Frais professionnels réels ou forfait légal en Belgique pour les revenus 2025 : que choisir dans la déclaration 2026 ?

31 mai 2026

Frais réels ou forfait en 2026 ? Voyez quand déclarer ses frais, et comment traiter Airbnb, emprunt hypothécaire et compte étranger.

Green Fern

Pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026, un salarié belge peut déclarer ses frais professionnels réels, mais cela n’est intéressant que si ces frais dépassent le forfait légal automatique, plafonné à 5.930 €. Lorsque le forfait est déjà atteint, les frais réels ne procurent un avantage que sur l’excédent, et uniquement si les dépenses sont professionnelles, non remboursées et justifiées. La réponse dépend toutefois de la situation exacte du contribuable.

Les montants ci-dessous sont illustratifs et concernent les revenus 2025, exercice d’imposition 2026.

Le principe : le forfait légal s’applique automatiquement

En Belgique, un salarié bénéficie automatiquement d’un forfait légal de frais professionnels. Il n’est donc pas obligé de prouver ses frais pour obtenir une déduction.

Pour les revenus 2025, exercice d’imposition 2026, ce forfait correspond à 30 % des rémunérations brutes diminuées des cotisations sociales, avec un maximum de 5.930 €.

Cela signifie que, lorsque le contribuable ne déclare pas de frais professionnels réels, l’administration applique déjà une déduction forfaitaire. Les frais réels ne deviennent intéressants que si leur montant total est supérieur à ce forfait.

Dans une situation typique où la rémunération imposable est suffisamment élevée, le plafond de 5.930 € est généralement atteint. Le contribuable doit donc pouvoir justifier plus de 5.930 € de frais professionnels réels pour que l’option soit utile.

Quand les frais professionnels réels sont-ils intéressants ?

Les frais professionnels réels peuvent notamment viser :

  • les déplacements domicile-lieu de travail non entièrement remboursés ;

  • certains déplacements professionnels supportés personnellement ;

  • des frais de formation directement liés à l’activité professionnelle ;

  • une quote-part professionnelle de téléphone, internet ou matériel informatique ;

  • certains frais d’équipement strictement professionnels, lorsque ceux-ci ne sont pas fournis ou remboursés par l’employeur.

En revanche, les frais suivants ne peuvent normalement pas être repris comme frais professionnels réels :

  • les vêtements ordinaires ;

  • les repas habituels ;

  • les amendes ;

  • les frais privés ;

  • les frais déjà remboursés par l’employeur ;

  • les frais liés à un bien immobilier privé ou locatif.

L’élément central est donc la preuve. Le contribuable doit pouvoir démontrer que la dépense est professionnelle, réellement supportée, non remboursée et justifiée par des pièces probantes.

Exemple chiffré : pourquoi l’avantage peut être limité

Prenons une situation illustrative dans laquelle un salarié atteint déjà le plafond forfaitaire de 5.930 €.

Si ses frais réels s’élèvent à environ 3.000 € ou 4.000 €, il n’a généralement pas intérêt à les déclarer, car le forfait automatique est plus élevé.

Si ses frais réels atteignent environ 6.500 €, l’avantage fiscal ne porte pas sur les 6.500 € entiers. Il porte seulement sur l’excédent par rapport au forfait, soit environ :

6.500 € – 5.930 € = 570 €.

Dans ce cas, l’économie d’impôt dépend du taux marginal d’imposition du contribuable, mais elle reste calculée uniquement sur cet excédent. C’est pourquoi les frais réels ne sont réellement intéressants que lorsqu’ils dépassent nettement le forfait légal.

Attention aux remboursements de frais par l’employeur

Un point souvent oublié concerne les dépenses propres à l’employeur. Lorsqu’une fiche de rémunération mentionne des indemnités ou remboursements de frais, cela signifie qu’une partie des dépenses professionnelles a déjà été prise en charge.

Ces montants ne peuvent pas être déduits une deuxième fois comme frais professionnels réels.

Dans une déclaration 2026, il faut donc comparer :

  • le montant du forfait légal automatique ;

  • les frais réellement supportés ;

  • les frais déjà remboursés ou pris en charge ;

  • les justificatifs disponibles.

Lorsque les frais réels sont retenus, ils doivent en principe être repris dans le code 1258 de la déclaration.

Biens immobiliers belges loués à des particuliers : loyers réels ou revenu cadastral ?

La question des frais professionnels peut coexister avec d’autres revenus, notamment des revenus immobiliers.

Lorsqu’un bien immobilier situé en Belgique est loué à une personne physique qui ne l’utilise pas à des fins professionnelles, le propriétaire ne déclare généralement pas les loyers réellement perçus. Il déclare le revenu cadastral non indexé du bien.

L’administration calcule ensuite le revenu immobilier imposable sur la base du revenu cadastral indexé, majoré de 40 %.

Exemple illustratif : pour un revenu cadastral non indexé d’environ 350 €, le revenu immobilier imposable peut être de l’ordre de 1.100 € pour les revenus 2025, selon les paramètres applicables.

Ce régime est généralement beaucoup plus favorable qu’une taxation sur les loyers réels, mais il suppose que le locataire n’utilise pas le bien à des fins professionnelles. Si le locataire déduit le loyer comme frais professionnels, le traitement fiscal peut devenir nettement moins favorable.

Location Airbnb meublée en Belgique : ne pas déclarer uniquement le revenu cadastral

Une location de courte durée via une plateforme comme Airbnb doit être analysée avec prudence, surtout lorsqu’elle est meublée.

Même si la plateforme est étrangère, le bien reste un bien belge lorsqu’il est situé en Belgique. Il ne s’agit donc pas d’un revenu immobilier étranger.

En cas de location meublée, il faut en principe distinguer :

  1. la partie immobilière, liée au bâtiment ;

  2. la partie mobilière, liée aux meubles ;

  3. les éventuels services supplémentaires, comme le nettoyage, le linge, le petit-déjeuner ou un accueil organisé.

À défaut de ventilation contractuelle entre le bâtiment et les meubles, l’administration considère généralement que 40 % du loyer total se rapporte aux meubles.

Exemple illustratif : si les revenus bruts Airbnb s’élèvent à environ 5.600 €, la partie relative aux meubles peut être estimée à environ 2.240 €. Après application du forfait de frais de 50 % applicable aux revenus mobiliers de location de meubles, le revenu mobilier net serait d’environ 1.120 €.

Ce revenu mobilier est en principe déclaré au code 1156 et taxé au taux de 30 %.

L’erreur à éviter est donc de déclarer uniquement le revenu cadastral alors qu’une partie du bien a été louée meublée. Les plateformes numériques transmettent des informations à l’administration fiscale, ce qui rend la cohérence de la déclaration particulièrement importante.

Services Airbnb : revenus divers ou professionnels ?

Lorsque la location meublée s’accompagne de services, il faut examiner si une partie du revenu doit être qualifiée autrement.

Des services ponctuels et limités peuvent parfois rester accessoires. En revanche, une organisation régulière, commerciale ou structurée peut augmenter le risque de taxation comme revenus divers, voire comme revenus professionnels.

Les éléments à examiner sont notamment :

  • le nombre de jours de location ;

  • la fréquence de l’activité ;

  • l’existence de services facturés ou inclus ;

  • le niveau d’organisation ;

  • la continuité de l’activité ;

  • la comparaison avec une simple gestion normale du patrimoine privé.

Une activité limitée dans le temps, par exemple quelques dizaines de jours avant une location classique, présente généralement un risque plus faible qu’une activité récurrente et organisée toute l’année. Mais l’analyse dépend des faits concrets.

Emprunt hypothécaire pour un bien donné en location : l’attestation 281.61 ne suffit pas

Une attestation 281.61 peut signaler qu’un emprunt hypothécaire ouvre un avantage fiscal potentiel. Mais cet avantage n’est pas automatique.

Il faut vérifier :

  • la date de conclusion de l’emprunt ;

  • l’affectation du bien ;

  • le fait qu’il s’agit ou non de l’habitation propre ;

  • la nature des montants payés : intérêts, capital, assurance ;

  • les plafonds applicables ;

  • les autres dépenses déjà utilisées dans le même panier fiscal.

Pour un bien qui n’est pas l’habitation propre et qui est donné en location, on se situe en principe dans le régime fédéral applicable aux dépenses ne concernant pas l’habitation propre.

Pour l’exercice d’imposition 2026, la déduction ordinaire fédérale des intérêts pour les biens autres que l’habitation propre n’est plus applicable. Les intérêts ne procurent donc pas nécessairement l’avantage fiscal auquel certains contribuables s’attendent.

En revanche, les amortissements en capital d’un emprunt hypothécaire conclu avant 2024 peuvent encore, sous conditions, entrer dans le cadre de la réduction fédérale pour épargne à long terme.

Exemple de calcul pour l’épargne à long terme

Pour les emprunts conclus de 2019 à 2023, seule la première tranche de 78.440 € de l’emprunt est prise en considération.

Si un emprunt initial est d’environ 198.000 € et que les amortissements en capital payés pendant l’année sont d’environ 6.930 €, il ne faut pas reprendre automatiquement l’intégralité de ce montant.

Le calcul indicatif est le suivant :

6.930 € × 78.440 € / 198.000 € = environ 2.746 €.

Ce montant doit ensuite être confronté au plafond global de l’épargne à long terme. Pour les revenus 2025, la réduction est généralement de 30 %, avec un plafond annuel de dépenses pouvant atteindre 2.450 €.

L’avantage fiscal maximal peut donc être d’environ 735 €, si le contribuable dispose de suffisamment d’impôt à réduire et si le panier de l’épargne à long terme n’est pas déjà utilisé par d’autres dépenses.

Compte-titres étranger : déclaration, revenus mobiliers et taxe boursière

Un compte-titres ouvert auprès d’un courtier étranger doit être déclaré au Point de contact central de la Banque nationale de Belgique. Il doit aussi être mentionné chaque année dans la déclaration fiscale belge tant qu’il existe.

Pour les actions et ETF détenus dans le cadre de la gestion normale d’un patrimoine privé, les plus-values réalisées en 2025 ne sont en principe pas imposables. Mais cette règle suppose une gestion normale, sans spéculation excessive, effet de levier, fréquence anormale ou organisation quasi professionnelle.

Il faut également vérifier si le courtier étranger a versé :

  • des intérêts sur liquidités ;

  • des dividendes ;

  • des distributions d’ETF ;

  • des revenus soumis à une retenue étrangère.

Lorsque des intérêts ou dividendes sont perçus via un intermédiaire étranger sans précompte mobilier belge, ils doivent en principe être déclarés en Belgique, sauf exonération applicable. Le taux ordinaire est en principe de 30 %.

Autre point souvent oublié : la taxe sur les opérations de bourse. Si le courtier étranger ne l’a pas acquittée, le contribuable doit en principe la déclarer et la payer lui-même, séparément de la déclaration IPP classique.

Enfin, la nouvelle taxe belge sur certaines plus-values financières annoncée à partir du 1er janvier 2026 ne concerne pas directement la déclaration des revenus 2025. Il peut toutefois être utile de conserver la valeur du portefeuille au 31 décembre 2025, car cette date peut servir de référence pour certains actifs acquis avant 2026.

Les points à vérifier avant d’envoyer la déclaration 2026

Dans une situation combinant salaire, biens immobiliers loués, location Airbnb meublée, emprunt hypothécaire et compte étranger, les principaux points d’attention sont les suivants :

  • comparer les frais réels avec le forfait légal de 5.930 € ;

  • éviter de déduire des frais déjà remboursés par l’employeur ;

  • vérifier les montants préremplis de la fiche de rémunération ;

  • déclarer correctement les revenus immobiliers sur base du revenu cadastral lorsque les biens sont loués à des particuliers ;

  • traiter séparément la partie mobilière d’une location Airbnb meublée ;

  • vérifier si des services Airbnb entraînent une qualification en revenus divers ou professionnels ;

  • exploiter correctement l’attestation 281.61 sans reprendre automatiquement tous les montants ;

  • déclarer le compte étranger et contrôler les intérêts, dividendes et obligations liées à la taxe boursière.

Dans ce type de dossier, le risque principal n’est pas seulement de payer trop ou trop peu d’impôt. Le risque est aussi de déposer une déclaration incohérente avec les informations déjà reçues par l’administration, notamment via les plateformes numériques et les fiches fiscales.

Frequently asked questions

Puis-je déclarer mes frais professionnels réels si je suis salarié en Belgique ?

Oui, un salarié peut déclarer ses frais professionnels réels. Mais pour les revenus 2025, cela n’est intéressant que si ces frais dépassent le forfait légal automatique, plafonné à 5.930 €.

Le forfait légal de frais professionnels est-il automatique ?

Oui. Si vous ne déclarez pas de frais réels, l’administration applique automatiquement le forfait légal. Vous ne devez pas fournir de justificatifs pour bénéficier de ce forfait.

Où déclarer les frais professionnels réels dans la déclaration belge ?

Les frais professionnels réels de salarié sont en principe repris au code 1258. Il faut conserver les justificatifs, car l’administration peut demander la preuve du caractère professionnel et non remboursé des dépenses.

Les revenus Airbnb doivent-ils être déclarés comme des loyers classiques ?

Pas toujours. Si la location Airbnb est meublée, il faut distinguer la partie immobilière, la partie mobilière et les éventuels services. À défaut de ventilation, 40 % du loyer est généralement attribué aux meubles, avec un forfait de frais de 50 % sur cette partie.

Une attestation 281.61 donne-t-elle automatiquement droit à une réduction d’impôt ?

Non. L’attestation indique un avantage fiscal potentiel, mais il faut vérifier l’usage du bien, la date de l’emprunt, les plafonds et la nature des montants. Pour un bien autre que l’habitation propre, les intérêts ne donnent pas nécessairement encore droit à un avantage pour l’exercice 2026.

Dois-je déclarer un compte Trade Republic ou un autre compte-titres étranger ?

Oui, un compte étranger doit être déclaré au Point de contact central de la Banque nationale de Belgique et mentionné chaque année dans la déclaration fiscale. Il faut aussi vérifier les intérêts, dividendes et la taxe sur les opérations de bourse.

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer chaque année et le traitement correct dépend toujours des faits exacts, des montants, des documents et de la situation individuelle du contribuable.

Besoin d'un avis fiscal adapté à votre situation ?

Vous avez une situation similaire ? Befiscal a déjà traité des dossiers de ce type. Pour obtenir une analyse fiscale écrite adaptée à vos propres chiffres et à votre situation, cliquez sur le bouton de chat « Posez votre question » à droite de cette page : notre assistant prend le relais, rassemble les informations nécessaires et vous guide jusqu’à votre analyse écrite personnalisée.