Remariage en Belgique en 2027 ou 2028 : quels effets sur les enfants à charge, la pension alimentaire et les impôts ?

Se remarier en Belgique change-t-il vos impôts ? Enfants à charge, rente alimentaire, crédit et dettes : les effets dépendent du ménage et de ses revenus.

Reprendre la vie commune peut supprimer la déduction d’une pension alimentaire et modifier l’attribution des enfants à charge avant même le mariage. Le mariage entraîne en principe une imposition commune à partir des revenus de l’année suivante ; son intérêt dépend notamment des revenus de chacun, des avantages immobiliers et des dettes fiscales. La réponse dépend donc de la situation individuelle.

Les exemples sont illustratifs : ils portent sur les revenus 2026 à 2029, soit les exercices d’imposition 2027 à 2030 ; les paramètres de réforme mentionnés ci-dessous nécessitent une validation pour chaque année.

Distinguer emménagement, mariage et première imposition commune

Un couple qui reprend une vie commune doit distinguer trois événements : la constitution du ménage, le mariage et le passage à l’imposition commune. Leurs effets ne commencent pas nécessairement au même moment.

Dans le cas général d’un mariage sans cohabitation légale antérieure entraînant déjà une imposition commune, le calendrier est le suivant :




Année du mariage

Revenus de l’année du mariage

Première année de revenus imposée en commun

Exercice d’imposition correspondant

2027

Déclarations séparées

2028

2029

2028

Déclarations séparées

2029

2030

La cohabitation de fait maintient, en principe, deux impositions distinctes. La cohabitation légale produit des effets fiscaux comparables à ceux du mariage : elle ne doit donc pas être confondue avec le simple fait de vivre ensemble.

Une majoration particulière de la quotité exemptée peut exister l’année du mariage lorsque les ressources du partenaire sont très faibles. Elle n’est pas automatique : un salaire ou un revenu de remplacement peut faire dépasser le plafond applicable.

Qui reprend les enfants à charge lorsque les parents vivent ensemble ?

L’appartenance au ménage s’apprécie au 1er janvier de l’exercice d’imposition. Pour les revenus 2027, la date de référence est donc le 1er janvier 2028.

Lorsque les parents vivant ensemble déposent deux déclarations distinctes, l’attribution des enfants doit être coordonnée. Dans une déclaration commune, la majoration de quotité exemptée pour enfants à charge est généralement imputée au conjoint disposant des revenus imposables les plus élevés.

Il faut distinguer trois notions :

  • la quotité exemptée de base, propre à chaque contribuable ;

  • la majoration pour enfants à charge, qui dépend notamment du nombre d’enfants ;

  • le supplément pour contribuable imposé isolément avec enfants à charge, à distinguer des avantages supplémentaires réservés aux véritables familles monoparentales.

Une déclaration commune ne donne pas deux fois l’intégralité de l’avantage pour les mêmes enfants. Inversement, une économie chez un parent peut s’accompagner d’une augmentation d’impôt chez l’autre.

Les montants doivent être rattachés à leur année

L’analyse à l’origine de cet article utilise les paramètres suivants. Ils constituent ici des hypothèses de simulation à faire confirmer, et non un barème fiscal validé pour une déclaration. Les références consultées ne concordent pas toutes sur les montants ou sur l’état d’adoption des réformes.




Paramètre repris dans l’analyse

Hypothèse pour les revenus 2026

Quotité exemptée de base

11 550 €

Majoration pour quatre enfants à charge, exemple distinct de famille nombreuse

18 970 €

Supplément pour contribuable imposé isolément avec enfants à charge

2 030 €

Taux progressifs évoqués

De 25 % à 50 %, notamment 40 % et 45 %

Additionnels communaux utilisés dans la simulation

7 %, à titre d’hypothèse locale

L’analyse évoque également un gel de l’indexation des majorations à partir du troisième enfant pour les revenus 2026 à 2029, avec une majoration pour quatre enfants située autour de 18 500 à 19 000 €. Cette projection ne doit pas être appliquée sans vérifier le texte effectivement applicable.

Une quotité exemptée n’est ni un remboursement de même montant ni une somme à multiplier systématiquement par le taux marginal. La valeur réelle dépend du calcul complet de l’impôt, des possibilités d’imputation et, le cas échéant, d’un crédit d’impôt remboursable.

Un enfant étudiant peut-il rester à charge ?

La majorité de l’enfant ne fait pas, à elle seule, disparaître la prise en charge fiscale. Il faut examiner son appartenance au ménage, ses ressources nettes et les exclusions applicables à certaines ressources.

Pour les revenus 2026, l’analyse mentionne :

  • un plafond de ressources nettes de 12 300 € ;

  • une première tranche de 7 010 € de rémunérations sous contrat d’étudiant exclue du calcul ;

  • une première tranche de 4 200 € de contributions alimentaires exclue du calcul des ressources concernées.

Ces paramètres doivent être confirmés pour l’exercice déclaré. Un revenu étudiant de quelques milliers d’euros ne suffit donc pas, à lui seul, à conclure que l’enfant n’est plus à charge. Il faut examiner l’ensemble de ses ressources et leurs règles de calcul.

La pension alimentaire reste-t-elle déductible après l’emménagement ?

L’article 104 du CIR 92 subordonne notamment la déduction à l’existence d’une obligation alimentaire, à la régularité des paiements et à la non-appartenance du bénéficiaire au ménage du débiteur.

Lorsque les enfants rejoignent effectivement le ménage du parent payeur, continuer les virements ne suffit pas à maintenir la déduction. Des versements destinés aux dépenses du ménage commun ne deviennent pas des rentes déductibles simplement parce qu’ils conservent leur ancienne communication bancaire.

L’analyse cite la loi du 18 décembre 2025 et la circulaire 2026/C/12 pour le calendrier suivant :




Période de paiement

Fraction déductible indiquée, si les conditions sont remplies

Régime antérieur

80 %

À partir du 1er janvier 2025

70 %

À partir du 1er janvier 2026

60 %

À partir du 1er janvier 2027

50 %

À titre purement illustratif, une rente annuelle d’environ 6 000 € représente une déduction de 3 600 € à 60 %, ou de 3 000 € à 50 %. La déduction réduit le revenu imposable : elle n’est pas une économie d’impôt du même montant.

L’année de reprise de vie commune demande une vérification particulière

Il faut isoler les versements effectués avant et après la constitution du ménage commun. L’analyse envisage une déduction des paiements antérieurs à l’emménagement, combinée avec la prise en charge des enfants au 1er janvier suivant.

Cependant, la référence citée traite notamment de l’année de séparation : son application en sens inverse ne doit pas être considérée comme une autorisation générale. Ce cumul doit être validé pour l’année et les faits concernés, avant de remplir les déclarations.

Enfin, la disparition de la déductibilité fiscale ne supprime pas automatiquement un jugement ou une convention alimentaire. L’adaptation du titre relève d’une démarche civile distincte.

Le quotient conjugal rend-il le mariage plus avantageux ?

Le quotient conjugal peut jouer en cas d’imposition commune lorsque l’un des partenaires dispose de revenus professionnels faibles. Il permet une attribution fiscale de revenus à ce partenaire, afin d’atteindre 30 % des revenus professionnels du couple, dans la limite du plafond applicable.

Les revenus de remplacement, dont les allocations de chômage, entrent dans l’examen. Une personne sans salaire n’est donc pas nécessairement une personne sans revenus pour ce mécanisme.

L’analyse utilise le calendrier de plafonds ci-dessous pour les couples concernés par la réduction annoncée :




Année de revenus

Exercice d’imposition

Plafond utilisé dans l’analyse, à valider

2026

2027

11 780 €

2027

2028

10 110 €

2028

2029

8 420 €

2029

2030

6 730 €

La référence citée pour ce tableau présente encore la réforme comme un projet nécessitant des étapes législatives. Le gel ultérieur de l’indexation et ces plafonds ne sont donc pas présentés ici comme définitivement acquis.

Le raisonnement reste utile : tant que les deux partenaires ont des revenus significatifs, l’avantage peut être nul ou limité. Lorsque l’un d’eux n’a presque plus de revenus propres, l’imposition commune peut devenir plus favorable.

Il n’est toutefois pas possible d’en déduire un gain universel de mariage. Une comparaison doit intégrer l’impôt total des deux partenaires, les enfants, les frais de garde, les réductions immobilières et les revenus de remplacement.

Arrêt de travail et chômage : vérifier le droit aux allocations avant la simulation fiscale

Une simulation fondée sur plusieurs années d’allocations peut être trompeuse si le droit à ces allocations n’est pas établi.

L’analyse distingue trois points :

  • La vie en couple : le statut retenu pour le chômage dépend de la situation effective du ménage, pas uniquement du mariage. Le seuil d’environ 1 010 € bruts mensuels de revenus du partenaire cité dans l’analyse doit être recontrôlé à la date de la demande.

  • La durée d’indemnisation : les nouvelles règles entrées en vigueur le 1er mars 2026 prévoient une limitation pouvant atteindre 24 mois, sous conditions et exceptions. Une ouverture en 2028 ne garantit donc pas automatiquement une indemnisation jusqu’en 2030.

  • Le départ volontaire : démissionner peut entraîner une exclusion. L’analyse mentionne un « droit au rebond » utilisable une fois dans la carrière, sous conditions, avec 3 120 jours de travail, soit environ dix ans à temps plein, et une période initiale d’allocations de six mois maximum. Il ne s’agit pas d’un droit automatique après toute démission.

Une rupture de commun accord doit également être examinée avec l’ONEM ; elle ne doit pas être assimilée d’office à un licenciement ouvrant droit aux allocations.

L’analyse évoque aussi une suppression progressive de la réduction d’impôt sur le chômage. Son calendrier et ses modalités doivent être confirmés avant d’assimiler fiscalement les allocations à un salaire dans une projection.

Frais de garde et ancien crédit hypothécaire : deux avantages à examiner séparément

Frais de garde

L’analyse retient une réduction de 45 %, un plafond de 17,30 € par jour et par enfant pour les revenus 2026, et la condition d’un enfant de moins de 14 ans. Le plafond annuel applicable doit être confirmé avant le calcul.

Pour environ 2 000 € de dépenses intégralement admissibles après application des limites, le calcul théorique donne 900 € de réduction. Le résultat effectif dépend notamment des justificatifs, de l’attribution fiscale de l’enfant et des règles d’imputation.

Il faut conserver l’attestation fiscale de l’organisme de garde et vérifier la cohérence entre le parent déclarant les dépenses et celui qui bénéficie de la prise en charge fiscale.

Crédit hypothécaire ancien

Un prêt relevant de la période 2005–2014 doit être analysé dans son régime régional et transitoire. Le mariage ne transfère pas automatiquement l’avantage immobilier à l’autre conjoint.

Les points décisifs sont notamment la Région, la qualité d’emprunteur et de propriétaire, l’affectation de l’habitation et le montant d’impôt permettant d’utiliser l’avantage.

Un transfert de réduction inutilisée entre conjoints ne doit pas être présumé. Il faut vérifier le mécanisme propre au régime concerné. Ajouter un partenaire au prêt ou à la propriété exige aussi une analyse des frais et des conséquences patrimoniales ; le seul mariage ne justifie pas cette opération.

Les dettes fiscales antérieures peuvent-elles toucher le nouveau conjoint ?

Le droit fiscal du recouvrement ne se résume pas à la règle civile selon laquelle une dette antérieure reste personnelle. Le Code du recouvrement amiable et forcé prévoit des règles particulières concernant les biens des conjoints et des exceptions liées à l’origine de ces biens.

L’analyse cite notamment les biens possédés avant le mariage, certains biens reçus par donation ou succession, leur remploi et les revenus propres au regard du droit civil.

La protection doit donc être examinée à partir :

  • de la nature et de la période des impôts concernés ;

  • du régime matrimonial ;

  • des titres de propriété et des preuves d’origine des fonds ;

  • de l’existence d’un patrimoine commun ;

  • d’une éventuelle compensation avec un remboursement d’impôt.

Une séparation de biens peut être déterminante, mais ne doit pas être présentée comme une immunité générale contre le recouvrement. De même, l’existence d’un plan d’apurement ne dispense pas de vérifier ses conditions et ses effets auprès du service compétent.

La dette doit être signalée au notaire avant la rédaction du contrat. Un éventuel remboursement issu d’une déclaration commune mérite également une vérification de sa ventilation et des possibilités d’affectation aux arriérés.

Quel calendrier préparer pour les revenus 2027 à 2029 ?

La comparaison entre un mariage en 2027 et en 2028 doit porter sur les premières années d’imposition commune et sur les revenus réellement attendus durant ces années.

Les dates et documents à rapprocher sont :

  1. La date effective de reprise de vie commune et les démarches de domicile, à anticiper avant le 31 décembre, compte tenu de la situation au 1er janvier suivant.

  2. Les preuves de paiement des rentes et les périodes auxquelles elles se rapportent.

  3. La répartition cohérente des enfants et des frais de garde entre les déclarations.

  4. L’année du mariage et l’existence éventuelle d’une cohabitation légale antérieure.

  5. La date et le motif de cessation d’activité, ainsi que la décision relative aux allocations.

  6. Les attestations du prêt, le contrat de mariage et les documents du plan d’apurement.

Choisir une date uniquement à partir d’une économie fiscale projetée laisserait de côté les droits civils, la protection du partenaire et les conséquences sociales. Les chiffres doivent être recalculés sur les pièces réelles du ménage.

Questions fréquentes

Si nous nous marions en 2027, faisons-nous immédiatement une déclaration commune ?

Dans le cas général présenté ici, les revenus 2027 restent imposés séparément et la première imposition commune concerne les revenus 2028, exercice 2029. Une cohabitation légale antérieure peut modifier ce calendrier.

Puis-je déduire la pension alimentaire si nous habitons à nouveau ensemble ?

La déduction exige notamment que le bénéficiaire ne fasse pas partie du ménage du payeur. Maintenir les virements après la reprise de vie commune ne suffit donc pas à conserver l’avantage fiscal.

Les deux parents peuvent-ils déclarer les mêmes enfants à charge ?

Ils ne peuvent pas réclamer chacun l’intégralité de l’avantage pour les mêmes enfants. Le traitement dépend de l’imposition séparée ou commune et, en cas de séparation, des conditions d’une éventuelle coparentalité fiscale.

Combien économise-t-on en se remariant ?

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Il faut comparer l’impôt total des deux partenaires en tenant compte de leurs revenus, des enfants, des réductions et des règles applicables à chaque année.

Le quotient conjugal est-il automatique si mon partenaire est au chômage ?

Le chômage n’ouvre pas, à lui seul, cet avantage. Les allocations sont prises en compte dans les revenus à examiner et le mécanisme dépend notamment du seuil de 30 % et du plafond applicable.

Un contrat de séparation de biens protège-t-il de toutes les dettes fiscales du conjoint ?

Il peut protéger certains revenus ou biens, mais il ne supprime pas les règles particulières du recouvrement fiscal. La nature de la dette et les preuves de propriété doivent être examinées.

Sources

Références complémentaires présentes dans l’analyse pour les paramètres et nuances exposés :

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles et montants peuvent changer chaque année. Le traitement correct dépend de la situation exacte, des justificatifs et des textes applicables à l’exercice concerné ; les hypothèses de réforme signalées nécessitent une validation préalable.

Besoin d'un avis fiscal adapté à votre situation ?

Vous êtes dans une situation similaire ? Befiscal a déjà traité des dossiers de ce type. Pour obtenir une analyse fiscale écrite adaptée à vos propres chiffres et à votre situation, cliquez sur le bouton de chat « Posez votre question » à droite de cette page : notre assistant prend le relais, recueille les informations nécessaires et vous guide jusqu’à votre analyse écrite personnalisée.