Retraite en Nouvelle-Zélande en 2027 : où déclarer pensions et loyers français ?
Retraite en Nouvelle-Zélande : où imposer pensions et loyers français ? Résidence fiscale, retenue et déclarations pour un départ envisagé en 2027.

Les pensions françaises relevant de la sécurité sociale restent imposables en France, et les loyers d’un bien français peuvent également y être taxés. Le départ exige toutefois de déterminer la résidence fiscale et les obligations néo-zélandaises, selon les circonstances individuelles.
Exemple illustratif pour un départ en 2027 : les barèmes chiffrés ci-dessous concernent les revenus 2026 et ne constituent pas une simulation pour 2027.
Déterminer la résidence fiscale avant de calculer l’impôt
Prenons le cas type d’une personne retraitée qui s’installe en Nouvelle-Zélande tout en conservant des pensions et une location meublée en France.
Le visa ne détermine pas, à lui seul, la résidence fiscale. Les logements réellement disponibles, les séjours et les liens personnels et économiques comptent. Une adresse postale française ne suffit pas à résoudre cette question.
Lorsque les deux pays considèrent une personne comme résidente, la convention examine successivement le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité. Il faut documenter la situation réelle, y compris les conditions d’un hébergement chez un proche. Le bénéfice des dispositions conventionnelles doit être vérifié, notamment en présence d’une exonération temporaire à l’étranger.
Distinguer les catégories de pensions
La convention distingue les pensions d’emploi antérieur et celles versées en application de la législation de sécurité sociale. Ces dernières sont imposables exclusivement dans l’État qui les verse.
L’administration française inclut dans cette catégorie les retraites de base et les régimes complémentaires obligatoires, dont l’Agirc-Arrco. Une rente issue d’un autre dispositif doit être examinée séparément.
Pour les pensions françaises imposables en France d’un non-résident, une retenue à la source spécifique remplace le prélèvement à la source ordinaire. Il faut informer les caisses et utiliser les rubriques déclaratives adaptées.
Un exemple de retenue avec le barème 2026
Pour les paiements se rapportant à une année entière, le barème de retenue applicable aux revenus 2026 est :
0 % jusqu’à 17 275 € ;
12 % sur la fraction supérieure à 17 275 € et inférieure ou égale à 50 112 € ;
20 % au-delà de 50 112 €.
Avec une pension brute annuelle illustrative de 30 000 €, une assiette simplifiée après abattement de 10 % serait de 27 000 €. L’application du barème annuel donne : (27 000 − 17 275) × 12 % = 1 167 €.
Ce calcul illustre le mécanisme. La périodicité des versements, plusieurs organismes payeurs et une année de départ incomplète peuvent nécessiter une régularisation. Il ne permet pas de prédire la retenue de 2027.
Location meublée française : raisonner sur le résultat fiscal
Les revenus d’un immeuble français restent imposables en France. En location meublée au régime réel, le montant à déclarer dépend du résultat fiscal, après les charges et amortissements admis, avec leurs limites.
La liasse 2031 et ses annexes servent à établir ce résultat, ensuite reporté sur la 2042 C PRO. Le départ ne dispense pas de ces obligations.
Le calcul des non-résidents prévoit un minimum de 20 %, puis 30 %. Pour les revenus 2025, le seuil entre ces taux est de 29 579 € ; il ne doit pas être transposé automatiquement aux revenus 2027.
Un taux moyen inférieur peut être demandé en justifiant les revenus mondiaux. Il n’est pas garanti par le seul montant des pensions françaises.
Pour un résultat locatif illustratif de 3 000 €, l’application de 20 % donne 600 € d’impôt, avant éventuel taux moyen et prélèvements sociaux. Ces derniers nécessitent une vérification distincte selon l’année et l’affiliation sociale.
L’exonération temporaire néo-zélandaise a des limites
Un nouvel arrivant éligible peut bénéficier d’une exonération d’environ quatre ans sur la plupart de ses revenus étrangers, dont les loyers. Elle est soumise à conditions et ne couvre pas les revenus étrangers d’emploi ou de services.
Sa date de fin ne découle pas nécessairement de la seule date d’arrivée. Il faut vérifier les critères de résidence et les dates retenues par l’Inland Revenue.
Après cette période, les revenus étrangers concernés doivent être examinés selon les règles néo-zélandaises. Le résultat locatif français ne peut pas être recopié sans contrôle : les bases de calcul peuvent différer. Le crédit d’impôt conventionnel ne garantit pas une absence de complément d’impôt.
Organiser la déclaration de l’année du départ
Si le domicile fiscal est transféré en 2027, les déclarations déposées en 2028 distinguent :
la période de résidence française, sur la 2042 et ses annexes ;
les revenus restant imposables en France après le départ, sur la 2042-NR et les annexes nécessaires.
Il faut signaler le changement d’adresse, conserver les justificatifs de résidence et coordonner les informations transmises aux impôts et aux caisses de retraite.
La couverture santé et les retenues sociales sur pensions demandent un examen séparé : résidence fiscale, droits aux soins en France et assurance exigée pour le séjour ne se confondent pas.
Questions fréquentes
Un visa de visiteur empêche-t-il de devenir résident fiscal ?
Non. Le statut migratoire et la résidence fiscale répondent à des règles distinctes.
Toutes les pensions françaises suivent-elles la même règle ?
Non. Il faut identifier chaque régime et distinguer notamment les pensions de sécurité sociale des autres pensions ou rentes.
Faut-il déclarer les loyers bruts comme bénéfice ?
Au régime réel, le résultat fiscal tient compte des charges et amortissements admis. Les loyers encaissés ne correspondent donc pas nécessairement au bénéfice imposable.
L’exonération temporaire dure-t-elle autant que le visa ?
Non. Sa durée fiscale doit être calculée séparément et peut prendre fin avant le séjour autorisé.
Peut-on garantir qu’aucun impôt supplémentaire ne sera dû à l’étranger ?
Non. La catégorie de revenu, la convention, les exonérations et les différences de bases imposables doivent être examinées ensemble.
Sources
Convention fiscale France–Nouvelle-Zélande, version consolidée — impots.gouv.fr
Non-résident : déclaration des traitements, salaires et pensions — impots.gouv.fr
Comment déclarer vos revenus l’année du départ — impots.gouv.fr
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles évoluent chaque année et le traitement dépend de la situation exacte.
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