la même période. Le choix doit correspondre à la réalité de l’hébergement et être chiffré individuellement.

Peut-on encore corriger les années fiscales antérieures ?

Il faut distinguer la réclamation ordinaire du dégrèvement d’office.

Réclamation ordinaire

Une réclamation peut être envisagée tant que le délai mentionné sur l’avertissement-extrait de rôle n’est pas expiré.

Elle n’est utile que si une erreur, un revenu incorrect ou un avantage fiscal omis peut être démontré. Un supplément provenant simplement d’un précompte insuffisant ne constitue pas, à lui seul, un motif de correction.

Dégrèvement d’office

Pour certaines erreurs ou certains avantages non appliqués, un dégrèvement d’office peut rester possible pendant une période plus longue.

L’analyse retient un délai de cinq ans à compter du 1er janvier de l’année d’établissement de l’impôt. Par exemple, pour certaines impositions établies en 2022, une demande pourrait encore devoir être introduite avant le 31 décembre 2026.

Cette procédure n’autorise toutefois pas à recréer rétroactivement une coparenté fiscale lorsque les conditions légales et les documents requis n’existaient pas pour l’année concernée.

Comment éviter un nouveau supplément d’impôt ?

Plusieurs vérifications peuvent réduire le risque de régularisation.

Vérifier le précompte professionnel

L’employeur doit disposer d’informations correctes sur :

  • l’état civil ;

  • la séparation éventuelle ;

  • les personnes réellement à charge.

Un enfant ne doit pas être pris en compte dans le précompte d’un parent lorsqu’il n’est pas fiscalement à sa charge. Une réduction excessive du précompte pendant l’année se transforme ensuite en supplément lors de l’enrôlement.

Anticiper les périodes d’incapacité

En cas de perception d’indemnités peu précomptées, le contribuable peut examiner la possibilité :

  • de demander une retenue volontaire ;

  • ou de constituer une provision.

Dans le cas analysé, une provision de l’ordre de 30 % des indemnités était évoquée comme mesure de prudence. Le pourcentage réellement nécessaire dépend cependant des autres revenus et de la situation fiscale globale.

Vérifier chaque attestation fiscale

La proposition simplifiée doit être comparée aux documents reçus, notamment :

  • l’attestation hypothécaire 281.61 ;

  • les fiches de rémunération ;

  • les fiches relatives aux revenus de remplacement ;

  • les attestations d’épargne-pension ;

  • les attestations de dons ou autres réductions.

Respecter les délais de déclaration

Un avertissement peut comporter un accroissement de 10 % ou davantage en cas de déclaration absente ou tardive.

L’administration peut exceptionnellement ramener l’accroissement à zéro lorsqu’il s’agit d’une première infraction commise de bonne foi. Cette tolérance n’est cependant pas garantie en cas de récidive.

Examiner l’épargne-pension

Pour les versements 2026 mentionnés dans l’analyse, un paiement de 1 050 € peut ouvrir une réduction d’impôt de 30 %, soit 315 €, sous réserve des conditions applicables.

Cette réduction ne corrige pas une erreur de précompte, mais elle peut diminuer l’impôt final.

Questions fréquentes

Pourquoi dois-je payer des impôts alors que mon partenaire est remboursé ?

Parce que le résultat dépend de la différence entre l’impôt final et les montants déjà retenus. Votre partenaire peut avoir subi un précompte plus élevé ou bénéficier de réductions différentes.

Un enfant domicilié chez l’autre parent peut-il être repris à moitié à charge ?

Pas automatiquement. Le partage fiscal suppose généralement une coparenté fiscale conforme à l’article 132bis du CIR 92 et appuyée par une convention ou une décision répondant aux conditions légales.

Les indemnités de mutuelle sont-elles imposables ?

Oui. Elles sont ajoutées aux autres revenus imposables, même lorsqu’aucun précompte ou seulement un faible précompte a été retenu lors de leur paiement.

Le chèque habitat figure-t-il toujours automatiquement dans la proposition simplifiée ?

Non. Le contribuable doit vérifier chaque année les données de l’attestation 281.61 et corriger ou signaler toute omission.

Peut-on réclamer après avoir accepté ou laissé passer la proposition simplifiée ?

Une intervention peut encore être possible auprès du gestionnaire avant l’enrôlement. Après l’avertissement-extrait de rôle, une réclamation peut être introduite dans le délai applicable.

Coparenté fiscale ou pension alimentaire : quelle option est la plus avantageuse ?

Il n’existe pas de réponse automatique. La coparenté dépend d’un hébergement réellement égalitaire et de documents conformes, tandis que la contribution alimentaire dépend des paiements effectués et de la quotité déductible applicable à l’année.

Sources

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles, montants et délais peuvent évoluer chaque année, et le traitement correct dépend des revenus, documents et circonstances exactes de chaque contribuable.

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