Comment déclarer un salaire étranger et des indemnités journalières pour une mission en Éthiopie en 2026 ?
Salaire étranger et per diem en Éthiopie : que déclarer en 2026 ? Cadre belge, code 1250, frais propres et délais MyMinfin.

Pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026, un résident fiscal belge doit déclarer en Belgique ses revenus professionnels mondiaux, y compris un salaire étranger non repris dans une proposition de déclaration simplifiée. Des indemnités journalières de 70 €/jour pour une mission en Éthiopie peuvent toutefois rester non imposables si elles constituent de vrais remboursements de frais propres à l’employeur, correctement documentés. La réponse dépend toujours de la situation individuelle.
Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent les revenus 2025, à déclarer pour l’exercice d’imposition 2026.
Le principe : un résident belge déclare ses revenus mondiaux
Une personne domiciliée et résidente fiscale belge en 2025 doit déclarer en Belgique ses revenus mondiaux, y compris les revenus professionnels étrangers.
Le fait qu’un revenu étranger ne figure pas dans une proposition de déclaration simplifiée ne signifie pas qu’il peut être ignoré. Si la proposition est incomplète, elle doit être corrigée ou remplacée par une déclaration complète via MyMinfin.
Cela vise notamment les situations où un travailleur belge reçoit, en plus de son salaire belge habituel, une rémunération d’une société étrangère pour une mission ponctuelle à l’étranger.
Salaire étranger pour une mission ponctuelle : revenu salarié ou indépendant ?
Dans un cas typique, un résident belge effectue une courte mission professionnelle à l’étranger via une société de portage ou un employeur établi hors de Belgique. L’attestation étrangère mentionne par exemple un salaire imposable d’environ 5.000 €, sans retenue d’impôt à l’étranger.
Lorsque la personne n’est pas indépendante, reçoit une fiche de paie, et que le document étranger parle d’un salaire, ce revenu doit en principe être traité comme une rémunération salariée étrangère, et non comme un revenu d’indépendant.
Dans la déclaration belge, ce revenu doit être ajouté au cadre IV, parmi les rémunérations de travailleurs salariés. Dans Tax-on-web, il s’agit en principe de la rubrique des rémunérations ordinaires qui ne figurent pas sur une fiche belge 281.10. Pour une personne isolée, cela correspond en pratique au code 1250, sous réserve de la présentation exacte dans Tax-on-web.
Quel montant déclarer pour le salaire étranger ?
Pour les revenus professionnels étrangers, le montant à déclarer est en principe le salaire étranger brut diminué des cotisations sociales obligatoires étrangères. Dans certains cas, l’impôt étranger payé peut également intervenir dans la détermination du montant.
Si l’attestation étrangère indique qu’aucun impôt n’a été retenu ou payé à l’étranger, il n’y a normalement pas d’impôt étranger à déduire.
Il faut donc vérifier la fiche de paie étrangère :
si le montant indiqué correspond réellement au salaire imposable ;
si des cotisations sociales obligatoires étrangères ont été retenues ;
si un impôt étranger a effectivement été payé ;
si le revenu a déjà été repris ailleurs dans la déclaration belge.
Si le revenu étranger n’a pas été repris sur une fiche fiscale belge et qu’il n’a pas subi de retenue belge, il faut s’attendre à un supplément d’impôt lors de l’avertissement-extrait de rôle. L’impact exact dépend du revenu annuel total, du taux marginal, des frais professionnels et de la taxe communale.
Peut-on demander une exonération belge pour ce revenu étranger ?
Il faut être prudent.
Une exonération ou réduction pour revenu professionnel étranger suppose que les conditions applicables soient remplies et documentées. Lorsque l’on invoque une réduction liée à un revenu taxé à l’étranger, il faut pouvoir prouver l’imposition étrangère.
Si l’attestation précise qu’aucun impôt étranger n’a été retenu ou payé, il est généralement risqué de demander spontanément une exonération ou une réduction en Belgique.
Dans ce type de situation, l’approche prudente consiste à déclarer le revenu comme rémunération étrangère imposable en Belgique, sans revendiquer d’exonération, sauf si un document fiscal étranger complémentaire démontre une taxation effective à l’étranger.
Salaire belge et primes déjà repris dans la déclaration
Si le salaire principal et les primes de mission sont versés via un payroll belge et qu’ils figurent déjà dans la proposition de déclaration simplifiée, il n’y a généralement rien à ajouter pour ces montants.
Il faut toutefois vérifier que toutes les primes de mission sont bien reprises sur les fiches de paie et sur la fiche fiscale belge.
Le fait qu’une partie du travail soit physiquement effectuée à l’étranger peut, dans certains cas, justifier une analyse plus poussée du droit d’imposition étranger. Mais en l’absence d’impôt étranger retenu ou réclamé, il faut éviter de demander une exonération belge sans base documentaire solide.
Indemnités journalières de 70 €/jour : salaire ou frais propres à l’employeur ?
La question des indemnités journalières est souvent la plus sensible.
En droit fiscal belge, une indemnité journalière versée à un travailleur pour une mission à l’étranger peut être non imposable lorsqu’elle constitue un remboursement de frais propres à l’employeur.
Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une rémunération, mais d’un remboursement forfaitaire de frais professionnels exposés pendant la mission.
L’administration accepte notamment les indemnités forfaitaires journalières pour voyages de service à l’étranger lorsqu’elles ne dépassent pas les montants fixés par pays pour les fonctionnaires fédéraux, sous certaines conditions.
Les plafonds applicables pour l’Éthiopie
Pour l’Éthiopie, les montants officiels applicables depuis le 1er août 2025 indiquent :
95 € par jour en catégorie 1 ;
57 € par jour en catégorie 2.
La catégorie 1 vise les missions d’une durée maximale de 30 jours civils. La catégorie 2 vise les séjours professionnels de plus de 30 jours civils consécutifs.
Pour des missions distinctes de moins de 30 jours civils, un forfait de 70 €/jour est donc inférieur au plafond de 95 € applicable depuis le 1er août 2025.
Pour les missions intervenues avant le 1er août 2025, il faut se référer à l’ancienne liste applicable depuis 2023. Pour l’Éthiopie, l’ancien montant de catégorie 1 était de 92 €. Là aussi, un forfait de 70 €/jour restait inférieur au plafond de catégorie 1.
Le plafond ne suffit pas : il faut prouver la nature du paiement
Le fait que l’indemnité de 70 €/jour soit inférieure au plafond applicable ne suffit pas à la rendre automatiquement non imposable.
Le fisc peut examiner la nature réelle du paiement. Pour être défendable comme indemnité non imposable, le montant doit couvrir de vrais frais liés à la mission, par exemple :
repas ;
boissons ;
petits frais sur place ;
déplacements locaux ;
communications ;
pourboires ou menues dépenses.
Les frais d’hôtel constituent en principe une catégorie distincte. Le fait que le logement ne soit pas remboursé séparément ne rend pas nécessairement le forfait taxable, mais les documents doivent éviter toute confusion avec un complément de salaire.
Il est donc important que l’employeur ou la société étrangère fournisse un document écrit précisant que les montants versés sont des indemnités forfaitaires de séjour ou per diem, et non une prime, un bonus ou une rémunération supplémentaire.
Quels documents conserver pour sécuriser les per diem ?
Pour défendre le caractère non imposable d’indemnités journalières, il est recommandé de conserver un dossier complet.
Le document de l’employeur devrait idéalement préciser :
que les indemnités de 70 €/jour sont des indemnités forfaitaires de séjour ;
qu’elles remboursent des frais propres à l’employeur exposés pendant les missions professionnelles ;
qu’elles ne constituent pas une prime, un bonus ou un complément de salaire ;
quels frais sont couverts ;
qu’aucun remboursement séparé équivalent n’est octroyé pour les mêmes frais ;
les dates ou périodes de mission ;
le pays concerné ;
le nombre de jours indemnisés ;
le calcul : nombre de jours de mission × 70 €.
Il est également utile de conserver les preuves de voyage, décomptes de mission, billets d’avion, justificatifs internes, virements et reçus.
Et si une partie des indemnités a été payée en liquide ?
Le paiement en liquide ne change pas automatiquement la qualification fiscale.
Deux situations doivent être distinguées.
Si les montants sont de véritables remboursements de frais propres à l’employeur, correctement justifiés, ils peuvent rester non imposables, qu’ils aient été payés par virement ou en espèces.
En revanche, si les montants ne sont pas suffisamment documentés ou ressemblent à une rémunération complémentaire, ils peuvent être requalifiés en rémunération imposable.
Le critère déterminant n’est donc pas le mode de paiement, mais la nature réelle du paiement et la qualité de la documentation.
Pour une partie payée en liquide, il est prudent d’obtenir un décompte signé indiquant la date de paiement, le montant, la mission concernée, le nombre de jours, le lieu de mission et la mention expresse qu’il s’agit d’un per diem ou remboursement de frais professionnels.
Les per diem ne sont pas les frais forfaitaires de MyMinfin
Il ne faut pas confondre les indemnités journalières avec les frais professionnels forfaitaires dans la déclaration.
Les frais professionnels forfaitaires sont une déduction automatique accordée au travailleur sur ses revenus professionnels imposables. Pour les travailleurs salariés, le forfait est calculé à 30 % des revenus professionnels bruts diminués des cotisations sociales, avec un maximum de 5.930 € pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026.
Les indemnités journalières, lorsqu’elles sont correctement qualifiées comme frais propres à l’employeur, ne sont pas des frais que le travailleur déduit lui-même. Ce sont des remboursements de frais par l’employeur.
Elles ne doivent donc pas être inscrites dans la rubrique des frais professionnels personnels si elles sont déjà traitées comme remboursements non imposables.
Délais de déclaration pour les revenus 2025
Pour l’exercice d’imposition 2026, revenus 2025, le SPF Finances indique notamment :
un délai ordinaire via MyMinfin au 15 juillet 2026 ;
un délai particulier au 16 octobre 2026 pour certaines déclarations contenant notamment des revenus professionnels étrangers.
Lorsqu’une proposition de déclaration simplifiée est manifestement incomplète, il est préférable de ne pas attendre et de la corriger dès que possible.
En pratique, que faut-il retenir ?
Pour une déclaration belge 2026 portant sur les revenus 2025, la logique générale est la suivante.
Le salaire étranger ponctuel doit être ajouté à la déclaration belge s’il n’est pas déjà repris sur une fiche fiscale belge. Il doit être traité comme une rémunération salariée étrangère si les documents indiquent une relation salariale.
Les indemnités journalières de 70 €/jour pour l’Éthiopie peuvent rester non imposables si elles correspondent réellement à des frais propres à l’employeur, si elles respectent les plafonds applicables et si elles sont correctement documentées.
Le risque principal n’est pas seulement le montant, mais la qualification : sans preuve écrite, un per diem peut être requalifié en rémunération imposable.
Questions fréquentes
Dois-je déclarer un salaire étranger s’il n’apparaît pas dans ma proposition de déclaration simplifiée ?
Oui. Un résident fiscal belge doit déclarer ses revenus professionnels mondiaux. Si un salaire étranger n’apparaît pas dans la proposition de déclaration simplifiée, celle-ci doit être corrigée.
Un salaire étranger ponctuel doit-il être déclaré comme revenu d’indépendant ?
Pas nécessairement. Si la personne n’était pas indépendante, a reçu une fiche de paie et que l’attestation parle d’un salaire, le revenu doit en principe être déclaré comme rémunération salariée étrangère.
Quel code utiliser pour une rémunération étrangère non reprise sur fiche belge ?
Dans un profil de personne isolée, la rubrique des rémunérations ordinaires non reprises sur fiche belge correspond en pratique au code 1250, sous réserve de la présentation exacte dans Tax-on-web.
Les indemnités journalières de 70 €/jour pour l’Éthiopie sont-elles imposables ?
Elles peuvent être non imposables si elles constituent de vrais remboursements de frais propres à l’employeur. Pour l’Éthiopie, le forfait de 70 €/jour est inférieur aux plafonds de catégorie 1 mentionnés dans l’analyse, mais la documentation reste essentielle.
Le paiement en liquide rend-il automatiquement les per diem imposables ?
Non. Le paiement en liquide ne détermine pas à lui seul le traitement fiscal. Ce qui compte est de prouver que le montant correspond réellement à un remboursement de frais professionnels et non à un complément de rémunération.
Les per diem remplacent-ils les frais forfaitaires dans MyMinfin ?
Non. Les per diem sont des remboursements de frais propres à l’employeur. Les frais forfaitaires dans MyMinfin sont une déduction automatique sur les revenus professionnels imposables, avec un maximum de 5.930 € pour les revenus 2025.
Sources
SPF Finances — Revenus à l’étranger — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/international/revenus-comptes-etrangers/revenus
SPF Finances — Revenus professionnels — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/revenus/revenus-professionnels
SPF Finances — Déclaration d’impôt 2026 — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/rentrer-declaration/declaration-impot
SPF Finances — Revenus, biens et comptes à l’étranger — https://finances.belgium.be/sites/default/files/downloads/111-revenus-etrangers-2021.pdf
SPF Finances — Explications déclaration IPP 2026, partie 1, Région wallonne — https://fin.belgium.be/sites/default/files/media/documents/explications-partie-1-rw-2026.pdf
SPF Finances — Circulaire 2025/C/70 relative aux indemnités de séjour forfaitaires à l’étranger — https://blog.forumforthefuture.be/fr/article/circulaire-2025c70-relative-aux-indemnites-de-sejour-forfaitaires-pour-voyages-de-service-a-letranger-et-pour-les-sejours-professionnels-a-letranger-de-plus-de-30-jours/28980
Moniteur belge — Indemnités de séjour à l’étranger applicables depuis le 1er août 2025 — https://www.securex.be/getattachment/f7a5ac51-c414-46b8-9d72-f8df039d160f/Voyages-de-service-a-l-etranger.pdf
BOSA — Arrêté ministériel du 10 janvier 2023 relatif aux indemnités de séjour à l’étranger — https://bosa.belgium.be/sites/default/files/content/documents/20230110%20AM%20Frais%20de%20s%C3%A9jour%20MB%20Verblijfkosten.pdf
SD Worx — Obligation de fiche pour les frais propres à l’employeur — https://www.sdworx.be/fr-be/actua-tendances/paie-remuneration/extension-de-lobligation-de-fiche-pour-les-frais
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer chaque année et le traitement correct dépend des documents, montants, pays concernés et circonstances exactes de chaque situation.
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