Travailler depuis la France pour un employeur à Hong Kong : quels impôts et cotisations pour les revenus 2026 ?

Salaire de Hong Kong en France : quels impôts ? Déclaration française et cotisations peuvent s’appliquer. Résidence, mobilité et démarches pour 2026-2027.

Un résident fiscal français employé par une société de Hong Kong doit en principe déclarer son salaire en France. Le travail exercé depuis la France entraîne aussi des obligations sociales françaises pour l’employeur, même sans établissement français ; dans une situation de mobilité internationale, l’affiliation peut concerner la totalité du salaire. Le traitement exact dépend de la résidence, des lieux de travail et de la situation individuelle.

Les montants sont illustratifs et annualisés pour 2026 ; les revenus effectivement perçus en 2026 relèvent de la déclaration française du printemps 2027.

Résidence fiscale : le siège de l’employeur ne détermine pas celle du salarié

Prenons le cas général d’un salarié qui vit en France, y travaille habituellement et effectue de courts déplacements professionnels à l’étranger pour une entreprise hongkongaise.

L’article 4 B du CGI examine notamment le foyer, le séjour principal et l’activité professionnelle. Le paiement du salaire en devises sur un compte étranger ne suffit pas à déplacer la résidence fiscale hors de France.

L’accord fiscal France–Hong Kong du 21 octobre 2010 prévoit ses propres critères de résidence. Pour une personne physique à Hong Kong, il vise notamment la résidence habituelle ou des séjours de plus de 180 jours sur une année d’imposition, ou de plus de 300 jours sur deux années consécutives. Ces seuils ne doivent pas être confondus avec les règles applicables à l’imposition des salaires.

Un résident fiscal de France est, en principe, imposable en France sur ses revenus mondiaux, sous réserve des conventions fiscales. Un calendrier des jours travaillés par pays et les justificatifs de déplacement permettent d’étayer l’analyse.

Salaire hongkongais : distinguer les jours travaillés en France et à Hong Kong

L’article 14 de l’accord fiscal retient le lieu où l’emploi est physiquement exercé. Pour un résident de France, les journées travaillées depuis la France sont en principe imposables en France.

Pour les journées travaillées à Hong Kong, cette juridiction peut disposer d’un droit d’imposer. L’exception conventionnelle des 183 jours comporte plusieurs conditions cumulatives : rester sous ce seuil ne suffit pas lorsque l’employeur est lui-même résident de Hong Kong.

Une seconde règle, de droit interne hongkongais, peut néanmoins intervenir : les services rendus lors de visites n’excédant pas 60 jours au total sur l’année d’imposition peuvent être écartés dans les conditions décrites par l’administration hongkongaise. L’année concernée court du 1er avril au 31 mars. La nature des visites, le lieu des autres services et les obligations déclaratives doivent être examinés.

Deux situations doivent donc être distinguées :

  • Absence d’impôt à Hong Kong : dans le cas envisagé, le salaire reste imposable en France, sans crédit d’impôt correspondant à un impôt hongkongais inexistant.

  • Imposition d’une fraction à Hong Kong : l’accord prévoit, sous ses conditions, un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant à cette fraction. La condition de soumission à l’impôt à Hong Kong doit être vérifiée.

La totalité des revenus concernés doit être prise en compte dans la déclaration française selon le mécanisme applicable. Les documents employeur IR56 et une éventuelle demande d’exemption du salarié font partie des éléments à contrôler.

Pour les missions dans d’autres pays, chaque convention doit être examinée : durée du séjour, résidence de l’employeur et prise en charge éventuelle du salaire par un établissement stable local. La seule brièveté du déplacement ne tranche pas toutes ces conditions.

Cotisations sociales : pourquoi elles peuvent porter sur tout le salaire

L’article L. 111-2-2 du code de la sécurité sociale prévoit l’affiliation des personnes travaillant en France pour un employeur, que celui-ci dispose ou non d’un établissement français, sous réserve des règles internationales applicables.

L’analyse repose sur l’absence d’accord de sécurité sociale entre la France et Hong Kong. L’employeur étranger doit alors examiner les obligations françaises couvrant notamment maladie, retraite, accidents du travail et chômage.

En cas d’activité dans plusieurs États européens, les règlements 883/2004 et 987/2009 organisent la détermination d’une seule législation applicable. Le seuil d’activité substantielle dans l’État de résidence est de 25 %. Le fait que l’employeur soit établi hors de l’Union ne permet pas, à lui seul, d’écarter ces règles.

Ainsi, travailler majoritairement depuis la France ne conduit pas nécessairement à cotiser sur la seule proportion de journées françaises : l’assiette française peut comprendre l’intégralité du salaire et des bonus. Les déplacements hors de l’Union, y compris au Royaume-Uni, nécessitent un examen des règles et justificatifs correspondants.

L’analyse d’origine cite également un arrêt de la CJUE du 11 décembre 2025 relatif à la prise en compte d’activités dans des pays tiers pour apprécier le seuil de 25 %. Son application doit être rapprochée de la configuration exacte de mobilité.

Quelles formalités incombent à l’employeur étranger ?

L’employeur demeure responsable de la déclaration et du versement des cotisations, y compris de la part salariale précomptée. Le service firmes étrangères de l’Urssaf constitue l’interlocuteur à examiner pour l’immatriculation et les déclarations. Le titre firmes étrangères (TFE) peut simplifier la gestion lorsque ses conditions sont remplies.

Un cabinet de paie peut intervenir comme mandataire de gestion. L’immatriculation sociale ne constitue pas, à elle seule, la création d’une filiale ou d’un établissement stable fiscal ; elle ne dispense toutefois pas d’analyser les activités réellement exercées en France.

L’article L. 241-8 du code de la sécurité sociale interdit de faire supporter les cotisations patronales au salarié. La Cour de cassation, dans son arrêt du 9 février 2017, n° 16-10.796, a également censuré une convention confiant au salarié les obligations sociales de son employeur étranger.

L’analyse mentionne par ailleurs la suppression, à compter du 1er mars 2024, de l’ancienne faculté de désigner un représentant personnellement responsable prévue à l’article L. 243-1-2. Un mandat de gestion donné à un professionnel ne transfère pas pour autant la dette patronale au salarié.

Quel coût social prévoir pour un salaire annuel d’environ 40 000 € ?

Pour 2026, l’analyse fournit les ordres de grandeur suivants, à confirmer par une simulation de paie :




Poste

Illustration annuelle

Salaire brut

Environ 40 000 €

Cotisations et contributions salariales

Environ 20 à 23 % du brut

Retenues salariales illustratives

Environ 8 500 à 9 000 €

Salaire net avant impôt illustratif

Environ 31 000 à 31 500 €

Charges patronales estimées dans l’analyse

Environ 15 000 à 17 000 €

Coût total employeur illustratif

Environ 55 000 à 57 000 €

Le repère patronal d’environ 40 % cité dans l’analyse n’est pas un plafond universel. Les fourchettes varient selon les allègements, le taux d’accidents du travail, la mutuelle et la prévoyance. Elles ne constituent ni un barème forfaitaire ni une conversion garantie du brut en net.

Un salaire négocié sans prise en compte des obligations françaises peut donc nécessiter une discussion sur le brut et le budget global de l’employeur.

Refus de l’employeur : portage, prestation et établissement stable

Le refus d’effectuer des démarches françaises ne fait pas disparaître les obligations liées au travail en France.

Le portage salarial ou une solution présentée comme un « employer of record » peut être étudié. L’analyse évoque 5 à 12 % de frais de gestion, en plus des charges sociales. Ce n’est toutefois pas une solution automatique : autonomie réelle, cadre réglementaire et risque de prêt de main-d’œuvre illicite doivent être examinés.

Transformer le salaire en factures émises par une société personnelle ne suffit pas non plus. Si le lien de subordination demeure, le risque de requalification subsiste.

Enfin, l’article 5 de l’accord France–Hong Kong impose d’étudier le risque d’établissement stable lorsque la personne agit en France pour l’entreprise et y exerce habituellement des pouvoirs permettant de conclure des contrats en son nom. Une simple clause interdisant la signature ne remplace pas l’examen des pratiques. Les conséquences peuvent concerner l’impôt sur les bénéfices et, selon les opérations, les obligations comptables ou de TVA.

Déclaration 2027 : impôt sur le revenu et prélèvement à la source

Le salaire imposable relève du barème progressif français, avec la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels ou, si les conditions sont réunies, l’option pour les frais réels.

Les formulaires 2047 et 2042 sont à examiner pour les revenus étrangers ou encaissés à l’étranger. L’analyse mentionne notamment :

  • 1AF : salaires ouvrant droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt français ;

  • 1AG : autres salaires imposables de source étrangère entrant dans cette rubrique.

Ces cases ne doivent pas être choisies uniquement parce que l’employeur ou le compte bancaire est étranger. Le lieu d’exercice de l’activité, le droit au crédit d’impôt et le mécanisme de prélèvement doivent être rapprochés des notices. La brochure citée est celle de 2026 ; les formulaires applicables aux revenus 2026, déclarés en 2027, devront être vérifiés.

Pour une activité exercée en France, la retenue à la source peut incomber à l’employeur étranger. L’acompte applicable à certaines autres configurations n’est pas une solution de remplacement automatique en cas de refus de l’employeur. La démarche à effectuer doit être confirmée avec le service des impôts pour éviter une erreur de rubrique et anticiper le solde éventuel, notamment lors de la régularisation de septembre 2027.

Comptes étrangers et activité indépendante parallèle

Les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger doivent être examinés au titre du formulaire 3916, avec une déclaration par compte concerné. L’analyse rappelle une amende de 1 500 € par compte et par année en cas de défaut de déclaration dans le cas envisagé.

La devise du compte ou la nationalité commerciale de la plateforme ne suffit pas : il faut identifier l’établissement qui tient effectivement le compte. Un compte étranger ouvert en 2026 entre, lorsqu’il est déclarable, dans la déclaration du printemps 2027.

Une activité indépendante peut coexister avec l’emploi salarié. Dans le cas d’un gérant relevant du régime des indépendants, chaque activité conserve ses propres obligations sociales ; les trimestres de retraite restent limités à quatre par an, tous régimes confondus.

Les flux doivent rester cohérents avec chaque activité :

  • les frais liés à l’emploi salarié doivent être justifiés et pris en charge dans le cadre approprié par l’employeur ;

  • les remboursements de frais professionnels réels peuvent être exclus des cotisations et de la CSG sous conditions ;

  • une refacturation par la société personnelle ne devient pas automatiquement un débours parce qu’elle est faite à l’euro près ; son traitement doit être validé ;

  • une activité commerciale parallèle suppose de vérifier loyauté, exclusivité, autorisations et conditions commerciales.

Échéances et risques de régularisation

Pour un emploi commencé en 2026, il faut distinguer les obligations sociales dès l’embauche et la déclaration annuelle de revenus au printemps suivant.

  • Dès l’embauche et aux échéances sociales applicables : affiliation, déclaration d’emploi, paie et cotisations ; une régularisation éventuelle remonte à la date de début de l’emploi.

  • Au fil des déplacements : conservation du calendrier de travail par pays et des pièces justificatives.

  • Avant le 31 mars 2027, dans le calendrier examiné par l’analyse : point sur le traitement hongkongais, les documents IR56, l’exemption éventuelle et le MPF. Cette date de clôture de l’année fiscale ne constitue pas une échéance universelle de dépôt des déclarations.

  • Au printemps 2027 : déclaration des revenus 2026 et des comptes étrangers concernés, selon les dates officielles de la campagne.

L’analyse évoque, sur le plan social, un rappel sur trois ans, une majoration initiale de 5 %, une majoration complémentaire mensuelle et une taxation forfaitaire en l’absence de déclaration. Le travail dissimulé constitue une qualification distincte qui exige d’en vérifier les conditions ; le délai de trois ans ne doit pas être lu comme une limite valable dans tous les cas.

Sur le plan fiscal, les repères cités sont 10 % pour un dépôt tardif spontané, 40 % en cas de manquement délibéré et 0,20 % par mois d’intérêt de retard. Ces sanctions correspondent à des situations différentes. Une régularisation spontanée peut permettre de solliciter une remise de majorations sociales, sans garantie d’acceptation.

Questions fréquentes

Un salaire payé depuis Hong Kong est-il exonéré en France ?

Non. Un résident fiscal français doit en principe déclarer ses revenus mondiaux ; le traitement du salaire dépend notamment des lieux de travail et de l’accord fiscal.

Moins de 183 jours à Hong Kong signifie-t-il qu’aucun impôt n’y est dû ?

Pas automatiquement : l’exception conventionnelle comporte plusieurs conditions. La règle hongkongaise distincte des 60 jours peut intervenir, mais elle doit être examinée sur l’année fiscale du 1er avril au 31 mars.

Les cotisations françaises ne portent-elles que sur les journées en France ?

Pas nécessairement. Les règles de coordination peuvent conduire à appliquer le régime français à l’ensemble de la rémunération, selon la répartition et la nature des activités.

Puis-je payer moi-même les charges patronales pour simplifier les démarches ?

Les charges patronales ne peuvent pas être mises à la charge du salarié. L’employeur doit organiser sa mise en conformité, éventuellement avec un professionnel de la paie.

Combien coûte un salaire brut annuel de 40 000 € à l’employeur ?

L’illustration de l’analyse aboutit à environ 55 000 à 57 000 € de coût total annuel pour 2026. Une simulation est nécessaire pour intégrer les taux et allègements réellement applicables.

Puis-je conserver une EURL et recevoir ce salaire étranger ?

Le cumul est possible, avec les obligations propres à chaque activité. Il faut notamment séparer les revenus et les frais, vérifier le contrat de travail et éviter qu’une facturation masque une relation salariée.

Sources

Les références ci-dessous sont celles de l’analyse d’origine. Les commentaires professionnels sont distingués des textes et publications institutionnelles ; la brochure fiscale 2026 ne préjuge pas des formulaires 2027.

  1. Accord fiscal France - Hong Kong du 21 octobre 2010 (impots.gouv.fr)

  2. Inland Revenue Department de Hong Kong, DIPN 10, règle des 60 jours

  3. Article L111-2-2 du code de la sécurité sociale (Légifrance)

  4. Cleiss, FAQ sur les accords de sécurité sociale

  5. Cleiss, employeur établi dans un État sans accord envoyant un salarié en France

  6. Cleiss, règlements 883/2004 et 987/2009, détermination de la législation applicable

  7. Claeys et Engels, arrêt de la CJUE du 11 décembre 2025 sur le seuil de 25 %

  8. Bpifrance Création, cumul d'une activité indépendante avec un emploi salarié

  9. Urssaf, entreprise étrangère sans établissement en France

  10. Cour de cassation, 2e chambre civile, 9 février 2017, n° 16-10.796

  11. Doctrine, article L243-1-2 du code de la sécurité sociale et LFSS 2024

  12. Deloitte Société d'Avocats, portage salarial et employers of record

  13. LégiSocial, taux de cotisations sociales Urssaf 2026

  14. Brochure pratique impôt sur le revenu 2026, revenus de source étrangère

  15. BOFiP, BOI-IR-PAS-10-10-10, revenus soumis à la retenue à la source

  16. impots.gouv.fr, pas à pas acompte pour les salariés d'employeurs établis hors de France

  17. Formulaire 3916, déclaration des comptes ouverts à l'étranger (2026)

  18. Compta Online, frais professionnels : remboursements et exonérations

  19. Urssaf, paiement des cotisations et majorations de retard

  20. Advizexperts, article 1728 du CGI, pénalités pour retard de déclaration

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles évoluent chaque année ; le traitement correct dépend de la résidence, des activités, des contrats et des justificatifs propres à chaque situation.

Besoin d'un avis fiscal adapté à votre situation ?

Vous êtes dans une situation similaire ? Befiscal a déjà traité des dossiers de ce type. Pour obtenir une analyse fiscale écrite adaptée à vos propres chiffres et à votre situation, cliquez sur le bouton de discussion « Posez votre question » à droite de cette page : notre assistant prend le relais, recueille les informations nécessaires et vous accompagne jusqu’à votre analyse écrite personnalisée.