Décès d’un conjoint en 2025 : faut-il choisir l’imposition commune pour les revenus 2025 ?

4 juin 2026

Décès d’un conjoint en 2025 : faut-il choisir l’imposition commune ? Cadre fiscal, quotient conjugal, pensions et habitation propre.

Green Fern

En cas de décès d’un conjoint en 2025, il peut être fiscalement avantageux de demander une imposition commune pour l’exercice d’imposition 2026, surtout si le conjoint décédé a eu peu de revenus et que le conjoint survivant a perçu des pensions plus élevées. L’intérêt vient notamment du quotient conjugal, mais la meilleure option dépend toujours de la situation exacte.

Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent les revenus 2025, à déclarer pour l’exercice d’imposition 2026.

Le cadre fiscal en cas de décès d’un conjoint

Lorsqu’un conjoint décède pendant l’année des revenus, il ne faut pas simplement déposer une seule déclaration commune comme si rien n’avait changé.

En pratique, deux déclarations distinctes doivent être déposées :

  • une déclaration pour le conjoint survivant ;

  • une déclaration au nom de la succession du conjoint décédé, pour les revenus perçus jusqu’à la date du décès.

Cependant, il est possible, dans certains cas, de demander que l’administration établisse ensuite une imposition commune.

C’est un point important : l’imposition commune ne signifie pas qu’il n’y a qu’une seule déclaration à remplir. Elle signifie que les deux déclarations sont traitées ensemble pour le calcul de l’impôt.

Si aucune option n’est correctement cochée, l’administration peut en principe établir deux impositions distinctes, ce qui n’est pas toujours fiscalement optimal.

Pourquoi l’imposition commune peut être plus avantageuse

L’imposition commune peut être intéressante lorsque les revenus des deux conjoints sont très déséquilibrés.

Prenons un exemple simplifié.

Un conjoint décède au début de l’année 2025. Il ne perçoit donc qu’environ un mois de pension, soit environ 9.600 € de pensions imposables, avec un précompte professionnel déjà retenu.

Le conjoint survivant perçoit, lui, des pensions nettement plus élevées sur l’année 2025, notamment une pension personnelle et des pensions de survie, pour un total d’environ 45.000 € de pensions imposables.

Dans une telle situation, regarder uniquement la déclaration du conjoint décédé peut être trompeur. Comme ses revenus sont faibles et que du précompte a déjà été retenu, sa déclaration isolée peut donner l’impression d’un remboursement important.

Mais la vraie comparaison doit se faire au niveau global :

  • scénario 1 : deux impositions distinctes ;

  • scénario 2 : imposition commune entre le conjoint survivant et la succession du conjoint décédé.

Ce qui compte est le résultat total des deux déclarations, pas uniquement le remboursement d’une seule déclaration.

Le rôle du quotient conjugal

Le principal avantage potentiel vient du quotient conjugal.

Lorsque des conjoints sont imposés ensemble et que l’un des deux a des revenus professionnels nettement plus faibles que l’autre, une partie des revenus du conjoint ayant les revenus les plus élevés peut être fiscalement attribuée à l’autre conjoint.

Les pensions sont prises en compte dans ce mécanisme comme des revenus professionnels.

Pour l’exercice d’imposition 2026, le quotient conjugal peut permettre de porter les revenus du conjoint ayant les revenus les plus faibles jusqu’à 30 % du total des revenus professionnels du couple, avec un plafond de 13.460 €.

Dans l’exemple ci-dessus, les pensions combinées du couple s’élèvent à environ 54.700 €.

Trente pour cent de ce total représentent environ 16.400 €. Si le conjoint décédé n’a perçu qu’environ 9.600 € de pensions, l’imposition commune pourrait permettre de transférer fiscalement environ 6.800 € des revenus du conjoint survivant vers le conjoint décédé.

Ce transfert resterait inférieur au plafond de 13.460 €.

L’intérêt fiscal vient du fait que les revenus du conjoint survivant peuvent se situer dans des tranches d’imposition plus élevées, tandis que le conjoint décédé dispose encore d’une marge imposable à un taux plus faible.

Pour les revenus 2025, les tranches fédérales comprennent notamment les taux de 25 %, 40 %, 45 % et 50 %, avec une quotité exemptée de base de 10.910 €.

En ordre de grandeur, selon les chiffres et les réductions applicables, l’imposition commune peut parfois générer une économie globale d’environ 1.000 € à 1.700 €. Le montant exact dépend toutefois du calcul complet, notamment des réductions d’impôt pour pensions et des additionnels communaux.

Quelle option cocher dans la déclaration ?

Pour les revenus 2025, lorsque le conjoint survivant est veuf ou veuve au 1er janvier 2026 parce que l’autre conjoint est décédé en 2025, la déclaration doit correctement refléter cette situation.

Dans le document préparatoire de l’exercice d’imposition 2026, les codes pertinents peuvent notamment être :

  • code 1010-57 : veuf ou veuve ;

  • code 1011-56 : conjoint décédé en 2025 ;

  • code 1012-55 : option pour une imposition commune.

À l’inverse, il faut éviter de cocher l’option pour deux impositions distinctes si l’imposition commune est plus avantageuse. Cette option correspond au code 1013-54.

Le choix doit être vérifié avant dépôt, car une erreur dans cette partie de la déclaration peut modifier fortement le résultat final.

Comment déclarer les pensions du conjoint décédé et du conjoint survivant

Les pensions doivent être reprises sur la base des fiches fiscales, notamment les fiches 281.11.

En principe :

  • les pensions légales de retraite sont reprises au code 228 ;

  • les pensions de survie et allocations de transition sont reprises au code 229 ;

  • certaines autres pensions ou rentes imposables globalement peuvent être reprises au code 211 ;

  • le précompte professionnel est repris au code 225.

Dans un exemple typique, le conjoint décédé pourrait avoir environ 9.600 € à reprendre au code 228, avec le précompte professionnel correspondant au code 225.

Le conjoint survivant pourrait, lui, devoir reprendre :

  • une pension personnelle au code 228 ;

  • des pensions de survie au code 229 ;

  • une autre pension ou rente au code 211 ;

  • le précompte professionnel au code 225.

Si plusieurs fiches fiscales mentionnent le même code, il faut additionner les montants relevant de ce même code.

Tax-on-web préremplit souvent ces informations, mais une vérification reste importante, surtout lorsqu’il existe plusieurs fiches de pensions ou des pensions de survie.

L’ancienne habitation familiale doit-elle être déclarée au cadre III ?

Le décès d’un conjoint s’accompagne parfois d’une vente de l’ancienne habitation familiale.

Dans l’exemple analysé, les conjoints étaient propriétaires depuis de nombreuses années d’une habitation qui n’était plus occupée parce qu’ils vivaient en maison de repos. Le bien n’était pas loué et a été vendu en 2025.

La question est alors de savoir si le revenu cadastral doit être déclaré au cadre III.

Une habitation que l’on n’occupe plus personnellement peut encore être considérée comme habitation propre lorsque l’absence d’occupation est justifiée par certaines raisons, notamment sociales, professionnelles, légales, contractuelles ou liées à des travaux.

Un départ en maison de repos pour des raisons de santé ou d’incapacité à continuer à vivre dans le logement peut constituer un argument solide pour soutenir que le bien reste l’habitation propre.

Si cette qualification est admise, le revenu cadastral de l’ancienne habitation familiale ne doit pas être déclaré au cadre III pour la période concernée.

Par prudence, il est utile de conserver :

  • une attestation de la maison de repos ;

  • les factures de maison de repos ;

  • la preuve que le bien n’était pas loué ;

  • le compromis et l’acte de vente.

Si l’administration refusait la qualification d’habitation propre, il ne faudrait en tout cas pas déclarer une année complète de revenu cadastral lorsque le bien a été vendu en cours d’année.

Par exemple, pour un revenu cadastral non indexé d’environ 1.200 € et une vente au printemps 2025, seul le revenu cadastral correspondant à la période de propriété en 2025 devrait être envisagé. À titre indicatif, une période de 120 jours donnerait environ 390 € de revenu cadastral non indexé avant ventilation éventuelle entre les personnes concernées.

Il peut aussi exister une réduction du revenu cadastral lorsqu’un immeuble bâti non meublé est resté totalement inoccupé et improductif pendant au moins 90 jours, mais cela suppose de pouvoir documenter précisément la situation.

La vente de l’habitation familiale entraîne-t-elle une plus-value imposable ?

En principe, la vente d’une ancienne habitation familiale détenue depuis très longtemps ne génère pas de plus-value immobilière imposable à l’impôt des personnes physiques.

La taxation des plus-values sur bâtiments vise notamment les ventes de bâtiments situés en Belgique lorsqu’ils sont cédés dans les cinq ans de l’achat.

Si le bien était détenu depuis plus de quarante ans, on est très largement en dehors de ce délai de cinq ans.

Le fait que l’habitation n’était plus matériellement occupée au moment de la vente ne suffit pas, à lui seul, à rendre la plus-value imposable. Lorsque la vente porte sur un ancien bien familial, détenu depuis longtemps, non loué et vendu dans un contexte familial ou successoral, il ne s’agit généralement pas d’une opération spéculative ou professionnelle.

Dans ce type de situation, il n’y a donc en principe pas de plus-value immobilière à déclarer.

Les frais de maison de repos sont-ils déductibles ?

Les frais de maison de repos peuvent être utiles pour expliquer pourquoi l’ancienne habitation familiale n’était plus occupée.

En revanche, ces frais ne sont pas automatiquement déductibles dans la déclaration des parents.

Sauf attestation fiscale spécifique donnant droit à un avantage fiscal déterminé, les frais de séjour en maison de repos ne doivent pas être repris comme frais déductibles dans leur déclaration.

Il existe toutefois une piste différente lorsque les enfants ont personnellement payé une partie des frais de maison de repos avec leurs propres fonds, sans remboursement par le parent ou par la succession.

Dans certains cas, ces paiements peuvent être considérés comme une pension alimentaire versée à un parent, à condition de respecter plusieurs critères :

  • existence d’une obligation alimentaire ;

  • état de besoin du parent ;

  • paiement effectif par l’enfant ;

  • paiement régulier ou justifié ;

  • bénéficiaire ne faisant pas partie du ménage ;

  • preuves de paiement suffisantes.

Pour les paiements effectués en 2025, la partie déductible est de 70 %.

Cette possibilité doit toutefois être analysée prudemment. Si le parent disposait de pensions importantes, de liquidités ou du produit de la vente de l’habitation, il peut être difficile de démontrer un véritable état de besoin. Si les frais ont été payés par les comptes des parents ou par la succession, il n’y a en principe pas de déduction à revendiquer par les enfants.

Pourquoi une simulation finale est indispensable

Même si l’imposition commune paraît souvent avantageuse dans ce type de situation, il faut toujours effectuer une simulation complète.

La comparaison doit porter sur :

  • les deux impositions distinctes ;

  • l’imposition commune entre le conjoint survivant et la succession du conjoint décédé.

Il faut comparer le résultat global : remboursements, suppléments, réductions d’impôt pour pensions, additionnels communaux et éventuelles particularités liées aux revenus immobiliers.

L’erreur classique consiste à regarder uniquement le remboursement attendu dans la déclaration du conjoint décédé. Or ce remboursement isolé peut être moins intéressant que l’économie globale obtenue grâce à l’imposition commune.

Frequently asked questions

Faut-il déposer une ou deux déclarations si un conjoint décède en 2025 ?

Il faut en principe déposer deux déclarations : une pour le conjoint survivant et une au nom de la succession du conjoint décédé. Mais il peut être possible de demander une imposition commune pour le calcul final de l’impôt.

L’imposition commune est-elle toujours plus avantageuse après le décès d’un conjoint ?

Non. Elle peut être avantageuse lorsque les revenus des conjoints sont déséquilibrés, notamment grâce au quotient conjugal. Mais il faut comparer le résultat global des deux scénarios avant de choisir.

Quels codes utiliser pour demander l’imposition commune en cas de décès en 2025 ?

Pour l’exercice d’imposition 2026, les codes pertinents peuvent notamment être 1010-57 pour veuf ou veuve, 1011-56 pour conjoint décédé en 2025 et 1012-55 pour l’option d’imposition commune. Le code 1013-54 correspond à l’option pour deux impositions distinctes.

Les pensions de survie doivent-elles être déclarées séparément ?

Oui. Les pensions doivent être reprises selon les codes indiqués sur les fiches fiscales. Les pensions de survie et allocations de transition sont généralement reprises au code 229, tandis que les pensions légales de retraite sont reprises au code 228.

Faut-il déclarer le revenu cadastral d’une maison quittée pour une maison de repos ?

Pas nécessairement. Si l’habitation peut encore être considérée comme l’habitation propre parce que l’occupation a cessé pour des raisons sociales ou de santé, le revenu cadastral ne doit en principe pas être déclaré. Les preuves doivent être conservées.

La vente d’une maison familiale détenue depuis plus de cinq ans est-elle imposable ?

En principe, la taxation des plus-values sur bâtiments vise notamment les ventes réalisées dans les cinq ans de l’achat. Si l’habitation familiale est détenue depuis plusieurs décennies, aucune plus-value immobilière ne devrait normalement être déclarée, sauf situation particulière.

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer chaque année et le traitement correct dépend toujours des revenus, des fiches fiscales, de la situation familiale, du bien immobilier concerné et des options effectivement cochées dans la déclaration.

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