Maître-chien salarié en Belgique : peut-on déduire les frais de son chien pour les revenus 2025 (exercice d’imposition 2026) ?

Maître-chien salarié en Belgique : faut-il choisir les frais réels ? Pour les revenus 2025, le forfait de 5.930 € est souvent plus avantageux fiscalement.

Oui, certains frais liés à un chien utilisé professionnellement peuvent en principe entrer dans les frais professionnels réels. Mais pour les revenus 2025, un salarié bénéficie automatiquement d’un forfait de frais de 30 %, plafonné à 5.930 €. Les frais réels ne deviennent intéressants que s’ils dépassent ce forfait après remboursement par l’employeur et exclusion de la partie privée. Le résultat dépend donc de la situation individuelle.

Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et concernent principalement les revenus 2025, exercice d’imposition 2026.

Quel est le forfait de frais professionnels pour un salarié en 2025 ?

Un salarié ne doit pas nécessairement déclarer ses dépenses professionnelles une par une.

Pour les revenus 2025, l’administration applique automatiquement un forfait légal de frais professionnels égal à 30 % de la rémunération imposable, avec un maximum de 5.930 €.

Prenons le cas illustratif d’un salarié maître-chien percevant un peu plus de 42.000 € brut par an, éventuellement auprès de plusieurs employeurs.

Après cotisations sociales, une rémunération imposable de l’ordre de 36.000 à 37.000 € suffit déjà pour que le calcul de 30 % dépasse largement le plafond. Le contribuable bénéficie donc automatiquement de la déduction maximale de 5.930 €, sans factures ni justificatifs.

Pour que les frais professionnels réels soient fiscalement préférables, l’ensemble des frais professionnels admissibles doit dépasser ces 5.930 €.

Les frais de nourriture et de vétérinaire du chien sont-ils déductibles ?

Lorsqu’un chien personnel est réellement utilisé dans le cadre de l’activité professionnelle, une partie des dépenses qui lui sont liées peut être considérée comme professionnelle.

Cela peut notamment concerner :

  • la nourriture ;

  • les soins vétérinaires ;

  • les vaccins ;

  • certains équipements ;

  • éventuellement certaines assurances ou dépenses directement liées à son utilisation professionnelle.

Mais cela ne signifie pas que 100 % des frais du chien sont automatiquement déductibles.

Si le chien vit également avec son propriétaire en dehors des heures de travail, une quote-part privée doit en principe être écartée. Seule la partie pouvant être justifiée comme professionnelle peut être prise en compte.

La jurisprudence a admis le principe d’une déduction pour des maîtres-chiens du secteur du gardiennage, mais cela ne signifie pas que toutes les dépenses sont intégralement professionnelles.

Les indemnités payées par l’employeur doivent être déduites des frais

Un autre élément est déterminant : les remboursements versés par l’employeur.

Un maître-chien peut recevoir, en plus de son salaire, différentes indemnités destinées à couvrir l’entretien ou l’utilisation de son chien.

Il faut distinguer deux situations.

Une prime maître-chien intégrée dans la rémunération constitue normalement une rémunération imposable. Elle figure alors sur la fiche 281.10.

À l’inverse, certaines indemnités peuvent constituer des remboursements de frais propres à l’employeur. Lorsqu’elles couvrent effectivement des dépenses supportées pour les besoins de l’employeur, elles ne sont en principe pas imposables dans le chef du salarié.

Mais une même dépense ne peut pas être déduite deux fois.

Si l’employeur rembourse déjà tout ou partie de la nourriture, des soins ou de l’entretien du chien, cette partie ne peut pas également être reprise parmi les frais professionnels réels du salarié.

Il est donc essentiel de vérifier les fiches de paie et la fiche 281.10 pour savoir comment les différentes indemnités ont été traitées.

Exemple : environ 1.000 € de frais de chien contre un forfait de 5.930 €

Supposons qu’un maître-chien ait supporté pendant l’année 2025 environ :

  • 960 € de nourriture ;

  • 80 à 90 € de vaccins et soins courants.

Le total brut est donc d’environ 1.045 €.

Ce montant doit encore éventuellement être réduit :

  1. des remboursements reçus de l’employeur ;

  2. de la quote-part correspondant à l’utilisation privée du chien.

Dans cette situation, les frais liés au chien sont très loin du forfait automatique de 5.930 €.

Et ce n’est pas uniquement le chien qu’il faut comparer au forfait.

Lorsqu’un salarié choisit les frais réels, il renonce au forfait pour l’ensemble de ses frais professionnels. Il doit donc additionner ses déplacements, formations, matériel et autres dépenses admissibles.

Pour les déplacements domicile-travail en voiture repris dans les frais réels, l’analyse source retient notamment la limite de 0,15 €/km.

Avec seulement environ 1.000 € de frais liés au chien, le forfait de 5.930 € est nettement plus favorable dans l’exemple.

Une grosse facture vétérinaire change-t-elle le calcul ?

Elle peut changer le calcul, mais pas nécessairement suffisamment pour rendre les frais réels plus intéressants.

Une dépense payée en 2026 ne peut pas être déduite dans la déclaration portant sur les revenus 2025. Elle devra être examinée dans le cadre des revenus 2026, déclarés en 2027.

Pour les revenus 2026, le plafond du forfait légal mentionné dans l’analyse passe à 6.070 €.

À titre d’exemple, une année comprenant :

  • environ 3.000 € de frais vétérinaires exceptionnels ;

  • environ 960 € de nourriture ;

  • environ 85 € de vaccins,

représenterait environ 4.045 € de dépenses brutes.

Ce montant resterait inférieur au forfait de 6.070 €, avant même de tenir compte des remboursements de l’employeur et de la quote-part privée.

La conclusion pourrait toutefois changer si d’autres frais professionnels importants s’ajoutent, par exemple :

  • de longs déplacements domicile-travail ;

  • du matériel professionnel ;

  • des formations payées personnellement ;

  • d’autres dépenses directement liées à l’emploi.

Il est donc utile de conserver les justificatifs même lorsqu’il semble probable que le forfait restera plus intéressant.

Peut-on récupérer une dépense vétérinaire oubliée d’une année précédente ?

L’oubli d’une facture ne signifie pas nécessairement qu’un contribuable a payé trop d’impôt.

Il faut d’abord déterminer si les frais réels totaux de l’année concernée auraient dépassé le forfait automatique.

Si, par exemple, une facture vétérinaire de l’ordre de 2.500 € a été supportée en 2024 mais que l’ensemble des frais réels restait inférieur au forfait appliqué automatiquement, ajouter cette facture n’aurait procuré aucun avantage fiscal.

Une correction de la déclaration n’aurait alors pas d’intérêt financier.

Lorsqu’une correction est réellement utile, deux procédures sont évoquées dans l’analyse :

  • une réclamation, qui doit en principe être introduite dans un délai d’un an à compter de l’envoi de l’avertissement-extrait de rôle ;

  • dans certaines situations limitées, un dégrèvement d’office, possible pendant cinq ans, notamment pour certaines erreurs matérielles, doubles impositions, faits ou documents nouveaux ou réductions non accordées.

Il faut donc vérifier à la fois le délai applicable et l’avantage fiscal concret avant d’engager une procédure.

Plusieurs employeurs changent-ils le calcul ?

Un salarié ayant travaillé pour plusieurs employeurs pendant la même année reçoit normalement une fiche 281.10 de chacun d’eux.

Les rémunérations professionnelles sont ensuite reprises dans le cadre IV de la déclaration.

Le fait d’avoir deux employeurs ne permet pas d’obtenir deux forfaits distincts de 5.930 €. Le choix entre forfait légal et frais réels doit être apprécié sur l’ensemble des rémunérations concernées.

Il est en revanche prudent de vérifier dans MyMinfin que toutes les fiches 281.10 sont bien présentes et correctement préremplies.

Revenus Deliveroo : quel traitement pour les revenus 2025 ?

Un salarié peut également avoir perçu quelques revenus occasionnels via une plateforme d’économie collaborative.

Selon le régime décrit dans l’analyse, lorsque les conditions de l’économie collaborative sont remplies et que le total annuel ne dépasse pas 7.700 € pour les revenus 2025, ces revenus sont imposés comme revenus divers.

Le régime prévoit :

  • un taux distinct de 20 % ;

  • une déduction forfaitaire de frais de 50 % ;

  • soit une charge fiscale effective d’environ 10 % avant imputation du précompte.

Pour un montant de seulement 300 à 400 €, l’impôt théorique serait donc d’environ 30 à 40 €.

Dans le régime P2P décrit par Deliveroo, la plateforme retient par ailleurs un précompte de 10,7 %, qui est imputé sur l’impôt.

Les revenus doivent être repris dans la partie 2, cadre XV, notamment :

  • code 1460 : montant brut ;

  • code 1461 : précompte retenu.

Le traitement dépend toutefois du statut exact sous lequel les prestations ont été effectuées. Si le travail n’a pas été réalisé sous le régime P2P ou de l’économie collaborative, les règles peuvent être différentes.

Il faut donc vérifier la fiche disponible dans MyMinfin, notamment les fiches 281.29 ou 281.48 mentionnées dans l’analyse.

Quels étaient les délais pour la déclaration 2026 ?

Pour l’exercice d’imposition 2026, revenus 2025, l’analyse reprend les échéances suivantes :

  • déclaration papier : 30 juin 2026 ;

  • déclaration en ligne via Tax-on-web : initialement 15 juillet 2026, exceptionnellement reportée au 19 juillet 2026 en raison de problèmes techniques ;

  • contribuables bénéficiant du délai pour certains « revenus spécifiques » : 16 octobre 2026.

Des revenus relevant uniquement de l’économie collaborative ne donnent en principe pas accès à ce délai prolongé d’octobre.

Lorsqu’une déclaration n’a pas été introduite dans les délais, un dépôt spontané aussi rapide que possible reste préférable à l’attente d’un rappel.

L’analyse mentionne également l’existence depuis 2025 d’un « droit à l’erreur », de sorte qu’une première erreur de bonne foi ne conduit en principe plus automatiquement à un accroissement d’impôt.

Questions fréquentes

Un maître-chien peut-il déduire la nourriture de son chien de ses impôts ?

Une partie peut être admise lorsqu’elle est réellement liée à l’activité professionnelle. Il faut toutefois retirer les remboursements de l’employeur et tenir compte de l’utilisation privée du chien.

Dois-je déclarer mes frais de chien si je suis salarié ?

Pas nécessairement. Pour les revenus 2025, un salarié bénéficie automatiquement du forfait légal, plafonné à 5.930 €. Les frais réels ne sont intéressants que si l’ensemble des dépenses professionnelles admissibles dépasse ce montant.

Une facture vétérinaire de 3.000 € rend-elle automatiquement les frais réels plus avantageux ?

Non. Il faut comparer tous les frais professionnels nets avec le forfait applicable à l’année concernée. Pour les revenus 2026, l’analyse mentionne un forfait maximal de 6.070 €.

Puis-je déduire un frais déjà remboursé par mon employeur ?

Non. Une dépense prise en charge par l’employeur ne peut pas être déduite une seconde fois comme frais professionnel réel.

Comment déclarer de petits revenus Deliveroo en 2025 ?

Lorsque le régime de l’économie collaborative s’applique, l’analyse prévoit une déclaration dans la partie 2, cadre XV, avec notamment les codes 1460 et 1461. Le statut exact auprès de la plateforme doit néanmoins être vérifié.

Une dépense oubliée dans une ancienne déclaration doit-elle toujours être corrigée ?

Non. Si le forfait de frais professionnels appliqué automatiquement était déjà supérieur à l’ensemble des frais réels, la dépense oubliée n’aurait procuré aucun avantage fiscal supplémentaire.

Sources

  1. SPF Finances — Revenus professionnels (frais forfaitaires) — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/revenus/revenus-professionnels

  2. L'Avenir — Déclaration d'impôt 2026 : délais et modalités — https://www.lavenir.net/actu/discover/2026/07/13/votre-declaration-dimpots-en-ligne-doit-etre-enregistree-pour-le-15-juillet-2026-tout-savoir-avant-de-la-rentrer-2IIMYV2GEREPTAUXJJUV633KDE/

  3. SPF Finances — Économie collaborative — https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/revenus/economie-collaborative

  4. Deliveroo Riders — Statut P2P et déclaration des revenus — https://riders.deliveroo.be/fr/support/le-statut-p2p/comment-se-passe-la-declaration-de-mes-revenus

  5. Monard Law — Obligation de déclaration fiscale des plateformes numériques (fiche 281.48) — https://monardlaw.be/fr/histoires/informe/fiscale-rapporteringsverplichting-voor-digitale-platformen/

  6. Belgium.be — Réclamation en matière d'impôt sur les revenus — https://www.belgium.be/fr/impots/impot_sur_les_revenus/particuliers_et_independants/reclamation

  7. Droits Quotidiens — Contester le montant de l'impôt (réclamation et dégrèvement d'office) — https://www.droitsquotidiens.be/fr/question/comment-contester-le-montant-des-impots-que-je-dois-payer

Cet article présente un cadre général et ne constitue pas un avis fiscal personnalisé. Les règles et montants peuvent évoluer d’une année à l’autre, et le traitement correct dépend des faits, justificatifs et circonstances exactes de chaque situation.

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