Déclaration fiscale belge sans revenus en 2025 : faut-il déclarer les aides de proches et les comptes étrangers en 2026 ?
Déclaration sans revenus en Belgique : faut-il déclarer les aides et comptes étrangers ? Oui, mais règles 2025, retards et preuves doivent être vérifiés.

Oui, une déclaration fiscale doit être déposée même en l’absence totale de revenus. Les aides, dons et prêts reçus de proches ne sont en principe pas des revenus imposables, mais leur origine doit pouvoir être prouvée. Les comptes étrangers ne doivent être mentionnés que s’ils existaient pendant l’année de revenus concernée. Le traitement exact dépend toutefois de la situation individuelle.
Les montants utilisés ci-dessous sont illustratifs. Cet article concerne les revenus de l’année 2025, exercice d’imposition 2026.
Faut-il déposer une déclaration lorsqu’on n’a perçu aucun revenu ?
Le fait de ne pas avoir perçu de salaire, d’allocation ou d’autre revenu imposable en 2025 ne supprime pas automatiquement l’obligation déclarative.
Une personne considérée comme habitante du Royaume doit en principe introduire une déclaration annuelle à l’impôt des personnes physiques.
Lorsqu’un formulaire de déclaration a été envoyé par l’administration, il doit être complété, daté, signé et renvoyé, même lorsqu’aucun revenu ne doit y être inscrit. On parle parfois, dans ce cas, de déclaration néant.
Ne pas renvoyer le formulaire au motif qu’il n’y a « rien à déclarer » constitue une absence de déclaration.
Quels étaient les délais pour les revenus 2025 ?
Pour l’exercice d’imposition 2026, relatif aux revenus de 2025 :
la déclaration papier devait en principe être introduite pour le 30 juin 2026 ;
le délai ordinaire de dépôt via MyMinfin ou Tax-on-web expirait à la mi-juillet 2026 ;
le délai prolongé jusqu’au 16 octobre 2026 ne s’applique qu’à certaines déclarations comportant des revenus spécifiques.
Ce délai prolongé peut notamment concerner certains bénéfices ou profits d’indépendant, rémunérations de dirigeant d’entreprise ou revenus professionnels étrangers.
Une déclaration ne comprenant aucun revenu ne bénéficie donc pas nécessairement de ce délai prolongé.
Que risque-t-on en cas de déclaration tardive ?
Une déclaration tardive ou non déposée peut entraîner plusieurs conséquences.
Une amende administrative
L’administration peut imposer une amende comprise entre 50 € et 1 250 €.
Pour une première infraction, l’amende appliquée est généralement située au bas de cette fourchette, sans que cela soit automatique.
Un accroissement d’impôt
Un accroissement compris entre 10 % et 200 % peut être appliqué aux revenus non déclarés.
Lorsqu’il n’existe réellement aucun revenu imposable, cet accroissement peut ne produire aucun effet financier concret. L’absence de revenus ne supprime toutefois pas l’infraction déclarative.
Une taxation d’office
En l’absence de déclaration, l’administration peut établir elle-même l’impôt à partir des informations dont elle dispose.
Dans le cadre d’une taxation d’office, la charge de la preuve est généralement moins favorable au contribuable, qui devra démontrer que les éléments retenus par l’administration sont inexacts.
Un délai d’imposition plus long
En présence d’une déclaration tardive ou non déposée, le délai dont dispose l’administration pour établir l’impôt peut passer de trois à quatre ans.
Pour l’exercice d’imposition 2026, ce délai peut ainsi être prolongé jusqu’au 31 décembre 2028.
Peut-on encore déposer sa déclaration après l’échéance ?
Oui. Un dépôt tardif reste préférable à une absence complète de dépôt.
La déclaration peut notamment être introduite :
en renvoyant le formulaire papier complété et signé au bureau indiqué ;
ou en utilisant MyMinfin, lorsque le dépôt en ligne reste techniquement accessible.
Le dépôt électronique permet généralement d’obtenir immédiatement une confirmation de réception et évite les incertitudes liées à l’envoi postal.
Un dépôt tardif effectué spontanément est également préférable à une régularisation intervenant seulement après un rappel ou une procédure de taxation d’office.
Lorsqu’un courrier de rappel a déjà été reçu, il convient de respecter le nouveau délai mentionné dans ce courrier.
Comment compléter une déclaration sans revenus ?
Prenons le cas illustratif d’une personne domiciliée en Belgique qui n’a perçu en 2025 ni salaire, ni allocation, ni revenu mobilier, immobilier ou professionnel imposable.
Situation personnelle et familiale
La situation familiale doit généralement être renseignée sur la base de la situation existant au 1er janvier 2026.
Une personne célibataire doit indiquer ce statut.
Lorsqu’un enfant est fiscalement à charge de l’autre parent, il ne peut en principe pas être également repris comme enfant à charge dans la déclaration du premier parent.
La coparentalité fiscale suppose notamment l’existence d’une convention écrite homologuée ou enregistrée, ou d’une décision judiciaire répondant aux conditions applicables.
Il est également important de vérifier que le numéro de compte bancaire communiqué à l’administration est correct.
Cadres relatifs aux revenus
Lorsqu’aucun revenu n’a réellement été perçu en 2025, aucun montant ne doit être inventé ou inscrit uniquement pour compléter un cadre.
Il faut néanmoins parcourir l’ensemble des questions obligatoires de la déclaration, notamment celles qui concernent :
la situation familiale ;
les biens immobiliers ;
les comptes étrangers ;
les assurances-vie étrangères ;
les constructions juridiques ;
les revenus éventuellement perçus à l’étranger.
Les aides financières reçues de proches sont-elles imposables ?
Les sommes reçues sous la forme d’une aide familiale, d’un don ou d’un prêt privé ne constituent en principe pas des revenus imposables à l’impôt des personnes physiques.
Par exemple, une personne sans revenus qui aurait reçu environ 30 000 € de différents proches ne doit normalement pas inscrire ce montant dans une case de revenus de sa déclaration.
Il n’existe pas de code spécifique permettant de déclarer une simple aide familiale ou un prêt privé.
L’absence d’imposition ne signifie toutefois pas que ces mouvements d’argent peuvent rester totalement inexpliqués.
Pourquoi faut-il conserver des preuves des aides et prêts reçus ?
Le principal risque réside dans la taxation sur la base de signes et indices.
L’article 341 du CIR 92 permet à l’administration d’évaluer les revenus imposables à partir de signes révélant une aisance supérieure à celle qui ressort des revenus déclarés.
L’administration peut notamment comparer :
les revenus déclarés ;
les dépenses courantes ;
les achats importants ;
les investissements ;
les remboursements de crédits ;
l’augmentation des avoirs bancaires.
Une personne déclarant zéro revenu, mais ayant financé son train de vie grâce à plusieurs dizaines de milliers d’euros reçus de proches, pourrait devoir expliquer l’origine de ces fonds.
Elle peut renverser la présomption de revenus imposables en démontrant que les sommes proviennent réellement de ressources non imposables, telles que des dons ou des prêts.
Quels documents permettent de justifier les sommes reçues ?
Un dossier probatoire peut notamment comprendre :
un relevé de chaque somme reçue ;
la date et le montant de chaque versement ;
l’identité du prêteur ou du donateur ;
la nature du lien entre les personnes ;
les extraits bancaires montrant les virements ;
une reconnaissance de dette pour les prêts ;
une attestation signée pour les dons ;
les preuves des éventuels remboursements.
Pour un prêt, la reconnaissance de dette devrait idéalement préciser :
le montant prêté ;
la date du prêt ;
la durée ;
les modalités de remboursement ;
l’existence ou non d’un intérêt ;
la signature des parties.
Pour un don, une attestation peut confirmer que la somme a été donnée sans obligation de remboursement.
Un document établi après le versement peut conserver une certaine valeur, mais une preuve contemporaine du mouvement d’argent reste généralement plus solide.
Les virements bancaires accompagnés d’une communication claire sont donc préférables aux remises d’espèces.
Un prêt familial jamais remboursé peut-il poser problème ?
Oui.
La qualification de prêt suppose une intention réelle de remboursement.
Lorsqu’aucun document n’existe, qu’aucune échéance n’est prévue et qu’aucun remboursement n’est jamais effectué, l’administration pourrait mettre en doute la qualification retenue.
La formalisation du prêt protège la position fiscale du bénéficiaire, mais aussi les relations civiles entre les proches en cas de désaccord, de séparation ou de succession.
Quels sont les risques successoraux d’un don non enregistré ?
Un don d’argent ne doit pas nécessairement être enregistré en Belgique.
L’absence d’enregistrement peut toutefois créer un risque lorsque le donateur décède pendant la période suspecte applicable.
Dans ce cas, la somme donnée peut être réintégrée dans la succession du donateur et soumise aux droits de succession.
D’après les règles mentionnées pour les dons concernés :
à Bruxelles, la période était de trois ans pour certains dons effectués avant le 1er janvier 2026 ;
elle est portée à cinq ans pour les dons bruxellois concernés effectués à partir de 2026 ;
en Flandre et en Wallonie, la période mentionnée est de cinq ans.
Ces règles dépendent notamment de la Région fiscale du donateur et de la date du don.
Les dons effectués par une personne qui n’est pas résidente fiscale belge ne sont pas nécessairement soumis à ce mécanisme successoral belge.
L’enregistrement volontaire du don, moyennant le paiement de droits de donation, peut supprimer ce risque. L’opportunité d’un enregistrement doit être appréciée individuellement.
Faut-il déclarer un compte bancaire étranger ?
La déclaration relative aux revenus 2025 demande si le contribuable a été titulaire, à un moment quelconque de l’année 2025, d’un compte auprès d’un établissement financier étranger.
La date d’ouverture du compte est donc déterminante.
Compte ouvert uniquement en 2026
Un compte étranger ouvert pour la première fois en 2026 ne doit normalement pas être mentionné dans la déclaration des revenus 2025.
Il devra en principe être :
communiqué au Point de contact central, ou PCC, de la Banque nationale de Belgique ;
déclaré au plus tard dans le cadre des démarches liées à la déclaration des revenus 2026 ;
mentionné chaque année dans la déclaration fiscale aussi longtemps qu’il existe.
La mention annuelle se fait dans le cadre relatif aux comptes étrangers, actuellement le cadre XIII, rubrique A.
Compte qui existait déjà en 2025
Lorsqu’un compte étranger existait déjà en 2025, même pendant une période limitée, il doit en principe être mentionné dans la déclaration relative aux revenus 2025.
Il doit également être enregistré auprès du PCC s’il ne l’a pas encore été.
Il est donc essentiel de vérifier la date exacte d’ouverture de chaque compte, plutôt que de se baser uniquement sur la date à laquelle il a commencé à être utilisé.
Peut-on déduire une contribution alimentaire qui n’a pas encore été payée ?
Non.
Seules les rentes ou contributions alimentaires effectivement payées pendant l’année de revenus concernée peuvent être prises en considération.
Une personne qui n’a effectué aucun versement en 2025 ne peut donc pas demander de déduction dans sa déclaration des revenus 2025.
Lorsque les paiements commencent en 2026, ils peuvent éventuellement être déductibles à concurrence de 80 %, sous réserve du respect des conditions légales applicables.
Pour sécuriser cette déduction, il est recommandé de disposer :
d’une convention écrite ou d’une décision établissant l’obligation ;
de virements bancaires réguliers ;
de communications permettant d’identifier la nature des paiements ;
d’une preuve que le bénéficiaire ne fait pas partie du ménage du débiteur.
Quelles démarches effectuer en priorité ?
Dans une situation combinant absence de revenus, aides familiales et comptes étrangers, les principales démarches sont généralement les suivantes :
Déposer la déclaration sans délai, même si l’échéance ordinaire est dépassée.
Vérifier toutes les questions obligatoires, notamment celle relative aux comptes étrangers.
Contrôler la date d’ouverture de chaque compte étranger.
Enregistrer les comptes concernés auprès du PCC.
Constituer un dossier documentaire pour les prêts, dons et aides reçus.
Conserver les extraits bancaires et justificatifs pendant toute la période où l’administration peut contrôler la déclaration.
Anticiper la déclaration suivante lorsqu’une activité professionnelle ou des revenus étrangers commencent en 2026.
Une déclaration future comprenant un salaire étranger, des comptes étrangers ou des rentes alimentaires nécessitera une analyse distincte de celle portant sur une année sans revenus.
Questions fréquentes
Dois-je remplir une déclaration belge si mes revenus sont de 0 € ?
Oui. Lorsqu’une déclaration vous a été adressée, elle doit en principe être introduite, même si aucun revenu imposable ne doit y être mentionné.
Une aide de 20 000 € ou 30 000 € reçue de ma famille est-elle imposable ?
En principe, non, lorsqu’il s’agit réellement d’un don, d’une aide ou d’un prêt privé. Il faut toutefois pouvoir démontrer l’origine et la nature de la somme en cas de contrôle.
Dois-je déclarer un prêt familial dans Tax-on-web ?
Il n’existe généralement pas de case spécifique pour déclarer le capital d’un prêt familial comme revenu. La convention de prêt et les mouvements bancaires doivent néanmoins être conservés.
Un compte étranger ouvert en 2026 doit-il apparaître dans ma déclaration 2025 ?
Non, s’il n’existait à aucun moment en 2025. Il devra cependant être enregistré auprès du PCC et mentionné dans la déclaration correspondant aux revenus 2026.
Puis-je encore envoyer ma déclaration après la date limite ?
Oui. Une déclaration tardive peut encore être introduite et reste préférable à une absence de déclaration. Une amende ou d’autres conséquences restent toutefois possibles.
Une contribution alimentaire payée en 2026 peut-elle être déduite dans la déclaration 2025 ?
Non. Elle ne peut être prise en considération que dans la déclaration de l’année au cours de laquelle elle a réellement été payée, sous réserve des conditions de déduction.
Sources
SPF Finances — Délais de rentrée des déclarations — https://finance.belgium.be/en/node/9008
Droits Quotidiens — J'ai rentré ma déclaration fiscale en retard — https://www.droitsquotidiens.be/fr/question/jai-rentre-ma-declaration-fiscale-en-retard-que-va-t-il-se-passer-5
SPF Finances — Après la déclaration (délais d'imposition) — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/apres-declaration
SPF Finances — Comptes à l'étranger — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/international/revenus-comptes-etrangers/comptes
Banque nationale de Belgique — Point de contact central : déclarer des comptes étrangers — https://www.nbb.be/en/central-credit-registers/central-point-contact-accounts-and-financial-contracts-cpc-5
Actualités du droit belge — La taxation sur signes et indices (article 341 CIR 92) — https://www.actualitesdroitbelge.be/bon-a-savoir/comptable/la-taxation-sur-signes-et-indices-prevue-par-l-article-341-du-cir-1992/decision-du-15-juin-2011
Notaire.be — Nouveautés à Bruxelles en droit de donation et de succession — https://www.notaire.be/actualites/nouveautes-bruxelles-en-droit-de-donation-et-de-succession
Test-Achats — Déclaration en retard : amendes et conseils — https://www.test-achats.be/argent/impots/news/declaration-en-retard
Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles et délais peuvent évoluer chaque année. Le traitement correct dépend notamment de la résidence fiscale, de la nature exacte des sommes reçues, des preuves disponibles, des dates d’ouverture des comptes et de la situation familiale.
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