Comment déclarer des gains de trading CFD/forex en Belgique pour les revenus 2025 ?

Gains de trading CFD/forex en Belgique ? En 2025, ils peuvent être des revenus divers taxés à 33 %, avec comptes étrangers à déclarer et codes à vérifier.

En Belgique, des gains réalisés par un particulier sur du trading CFD/forex fréquent, avec effet de levier et objectif de gain rapide, peuvent être imposables comme revenus divers spéculatifs au taux distinct de 33 %, hors additionnels communaux. Pour les revenus 2025, ils doivent en principe être analysés dans la déclaration 2026, mais le traitement exact dépend toujours de la situation individuelle.

Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent l’année de revenus 2025, à déclarer à l’exercice d’imposition 2026.

Le cadre fiscal belge des gains de trading

En Belgique, les gains réalisés par un particulier sur des opérations de trading peuvent relever de trois régimes fiscaux différents.

Le premier régime est celui de la gestion normale d’un patrimoine privé. Dans ce cas, les gains ne sont en principe pas imposables. Ce régime vise plutôt un investisseur prudent qui place son épargne de manière raisonnable, sans fréquence excessive, sans levier important et sans comportement assimilable à une activité organisée.

Le deuxième régime est celui des revenus divers spéculatifs. Il peut s’appliquer lorsque le particulier prend des risques importants pour rechercher un gain rapide, effectue des opérations fréquentes ou utilise un effet de levier. Dans ce cas, le bénéfice net imposable est en principe taxé distinctement à 33 %, hors additionnels communaux éventuels.

Le troisième régime est celui des revenus professionnels. Il est plus lourd : les gains peuvent alors être imposés avec les autres revenus au barème progressif de l’impôt des personnes physiques, pouvant aller jusqu’à 50 %, avec un risque de discussion sur les cotisations sociales d’indépendant. Cette qualification suppose généralement une activité plus structurée, organisée ou régulière, proche d’une activité professionnelle.

Pourquoi le trading CFD/forex peut être considéré comme spéculatif

Le trading sur CFD, forex ou produits assimilés peut difficilement être considéré comme une simple gestion prudente du patrimoine privé lorsque plusieurs éléments sont réunis.

Les facteurs qui peuvent indiquer une activité spéculative sont notamment :

  • des opérations réalisées plusieurs fois par semaine ;

  • un objectif de gain à court terme ;

  • l’utilisation d’un effet de levier important ;

  • des produits très volatils, comme certaines paires de devises ou matières premières ;

  • des dépôts et retraits liés à une activité de trading active ;

  • une prise de risque disproportionnée par rapport à une gestion patrimoniale classique.

Tous ces éléments ne suffisent pas automatiquement à qualifier les gains de revenus divers, mais ils rendent la non-déclaration difficile à défendre lorsque le résultat net est positif.

Le montant imposable n’est pas le montant retiré sur le compte bancaire

Un point essentiel est souvent mal compris : en fiscalité belge, le montant à déclarer n’est pas simplement le montant retiré depuis la plateforme vers le compte bancaire.

Ce qui compte, c’est le résultat réalisé sur les opérations clôturées pendant l’année de revenus.

Par exemple, si un particulier dépose quelques milliers d’euros sur des plateformes de trading, réalise environ 10.000 € de gains bruts, subit environ 7.000 € de pertes, et obtient un résultat net d’environ 3.000 €, le raisonnement fiscal porte sur ce résultat net réalisé, et non sur les seuls retraits bancaires.

Sur un bénéfice net illustratif de 3.000 €, l’impôt fédéral de base au taux de 33 % serait d’environ 990 €. En pratique, avec les additionnels communaux, le coût final pourrait être légèrement supérieur, par exemple autour de 1.000 € à 1.100 €, selon la commune et le calcul exact de la déclaration.

Comment reconstituer le résultat fiscal 2025

Pour déclarer correctement les gains de trading, il faut reconstituer le résultat de l’année plateforme par plateforme.

Il faut idéalement récupérer :

  • l’historique complet des transactions clôturées en 2025 ;

  • les gains réalisés ;

  • les pertes réalisées ;

  • les commissions ;

  • les frais de financement overnight ou swap ;

  • les frais de conversion ;

  • les dépôts et retraits ;

  • les soldes au 1er janvier 2025 et au 31 décembre 2025, si disponibles.

Si les relevés sont en dollars ou dans une autre devise, les montants doivent être convertis en euros de manière cohérente et justifiable. Le plus simple est d’utiliser les montants en euros si la plateforme les fournit. À défaut, il faut conserver une méthode de conversion documentée.

Où déclarer des gains spéculatifs de trading dans la déclaration belge ?

Pour les revenus 2025, les gains de trading spéculatif doivent en principe être analysés dans la Partie 2 de la déclaration à l’impôt des personnes physiques, au Cadre XV – Revenus divers.

La rubrique pertinente est généralement la rubrique relative aux bénéfices ou profits de prestations, opérations, spéculations ou services fortuits ou occasionnels.

Pour des opérations de type CFD, forex ou contrats assimilés, la sous-rubrique à examiner est en principe la catégorie “autres”, avec notamment :

  • code 1200-61 : montant brut des bénéfices ou profits ;

  • code 1201-60 : frais afférents, si certains frais ne sont pas déjà intégrés dans le résultat net de la plateforme.

Dans une déclaration commune, les codes équivalents de l’autre conjoint ou cohabitant légal commencent par 2, par exemple 2200 ou 2201.

Si, en revanche, les opérations portent juridiquement sur des valeurs ou titres mobiliers, par exemple certains certificats, trackers, turbos, warrants ou produits cotés, il faut examiner une autre rubrique, notamment :

  • code 1440-15 : plus-values sur valeurs et titres mobiliers ;

  • code 1441-14 : frais correspondants.

La nature exacte de l’instrument est donc déterminante. Un produit présenté comme du trading sur or, devises ou matières premières avec levier est souvent un CFD ou un produit assimilé, mais les relevés contractuels de la plateforme doivent être vérifiés.

Que faire si les plateformes de trading sont étrangères ?

Un résident fiscal belge qui possède ou a possédé un compte étranger doit aussi vérifier ses obligations déclaratives relatives aux comptes étrangers.

En pratique, un compte de trading étranger peut devoir être déclaré :

  • au Point de contact central des comptes et contrats financiers de la Banque nationale de Belgique ;

  • dans la déclaration fiscale annuelle belge.

Pour les revenus 2025, cette mention se fait dans la déclaration 2026 au Cadre XIII – Comptes à l’étranger, notamment via le code 1075-89.

Il faut indiquer que l’on a eu un ou plusieurs comptes à l’étranger, mentionner les informations demandées et préciser si les données ont été communiquées au Point de contact central.

Attention : si une proposition de déclaration simplifiée ne reprend pas les comptes étrangers ou les revenus de trading, il ne faut pas simplement l’accepter sans correction. La situation doit être adaptée avant l’introduction de la déclaration.

Les CFD sont-ils soumis à la taxe sur les opérations de bourse ?

Il faut distinguer l’impôt sur les revenus et la taxe sur les opérations de bourse, souvent appelée TOB.

La TOB vise certaines opérations sur des valeurs mobilières, comme les actions, obligations, fonds, trackers ou instruments assimilés, y compris lorsqu’elles sont réalisées via un intermédiaire étranger par un résident belge.

En revanche, les CFD ne sont en principe pas soumis à la TOB. Les opérations portant sur des options, swaps, futures et contracts for difference ne relèvent normalement pas de cette taxe.

Cela signifie que du trading CFD/forex pur ne déclenche généralement pas de TOB. Par contre, si le contribuable achète ou vend aussi des actions, ETF, trackers, obligations, turbos, warrants ou autres titres via une plateforme étrangère, la TOB doit être analysée séparément.

Quand faut-il mettre la situation en ordre ?

Pour les opérations réalisées en 2025, le résultat doit être pris en compte dans la déclaration fiscale 2026.

Les comptes étrangers doivent être communiqués au Point de contact central avant ou au plus tard au moment de l’introduction de la déclaration fiscale. Ensuite, leur existence doit être mentionnée chaque année dans la déclaration tant que les comptes existent.

Il est aussi prudent de conserver les justificatifs pendant plusieurs années :

  • relevés annuels ;

  • historiques CSV ;

  • preuves de dépôts et retraits ;

  • preuves de déclaration au Point de contact central ;

  • documents montrant la nature CFD/forex des produits ;

  • tableau de calcul du résultat net.

Le principal risque fiscal

Le principal risque est de considérer à tort que les gains relèvent de la gestion normale du patrimoine privé alors que les opérations présentent des caractéristiques spéculatives.

Un second risque est de déclarer uniquement les retraits bancaires, sans reconstituer le bénéfice net réel des opérations clôturées.

Enfin, si l’activité devient plus importante, plus régulière ou plus structurée, il peut exister un risque de discussion sur une éventuelle qualification professionnelle. Cette question doit être réévaluée si les montants, la fréquence ou l’organisation de l’activité augmentent fortement.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes gains de trading si je n’ai pas retiré l’argent de la plateforme ?

Oui, potentiellement. Le fait que les gains restent sur la plateforme ne signifie pas qu’ils ne sont pas imposables. Ce qui compte est le résultat réalisé sur les opérations clôturées pendant l’année de revenus.

Les gains de trading CFD/forex sont-ils toujours taxés à 33 % en Belgique ?

Non. Le taux de 33 % concerne les revenus divers spéculatifs. Si les opérations relèvent de la gestion normale du patrimoine privé, elles peuvent ne pas être imposables ; si elles relèvent d’une activité professionnelle, elles peuvent être taxées au barème progressif.

Puis-je déduire mes pertes de trading ?

Les pertes liées aux opérations concernées peuvent être prises en compte dans le calcul du résultat net, selon les règles applicables et à condition d’être correctement documentées. Il faut conserver les historiques complets des transactions, frais et pertes.

Quels codes utiliser pour déclarer des gains de trading spéculatif ?

Pour des CFD, forex ou produits assimilés, les codes à examiner sont en principe 1200-61 pour les bénéfices ou profits et 1201-60 pour les frais non déjà intégrés. Pour certains titres ou valeurs mobilières, les codes 1440-15 et 1441-14 peuvent être pertinents.

Dois-je déclarer mes comptes de trading étrangers ?

Oui, si la plateforme étrangère vous attribue un compte, un numéro de compte, un login ou un identifiant assimilable à un compte. En Belgique, les comptes étrangers doivent être déclarés au Point de contact central et mentionnés dans la déclaration fiscale, notamment via le code 1075-89.

La taxe sur les opérations de bourse s’applique-t-elle aux CFD ?

En principe, les CFD ne sont pas soumis à la taxe sur les opérations de bourse. Mais si la plateforme est aussi utilisée pour acheter ou vendre des actions, ETF, trackers, obligations, turbos ou warrants, une analyse séparée de la TOB peut être nécessaire.

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent changer chaque année et le traitement correct dépend de la nature exacte des instruments, des montants, de la fréquence des opérations, des plateformes utilisées et de la situation individuelle du contribuable.

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